.

.

jeudi 7 novembre 2013

The Miles Davis Quintet

Trois années avant Kind of Blue, Miles Davis enregistre en deux sessions pour Prestige, chez Rudy Van Gelder dans le New Jersey, les titres de ces 4 compacts en compagnie de John Coltrane (ts), Red Garland (p), Paul Chambers (b) et Philly Joe Jones (drs). Beaucoup d’amateurs considèrent qu’il s’agit là de son meilleur quintet et que 1956 est une année phare. Dans tous les cas, ces albums comptent parmi les premiers révélant sans ambiguïté sa force d’expression, son esthétique attrayante, et sa sonorité profonde. Ils marquent ainsi une rupture définitive avec la période be-bop qui a précédé celle-ci. Dans son autobiographie, Miles écrit à propos de la première session de mai 56 : “je me souviens bien de cette séance parce qu’elle a été longue et qu’on y a bien joué.

Aucune seconde prise. On a enregistré comme si on faisait un set dans un club” et, plus loin, à propos de la session d’octobre, “une séance de très bonne musique, dont je suis fier aujourd’hui encore. Ainsi se terminait mon contrat avec Prestige. J’étais prêt à repartir de plus belle.” A propos des musiciens, Miles écrit encore “Trane... donnait l’impression de pousser chaque accord à sa limite extrême, jusque dans l’espace. Mais aussi fantastique que Trane sonne, Philly Joe était le feu qui faisait que beaucoup de choses se passaient. Il savait tout ce que j’allais faire, tous ce que j’allais jouer; il m’anticipait..... Paul Chambers était le bébé du groupe, il n’avait que 20 ans, mais jouait comme s’il avait été là de toute éternité. Comme Red. Il m’apportait un toucher léger à la Ahmad Jamal, un petit peu d’Erroll Garner, auquel il ajoutait sa propre marque. Tout était là.”



                
                                         

A noter qu'il existe une version de 'Round Midnight, enregistrée pendant la séance du 26 octobre 1956, et qui ne figure sur aucun de ces quatre albums. Ce thème est repris assez étrangement sur le CD Miles Davis and the Modern Jazz Giants (Prestige OJCCD 347-2) dont les autres titres proviennent d'une session effectuée le 24 décembre 1954 en compagnie de Milt Jackson (vib), Thelonious Monk (p), Percy Heath (b) et Kenny Clarke (drs).


                                         



Voyez-vous : j’ai encore quelques albums de Miles Davis qui traînent. Parmi eux, j’ai ceux d’une série mémorable de 4 albums qui rassemblent les performances légendaires de 2 rencontres en studio de quelques uns des plus grands musiciens du monde du jazz. Et dans la même trame, il y a "Walkin’" qui les précède.Cet album est séparé des 4 autres. Mais il les rejoint inévitablement, ne serait-ce que par son titre. Aussi, il s’agit d’un album bien appréciable qui rassemble quelques morceaux aux accent de bop et de hard bop dans leur plus pure tradition. Ainsi, il n’y a malheureusement pas grand chose à dire de cet album, si ce n’est qu’il offre une bonne vue sur le jazz et sa période bop-hard bop. Il ne m’a semblé ni audacieux, ni original; mais aussi il ne m’a semblé ni simple, ni ennuyant. En fait, "Walkin’" est tout simplement un bon album de jazz, sans plus. Et ses meilleurs moments sont "Walkin’" (le morceau éponyme), et "You Don’t Know What Love Is". De plus, il ferait, comme les 4 prochains albums desquels je parlerai, une excellente introduction au monde du jazz.Ensuite, pour les 4 prochains albums, il serait de circonstance de donner quelques explications sur leur origine. 


Car il pourrait être important pour vous, lecteurs, de savoir qu’il s’agit de 4 albums issus de seulement 2 rencontres entre les jazzmen les plus influences de leur ère et du hard bop. En fait, ils forgèrent presqu’à eux seuls le genre ! Il s’agit tout d’abord de Miles Davis à la trompette, et aussi de John Coltrane au saxophone, accompagnés de Red Garland au piano, de Paul Chambers à la contre-basse et de Philly Joe Jones à la batterie. Et à travers ces deux séances, ils semblent former le quintet parfait, par leur synergie et leur talent. Ainsi, ces 4 albums forment la base, solide, de la discographie de Miles Davis. Et comme je l’ai dis précédemment, ils peuvent être une excellente introduction au jazz et à son sous-genre le plus important : le hard bop.En fait, il s’agit à peine de 4 albums différents, tellement leur signature et leur ambiance est la même. Ils communiquent tous cette même énergie, cette même pureté du jazz et de son époque classique. Ils ne semblent alors se distinguer que par leurs morceaux… 


                     

Le premier de ceux albums à être parus est "Cookin’"Sur cet album, je vous conseille de regarder plus attentivement le classique "Airegin", mais surtout "Tune Up/When Lights Are Low". Les musiciens y ont une complicité et y transmettent une énergie qui m’ont semblé bien remarquable.


                                         

Le second est "Relaxin’".Sur celui-ci, ce fut "If I Were a bell" qui m’a particulièrement marqué. En prenant un thème que tous peuvent facilement reconnaître et qui ne consiste qu’en seulement 4 notes, Davis improvise et les retourne dans tous les sens afin d’en tirer le maximum de leurs possibilités et de leur originalité. Le résultat en est vraiment impressionnant et m’a permis de mieux comprendre comment les solos et les improvisations, si importants dans le monde du jazz, fonctionnaient. J’aurais bien aimé connaître, et comprendre, ce morceau au début de ce défi. Cela m’aurait été bien utile ! Sinon, la réinterprétation de "Oleo" est également bien charmante.Le troisième est "Workin’".Ce fut définitivement mon préféré des 4. 


Il s’ouvre avec "It Never Entered My Mind", qui est majestueux et tendre à la fois. C’est l’un de ces morceaux qui vous font rêver et qui vous transportent tranquillement, comme sur un nuage. Et à l’écouter, on croirait que seul ce quintet peut transmettre, de cette manière, la même émotion, la même intensité et, en même temps, la même délicatesse, à travers un morceau. Sinon, "In Your Own Sweet Way" vaut également quelques minutes de votre temps. Aussi, le reste l’album m’a semblé tout simplement meilleur que les 3 autres, sans, pourtant, que je puisse dire davantage pourquoi.Enfin, le quatrième est "Steamin’".Celui-ci, par contre, m’a semblé être le moins impressionnant des 4. Peut-être est-ce simplement parce qu’il s’agit du dernier, mais il semblait avoir moins d’énergie. Il manquait d’originalité et de vigueur. Cela dit, c’est à l’exception de "Salt Peanuts", qui est vigoureux et énergique, même presque anarchique par moments ! Même le reste, malheureusement, m’a semblé manquer d’intérêt…
Source : http://365jazz.wordpress.com/2011/10/30/

1 commentaire:

  1. http://www.filecrop.com/Miles-Davis-Cookin-With-The-Miles-Davis-Quintet.html

    RépondreSupprimer