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mardi 5 novembre 2013

OSS 117

OSS 117 est une série de romans d'espionnage créée en août 1949 par l'écrivain français Jean Bruce, reprise à sa mort par son épouse Josette, puis par ses enfants François et Martine. Elle suit les aventures de l'agent secret américain Hubert Bonisseur de La Bath, dont « OSS 117 » est le matricule au sein de l’Office of Strategic Services, et compte au total plus de 250 volumes.
La série est l'une des premières du genre en France, et même en Europe : ce n'est qu'en 1953 que Ian Fleming inventera James Bond. Elle connaît un grand succès, avec 75 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Ce succès donne lieu à plusieurs adaptations cinématographiques dès 1957, les plus fameuses étant les quatre films réalisés par André Hunebelle dans les années 1960 et, plus récemment, les comédies de Michel Hazanavicius dans les années 2000.
La série met en scène les aventures de l'agent secret Hubert Bonisseur de La Bath, connu sous le matricule OSS 117, qui donne son nom à la série. C'est un espion américain travaillant tout d'abord pour l’Office of Strategic Services (OSS), service de renseignements américain, puis pour la Central Intelligence Agency, qui remplace l'OSS en 1947. Il termine sa carrière dans le National Security Council. La consonance française du nom du héros vient de ses origines familiales : ses ancêtres, des aristocrates, ont fui la France après la Révolution de 1789 pour s'établir en Louisiane.


                  
Bien que les origines du genre soient délicates à définir, le roman d'espionnage francophone fait ses débuts aux alentours des années 1910. Le contexte politique troublé des années précédant la Première Guerre mondiale voient des quotidiens nationalistes lancer de violentes campagnes de presse contre la présence d'Allemands en France en multipliant la publication de romans populaires patriotiques ayant pour thème l'espionnage, sur fond de germanophobie ou d'anglophobie, répondant ainsi, selon Gabriel Veraldi, à la propagande anti-française du roman d'espionnage anglais ou des publications populaires, philosophiques et scientifiques allemandes. Durant l'entre-deux-guerres, en 1936, Pierre Nord, ancien espion lui-même, publie son premier roman, qui a pour thème son ancien métier. Il est considéré à ce titre comme le père du roman d'espionnage francophone.


                                  


Ayant notamment travaillé pour Interpol, dans l'aviation civile, puis été employé de mairie, acteur dans une troupe ambulante, imprésario, agent d'un réseau de renseignements, inspecteur à la Sûreté, joaillier et secrétaire d'un maharadjah, le Français Jean Bruce commence à rédiger le premier tome de la série d'espionnage OSS 117 en 1949, après avoir rencontré, lors de la Libération de la ville de Lyon, William Leonard Langer, le véritable agent de l'OSS américaine portant le matricule 117. L'expérience de l'auteur lui permet de rédiger avec un minimum de réalisme et d'assurance les aventures d'OSS 117, qui évolue ainsi dans un monde moderne rempli d'éléments que l'auteur a découvert durant sa vie.

 Cette documentation et ce vécu indispensables sont renforcés par un tour du monde de l'auteur, réalisé selon lui en « un peu plus de quatre-vingts jours ». Tous les romans de Jean Bruce ont en effet pour point de départ un événement authentique. Ses romans présentent parfois des sous-entendus érotiques, un style qu'il apprécie et qui lui a permis de vivre au début de sa carrière d'écrivain. Il rédige ainsi 88 volumes d’OSS 117, jusqu'à sa mort dans un accident de voiture en 1963. Ses seuls 87 romans se sont vendus à 24 millions d'exemplaires.
Sa femme, Josette Bruce, reprend alors la série. Elle rédige 143 livres jusqu'en 1985, date à laquelle elle prend sa retraite suite à une procédure menée à son encontre par sa fille Martine Bruce et son beau-fils François Bruce pour atteinte à leurs droits patrimoniaux et moraux auprès du TGI de Paris . Là où son mari se basait sur des informations de première main, elle s'inspire davantage de ce qu'elle lit : encyclopédies ou autres romans. C'est durant cette période que le succès de la série atteint son apogée, avec plus de 50 000 exemplaires vendus par tome.


       
           

En 1987, la série est reprise par François et Martine Bruce, respectivement beau-fils et fille de Josette Bruce. Les 23 volumes dont ils sont les auteurs contiennent davantage de références littéraires, mais aussi de sexe et de sadisme.
Au total, les 265 romans de la saga OSS ont été traduits en 17 langues, édités dans 21 pays et vendus à 75 millions d’exemplaires.

