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vendredi 29 novembre 2013

Silas Corey

Dans la France civile durant la Grande Guerre, le détective Silas Corey devient agent triple au service de Clémenceau, de Caillaux et d’une industrielle de l’armement. Mise en bouche jouissive d’un astucieux diptyque d’espionnage…
L'histoire : En 1917, alors la Grande Guerre s’enlise dans les tranchées, un obscur jeu de pouvoir se noue au sommet de l’état français. A la tête de son journal L’homme enchaîné, Georges Clémenceau, surnommé « le Tigre », est en effet prêt à tout pour renverser le président du conseil Joseph Caillaux. Un message codé en caractères minuscules, imprimés derrière le timbre d’une carte postale du Moulin Rouge, devient alors un enjeu crucial. Cet élément permettrait au Tigre de dénoncer Caillaux et son amie Célestine Zarkoff, à la tête d’une entreprise d’armement, pour alliance avec l’ennemi. Casella, un « reporter » de Clémenceau, braque une boîte aux lettres pour s’emparer de la carte. Il est aussitôt pris en chasse par des allemands. Le lendemain, Clémenceau embauche un sulfureux personnage, Silas Corey, pour retrouver Casella. Officiellement détective, Corey est aussi roublard que brillant dans ses capacités d’analyse. Il trouve immédiatement la ligne téléphonique de Clémenceau sur écoute. En suivant le fil, il tombe évidemment sur les services de renseignement de l’armée française. Il ne perd pas le nord et se fait aussi embaucher par eux (contre un second gros salaire) pour retrouver Casella, endossant donc la casquette d’agent double…


                                        




  Le dessinateur Pierre Alary ne quitte pas vraiment les espions historiques : après Belladone, son coup de crayon dynamique et si agréable anime Silas Corey, agent double, voire triple, au service de lui-même, dans le cadre de la Grande Guerre. Le registre de l’espionnage a pourtant souvent de quoi perdre ses lecteurs, et nombre d’ouvrages nous en rappellent les écueils chaque année. Heureusement, le scénario de cette nouvelle série est mitonné et « fluidifié » par l’un des meilleurs narrateurs de ce début de XXIème siècle, Fabien Nury, criblé de prix et d’éloges pour Il était une fois en France. Lui-même ne quitte donc pas vraiment le milieu des agents doubles en temps de guerre, avec ce détective-espion qui pourrait avoir appris son métier des mémoires de Talleyrand. Dans ce premier opus, le perspicace et sulfureux Corey court après une preuve – une carte postale et son timbre – qui trahirait le gouvernement Caillaux, au bénéfice de Clémenceau. Or cet homme distingué, déterminé et culotté, pactise systématiquement avec les obstacles qu’il rencontre, en tirant au passage le profit maximal. Son arrogance et son intelligence en font un personnage attachant ; les enjeux politiques de l’époque offrent quant à eux le cadre idoine de hautes tensions. Les 62 planches constituant la mise en bouche de ce (premier ?) diptyque se révèlent donc très agréables à suivre, prestement rythmées, truffées de truculentes trouvailles et répliques (celle de la page 26 est hénaurme)…



                     

 Silas Corey a échappé de peu au piège tendu par Aquila, l’insaisissable agent allemand. Le journaliste Casella prend contact avec lui et la livraison du timbre est organisée. Corey va devoir choisir auquel de ses trois employeurs il le remettra. Ce qui est certain, c’est qu’il est bien décidé à ne pas se laisser forcer la main et qu’il est très intrigué par le contenu de cet objet suscitant tant de convoitise.
Le premier tome faisait l’effet d’un album coup de poing. Après le crochet du droit, voici celui du gauche. Le dénouement est proche, la tension monte. Les différents camps bougent leurs pions, abattent leurs atouts. En maître du jeu, Silas Corey se démène pour garder un temps d’avance et comprendre les enjeux de cette lutte acharnée.
La recette est simple mais encore faut-il bien doser les ingrédients et les incorporer au bon moment. C’est là que Fabien Nury brille, bien aidé par l’excellence du travail de Pierre Alary dont le trait dynamique et la capacité à créer l’atmosphère sont à louer. L’intrigue n’est pas complexe et prend toute sa saveur dans les combinaisons d’intérêts et les possibilités liées aux multiples intervenants. Les dialogues font mouche, le rythme reste échevelé. Cependant, l’action proposée est toujours au service de l’histoire et permet au héros arrogant et intelligent de se dévoiler progressivement.
De l’intensité, des rebondissements ingénieux, un contexte historique bien exploité, un personnage central dont l’aura est réelle et finement ciselée : voilà une combinaison des plus réussies pour un plaisir de lecture plein et entier. Pourvu que les auteurs n’en restent pas là !Par O. Vrignon .

        
                      

1 commentaire:

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