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samedi 23 novembre 2013

Gérard Philipe

Gérard Philipe est né le 4 décembre 1922 au sein d’une une famille cannoise aisée. Fils de Marcel Philip et de Marie Villette, il est scolarisé dans un établissement religieux, l'Institut Stanislas, où il obtient son baccalauréat au début de la guerre.
Son père, avocat, est un adepte de l’idéologie nationale-socialiste et appartenait à la ligue fasciste des Croix de Feu. Marcel assurait aussi la gérance, au cours de la guerre, du Parc Palace Hôtel à Grasse, lieu de rencontre entre Allemands et l’Etat-major de Mussolini. Collaborateur reconnu, il est condamné à mort en 1945 par la cour de justice des Alpes-Maritimes. Mais il réussit à s’enfuir en Espagne, et ne rentre en France qu’après 1968, à la faveur d’une loi d’amnistie. Gérard Philipe a toujours gardé le silence au sujet du passé de son père.
Il se découvre une vocation pour la comédie en côtoyant les nombreux artistes venus se réfugier en zone libre sur la Côte d’Azur. Ceux-ci, proches de la Résistance, vont nourrir davantage ses idées de gauche.





En 1941, il est auditionné par le réalisateur Marc Allégret et s’inscrit au cours d’art dramatique de Jean Wall et de Jean Huet à Cannes. Un an plus tard, il joue au casino de Nice Une grande fille toute simple dAndré Roussin. La même année, il apparaît dans le film d’Yves Allégret La Boîte aux rêves.

En 1943, il déménage avec sa famille à Paris. Il s'inscrit au Conservatoire national supérieur d'art dramatique et obtient le second Prix de Comédie. A 20 ans, Gérard Philipe devient célèbre grâce au théâtre, en jouant le rôle de l’ange dans Sodome et Gomorrhe de Jean Giraudoux.



   
 
Il participe à la libération de la capitale, en 1944, en rejoignant les rangs de la résistance française. L'année suivante, il confirme ses talents de comédien en jouant dans la pièce d’Albert Camus, Caligula, mise en scène par Paul Oettly et dans L’Idiot de Dostoïevski, un film de Georges Lampin. Deux rôles emblématiques qui font de lui, à seulement 23 ans, une célébrité du monde du spectacle. Gérard Philipe alterne entre la scène et l’écran avec beaucoup de facilité, preuve de sa passion pour l’art et de son investissement dans le métier qu’il exerce.




En 1947, tout en poursuivant au théâtre, il joue coup sur coup dans Le Diable au corps de Claude Autant-Lara et dans une adaptation du roman de Stendhal, La Chartreuse de Parme de Christian Jaque.
En 1951, il rejoint Jean Vilar, metteur en scène et animateur du Théâtre National Populaire. Il interprète avec succès le rôle du Cid de Corneille et du Prince de Hombourg. Ces succès redonnent vie à ce théâtre longtemps négligé.




           



La même année, il brille avec Gina Lollobrigida dans Fanfan la Tulipe, un film de Christian-Jaque. Il devient alors l’acteur culte des années 50. Durant toute cette décennie, Gérard Philipe triomphe dans de nombreux films réalisés par les plus grands réalisateurs français de cette époque: Marcel Carné, Marc Allégret, Claude Autant-Lara, René Clair, René Clément, etc.
Monsieur Ripois ici : http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=iSDO4GRuwUQ
Gérard Philipe est aussi un artiste engagé. Il est l’un des premiers à signer, en 1950, l’Appel de Stockholm réclamant l’interdiction des armes nucléaires. Membre du Conseil National du Mouvement pour la Paix, proche du Parti Communiste, il s’est activement mobilisé quand, en 1956, les chars russes franchissent la frontière hongroise et entrent à Budapest. Il est également très actif dans le milieu syndical des acteurs (SNA) et affilié à la CGT.


                                     

                                  


Il s'est marié en 1951 avec Nicole Fourcade avec qui il partage ses idéologies politiques. Elle prendra plus tard le prénom d’Anne que Gérard trouve plus poétique.
Juste après le tournage du film La Fièvre monte à El Pao de Juan Luis Bunuel au Mexique en 1959, il est terrassé, à l'apogée de sa carrière, par une crise cardiaque. Il n’avait que 36 ans.
Gérard Philipe est enterré dans le costume de Don Rodrigue, le héros du Cid de Corneille, dans un cimetière prés de Saint-Tropez.
De nombreux théâtres et établissements culturels portent aujourd’hui son nom. Anne Philipe, sa veuve, qui est écrivain, a rédigé deux biographies de son mari, et de nombreux médias ont rendu hommage à cet artiste de génie qui a profondément marqué son époque en incarnant les aspirations et les idéaux d’une jeunesse qui croyait en un monde meilleur.

1 commentaire:

  1. http://www.libertyland.tv/films/acteur/gerard-philipe.html
    http://www.ddl-island.ru/p/gerard-philipe-23829.html

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