Cette série littéraire, l'une des premières du genre en France, a pu profiter de l'attrait du public pour l'espionnage, un thème grandissant à l'époque de la guerre froide. Elle a pu surfer, à une époque, sur les vagues de cette mode relancée par James Bond dont la réputation n'est plus à faire, ainsi que par les différentes adaptations cinématographiques de la série qui trouvèrent leur public, notamment les deux séries principales d'André Hunebelle et de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, et qui poussèrent certains à lire ou relire les livres. Le succès s'explique aussi par le fait que les récits sont extrêmement documentés, et de ce fait un tant soit peu réalistes ; ils sont souvent même souvent basés sur des faits réels (surtout ceux de Jean Bruce). La qualité des couvertures, à la fois suggestives et parfois drôles (dessins presque hyper-réalistes de femmes parfois dénudées, de cadavres, entre autres...), a contribué aussi au succès de la série. Ces dessins sont également un des symboles de cet univers, à tel point que ce sont certaines de ces couvertures qui sont à l'origine du projet des films de 2006 et 2009 de Michel Hazanavicius. En effet, les producteurs Éric et Nicolas Altmeyer avaient quelques souvenirs de ces couvertures dans la bibliothèque de leurs parents. Il en va de même pour les titres, souvent basés sur des calembours : Moche Coup à Moscou, Faut pas s'y fier, Cache-cache au Cachemire, Tactique arctique ou encore Arizona zone A.


                                

La série avait notamment, parmi ses fans absolus, Pierre Salinger qui a d'ailleurs écrit la préface d'un des recueils, John Fitzgerald Kennedy, Jean Cocteau, ou encore Gérard de Villiers qui s'en inspira pour son SAS, rien que pour le nom, par exemple, qui ressemble beaucoup au nom de la série.
Mais il faut savoir aussi que ce succès ne fut pas immédiat. En effet, ce n'est qu'à partir de 1950, avec Romance de la mort, que les ventes s'envolent, en raison de la mise en avant par l'actualité de l'espionnage (Blocus de Berlin, mise en place du rideau de fer...). C'est le véritable commencement de la guerre froide ; à partir de maintenant, OSS 117 combattra « l'Est ». Les nuances à apporter à ce succès proviennent également du succès tout aussi voire plus considérable de ses nombreux rivaux littéraires tels James Bond de Ian Fleming, San Antonio, Coplan de Paul Kenny, ou encore Son Altesse Sérénissime (SAS) de Gérard de Villiers.



OSS 117 est devenu au cours des années un véritable pilier de l'espionnage de fiction, de par toutes les caractéristiques plus ou moins réalistes de l'espion qu'elle contient. La série a contribué très fortement à la perception par le grand public de ce corps de métier, perception qui s'est ancrée durablement dans l'imaginaire collectif. Ainsi, on y trouve un héros « sportif en pleine possession de ses moyens, au visage énergique et buriné de prince pirate, au regard clair, à l'ironie tranquille, se posant sur les êtres et les choses avec cette assurance née d'une vie riche en aventures, son charme ne laissant aucune femme insensible. », « un homme de haute taille, bâti en athlète, avec de larges épaules musclées, avec l'assurance d'un champion et l'allure d'un prince. Un visage d'aventurier comme on n'en avait vu qu'au cinéma, avec un nez droit et des lèvres sensuelles, des cheveux châtains coupés très court et des yeux bleus dont on soutenait difficilement le regard ».


                   
Il a pour mission d'œuvrer pour le bien dans un environnement de guerre froide toujours brouillé et peuplé d'espions ennemis, de nazis, de Russes, de Chinois et autres, appartenant à diverses mafias ou organisations de malfaiteurs en tous genres. Le héros est aussi entouré de jeunes et jolies femmes dont certaines deviennent vite des conquêtes amoureuses, qu'elles soient ses alliées ou non. Il est à noter que ces jeunes filles ne sont généralement pas les mêmes d'un tome à l'autre, ce qui consolide ce caractère de « tombeur », de « Don Juan », qui entra lui aussi dans l'imaginaire collectif sur lequel se fondera toutes les parodies et références qui seront par la suite faites de ce genre d'univers fictif. Ces clichés seront par exemple repris ironiquement dans les deux dernières comédies de 2006 et 2009 tirées de la saga qui en regorgent.
OSS 117 est souvent considérée comme une saga de « romans de gare », simplistes et à l'écriture très peu développée. Ce supposé manque de profondeur peut s'expliquer par le fait que les différents auteurs devaient livrer plusieurs romans par année. Il faut savoir aussi que cette caractéristique est loin d'être niée par les auteurs comme par exemple Josette Bruce qui déclare à Frédéric Dard (auteur de San-Antonio) : « Vous êtes un écrivain, mon mari, lui, n’est qu’un fabricant. » (http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-vie-trepidante-de-frederic-dard-dit-san-antonio_896730.html)

1 commentaire:

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