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mardi 12 novembre 2013

Sortilèges

Sortilèges est un film français réalisé par Christian-Jaque en 1945.
Cette adaptation du roman Le Chevalier de Riouclare de Claude Boncompain a lieu dans le XIXe siècle, au cours d'un hiver glacial, au pied d'une montagne en Auvergne avec de la magie, des péripéties et une fin heureuse.
Auteurs & scénaristes : Claude Boncompain (d'après son roman 'Horseman of Riouclare'),     Christian-Jaque (adaptation) et Jacques Prévert (adaptation)
avec : Lucien Coëdel (Jean-Baptiste, le campanier), Fernand Ledoux (Fabret, le 'lièvre'), Renée Faure (Catherine Fabret), Madeleine Robinson (Marthe), Roger Pigaut (Pierre).
  
XIXè siècle. C'est l'hiver en Auvergne. Jean-Baptiste, un sorcier guérisseur tue un voyageur et partage son butin avec le père de Catherine, jeune femme qu'il convoite mais qui est amoureuse de Pierre le bûcheron...

Christian-Jaque et Jacques Prévert signent tous les deux cette adaptation pour un film à l'ambiance assez unique avec son village isolé et enneigé, baignant dans une ambiance poético-fantastique qui déploie un pouvoir de fascination immédiat.


                    


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Le réalisateur semble vraiment inspirée et livre un film visuellement somptueux avec une mise en scène assez baroque, presque expressionniste par moment et déploie un savoir faire permanent. Avec ses travellings décadrés, sa profondeur de champ, son tournage en décor naturel, ses lieux exigus, son découpage refusant l'académisme, ses longs mouvements d'appareils, Christian-Jaque ne demande vraiment pas la facilité à ses opérateurs (je pense à quelques travellings assez complexes avec gros plan, trajectoire circulaire puis mouvement arrière, le tout de nuit en forêt hivernal ou le final très inventif lors de l'incendie qui n'aurait pas dépareillé dans un fantastique Universal des années 30). Loin d'être de la démonstration gratuite ou de l'esbroufe, cette technique virtuose installe immédiatement cette ambiance onirique, lyrique, quelque part assez malsaine. Le cinéaste n'y va vraiment pas avec les pincettes et le dos de la cuillère même quand il doit mettre en scène une scène romantique qui devient en opérette de carte postale avec un sérieux imperturbable. C'est aussi ce qui en va sa force, encore aujourd'hui.

L'irréalité opaque des images est en osmose avec son scénario jouant volontairement de son aspect artificiel avec des dialogues sur-écrit et une direction d'acteur théâtralisé. Mais ce scénario qui fonctionne à merveille quand il est dans la mise en place et dans la pure atmosphère fonctionne moins bien quand il doit s'aventurer dans le narratif. Pas mal de stéréotypes et de passage prévisibles (histoire d'amour, évolutions psychologiques, raccourcis) qui n'évitent pas quelques longueurs et baisses de régime. C'est d'ailleurs dans ces moments là que la réalisation de Christian-Jaque est la moins créatrice et tombe dans quelques répétitions de certaines figures de style.
Mais dans l'ensemble, Sortilège est un vrai petit bijou méconnu dans la carrière insaisissable de son auteur qui mérite vraiment une plus large diffusion. C'est un peu un ovni mais ce caractère très particulier en fait toute l'originalité.(http://www.dvdclassik.com/forum/viewtopic.php?f=2&t=956&start=90)

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