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mardi 17 décembre 2013

Général Alcazar

Général Alcazar est le pseudonyme du musicien français Patrick Chenière.Originaire du Languedoc-Roussillon. Cet artiste sètois est mort à 63 ans des suites d'une longue maladie (un cancer) le jeudi 12 décembre 2013 alors que son nouvel album Pour servir devait sortir dans quelques jours.

Sète a perdu un poète (un de plus...), et la chanson l’un de ses plus talentueux francs-tireurs. Patrick Chenière, alias Général Alcazar, a succombé ce jeudi à une longue maladie. Il était âgé de 63 ans. Emprunté à un célèbre personnage des aventures de Tintin, son pseudo lui allait comme un gant. C’est après un concert en résidence à la Passerelle, en 2001, que ce chanteur et musicien bourlingueur (Nouvelle Calédonie, Tahiti, Madagascar...) avait choisi de s’amarrer définitivement à l’île Singulière. Trois ans plus tôt, son premier album entièrement écrit en français, "La position du tirailleur", lui avait valu les louanges d’une bonne partie de la critique musicale. Et l’affection durable d’une petite armée de fans charmés par son univers décalé, ses textes étranges et pince-sans-rire, son goût pour les instruments venus d’ailleurs (ukulélé, bouzouki...) et les expérimentations musicales. Voilà qui ne pouvait que déboucher sur une solide amitié et une fructueuse collaboration avec un autre doux et précieux excentrique, le Catalan Pascal Comelade.



                      

0ublions un instant, si vous le voulez bien, la chanson française, cette grande cause nationale qui mobilise tant d’énergies et fait couler tant de salive. Car elle n’est pas, et n’a jamais été, le cheval de bataille de Général Alcazar. (…) La langue que parle Alcazar n’est pas d’ici, ni de là ; elle n’appartient qu’à lui. (…) Ici se crache un doux venin, qui vaccine contre les virus de l’habitude, de la peur et de l’ennui – enfin toutes ces choses si contagieuses que cette époque se plaît à répandre avec un zèle plus suspect. Laissez-le s’instiller dans vos veines, s’incruster profondément dans vos tissus et faites circuler : ceux et celles auxquels vous l’inoculerez deviendront vos frères et vos soeurs, et l’univers des hommes, enfin ramené aux justes dimensions d’une faction secrète, sera à nouveau un endroit vivant et fréquentable. » Richard Robert Plus que la ligne claire d’Hergé, la gueule grêlée de Patrick Chenière évoque les bourlingueurs chers aux crayons charbonneux d’Hugo Pratt. Lanceur de couteaux, dictateur de pacotille, guérillero dérisoire et cousin éloigné de Corto Maltese, le Général Alcazar est aussi un aventurier de la chanson rastaquouère et du rock métèque. 


                                        

Sa musique s’est façonnée en marge, au rythme accidenté d’albums rugueux et fragiles, noirs et fantaisistes, à écouter comme on feuillette un livre de bord imaginaire ou le carnet de campagne d’un bluesman excentrique. Après des années en cale sèche à Montpellier, l’ancien routard des mers du Sud a enfin retrouvé une île. Ou presque. Le général Chenière a emménagé à Sète. (…) “Avec une mère née à Angers, un père martiniquais et militaire de carrière, envoyé aux quatre coins du monde, je n’ai jamais eu d’attache. Je me suis construit une culture des voyages.” Les premiers voyages sont synonymes d’insouciance et de décors de rêve. Au gré des mutations du père (Nouvelle Calédonie, Tahiti, Madagascar), le garçon se gave de lagons bleus, découvre la musique à travers la valeur festive et fonctionnelle des traditions. Guitare et ukulélé sont ses premiers instruments. Tout juste commence-t-on à noter une certaine allergie à l’autorité. Rentrée en France au milieu des années 60, la famille s’installe à Montpellier. Perce alors une prise de conscience.





 "J’avais vécu une enfance heureuse, mais je m’apercevais que ces paradis avaient leur revers de médaille. Je mesurais ce que la présence de la France dans le monde avait parfois entraîné comme désastre. Ma musique est marquée à la fois par ces souvenirs radieux et un désenchantement profond. Pourtant, c’est une nonchalance ironique qui prévaut.” Au service militaire, Patrick Chenière préféra une passion nouvelle pour les musiques noires et Bob Dylan. Il sillonne entre autres l’Afrique de l’Ouest, croise Fela, s’identifie à la simplicité des bluesmen ghanéens. Patrick Chenière mettra du temps à affirmer son propre répertoire. D’abord sous l’emprise de l’anglais du rock, pour un maxi, “Hunting Dogs” (1992), et un premier album, “No Comment” (1995), passés inaperçus, Général Alcazar trouve finalement sa voie ( les disques “La Position du tirailleur” et “Des sirènes et des hommes”) dans une utilisation du français qui détourne vers l’abstraction la langue de bois journalistique et administrative. © Stéphane Davet pour “Le Monde.
Plus ici : http://www.general-alcazar.fr/

1 commentaire:

  1. http://ororpoll.blog.com/?p=32
    http://www.muzofox.eu/mp3/g%C3%A9n%C3%A9ral_alcazar_outsiders

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