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dimanche 22 décembre 2013

Chicken Evasion

Qu'est-ce que « Chicken Run » doit au film « La Grande Évasion » (1963) dont Peter Lord et Nick Park se réclament ? Qu'est-ce qu'une parodie ? Un pastiche ? Relever les clins d'œil, les allusions, les hommages à d'autres films célèbres qui ne sont pas spécifiquement des films de guerre. Connaissez-vous d'autres réalisateurs qui ponctuent leurs films de références à d'autres films ? Qu'est-ce qu'un remake ? Est-ce que « Chicken Run » est un remake ?
Dans les interviews qu'ils ont accordées à la presse, les réalisateurs de Chicken Run citent les références cinématographiques qui fondent leur œuvre : en première place, le film de John Sturges, La Grande Évasion (1963), est convoqué, mais il ne constitue pas l'unique titre. La première partie de La Grande Évasion est une comédie et la deuxième est dramatique. Le générique nous apprend que l'histoire racontée est fondée sur des faits réels.
Rien de tout cela dans la comédie Chicken Run qui est donc une parodie, c'est-à-dire la réécriture d'une œuvre sérieuse sous le régime ludique. Ce film ne constitue pas une énième version de La Grande Évasion : il n'est pas son remake. La réécriture ne saurait être terme à terme : l'évasion héroïque du film de Sturges coûtait la vie à 50 militaires prisonniers du stalag. On peut établir certaines similitudes entre les deux fictions, dans le titre original par exemple (... Run). Au mitard, Ginger imite Hilts, « le roi du frigo » (Steve McQueen), en occupant le temps par le lancer têtu d'une balle de baseball. 

   



L'entrée du tunnel se trouve sous un chauffage à alcool et le patin à roulettes qui sert à Ginger pour se déplacer dans le boyau ressemble étrangement au chariot confectionné par les prisonniers du stalag. Ginger creuse un tunnel trop court, trop proche de l'enclos, comme celui de Danny (Charles Bronson).
Une des autres sources citées par les réalisateurs est le film de Billy Wilder, Stalag 17 (1953). Park et Lord rendent hommage à ce film : les poules se réunissent dans la baraque 17 ! Coïncidence (?) : Danny dans La Grande Évasion en était à son dix-septième tunnel. Certains critiques considèrent que Stalag 17 a largement influencé les autres films de guerre : La Grande Évasion, Docteur Folamour (1964), M*A*S*H (1970), Good Morning Vietnam (1987). 



On ne doit cependant pas oublier ceux qui l'ont précédé : La Grande Illusion (1938) et Le Dictateur (1940), ce dernier en particulier pour la séquence du camp d'internement.
Si Chicken Run s'inspire de plusieurs films de guerre, il rend également hommage à de nombreuses comédies : Rocky vole dans le ciel dans un costume de Superman. Il improvise une soirée dansante (La Fièvre du samedi soir, 1977). Ginger et Rocky traversent la machine infernale (Indiana Jones et le Temple maudit, 1983). Les rebelles construisent un avion abracadabrant (Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines, 1964). Parodies, pastiches, allusions, clins d'œil, hommages à d'autres films classiques enrichissent Chicken Run


La Grande Évasion (The Great Escape) est un film américain de John Sturges sur un récit de Paul Brickhill, et sorti en 1963. Les faits décrits dans le livre dont le film est tiré sont intégralement vrais.L'évasion la plus audacieuse et la plus risquée de toute l'Histoire (tout court car c'est quand même parti d'une histoire vraie, ce qui rajoute au charme du film).
Bon, on pourra toujours se demander si les nazis étaient logiques ou pas, parce que mettre dans le même camp des multirécidivistes accros à l'évasion...C'est quand même chercher les coups et l'évasion de masse, là.En tout cas, ça aura donné un haut fait de guerre à ces prisonniers, et un des plus grands films de l'Histoire du Cinéma.Oui, rien que ça.D'abord, un casting qui réunit les plus grandes stars de l'époque.Ensuite, un thème musical qui reste en tête.De l'humour, toujours important, notamment avec la cool attitude de Hilts (très bon McQueen, mais il est quand même assez supplanté sur ce coup par le bourru Charles Bronson et le calme Donald Pleasance) et son addiction involontaire au "frigo" .Tension et suspense sont au rendez-vous pendant la préparation de l'évasion et la mise en place des tunnels, et Steve McQueen réussit à s'offrir une course poursuite d'anthologie (où il est à la fois poursuivant et poursuivi, grâce à la magie du montage .Et en prime, belle réalisation, belle photo, belle reconstitution, que demander de plus?Un film moins long?Allons, c'est tellement bon qu'on voit pas le temps passer et qu'on en redemande ...



   


Ce film est une adaptation du récit du même nom de Paul Brickhill, lui-même interné au Stalag Luft III, où les événements se déroulèrent.Deux scènes d'anthologie : l'évasion à moto (dont l'idée fut suggérée par McQueen) et la fuite dans les tunnels.Il y avait un seul Américain dans le camp lors de l'évasion qui a servi de base au scénario : le major Johnny Dodge, qui fut repris, et envoyé à Sachsenhausen.Les films d'animation Chicken Run et Toy Story 3 s'inspirent de ce film pour le concept de l'évasion.Il s'agit du premier long métrage dans lequel McQueen endosse le rôle principal. C'est le début de la gloire.
Charles Bronson aurait d'ailleurs été particulièrement jaloux de son succès. Les deux hommes avaient déjà instauré une tension palpable sur le tournage.Ce film achève la mode des films d'évasion, entamée par La Grande Illusion en 1937.La moto conduite par McQueen est exactement la même que celle de Fonzie dans le feuilleton Happy Days, une Triumph T110 de 1962. Toutes les cascades de la scène finale ont été réalisées par Steve McQueen lui-même, sauf une : à la frontière suisse, c'est Bud Ekins qui réalise le saut (3,70 de haut et 20 mètres de long). La scène fut réalisée en une seule prise. Steve va même jusqu'à piloter une autre moto en jouant le rôle d'un poursuivant allemand.




Le film fut tourné dans un ancien stalag de la banlieue de Munich, dans les studios de Bavaria Film de la même ville et dans la forêt allemande. La production a d'ailleurs dédommagé le gouvernement en achetant 2 000 graines d'arbres pour repeupler la forêt abîmée par le tournage.Un téléfilm américain The Great Escape II : the untold story (1988), avec Christopher Reeve dans le rôle principal, propose une suite : des rescapés traquent les auteurs du massacre final pour les traîner devant un tribunal.Lorsque James Coburn est assis au bistrot, il lit le journal Libération qui était à l'époque un journal de la Résistance française, et donc ne se lisait que de manière clandestine. 
Source : http://www2.cndp.fr/TICE/teledoc/dossiers/dossier_chickenrun.htm

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