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lundi 11 novembre 2013

Freud et cinéma

Le jeune docteur Sigmund Freud, qui veut se spécialiser dans l’étude des maladies nerveuses, quitte Vienne, échappant ainsi à l’affection encombrante de son père et la bienveillance possessive de sa mère. A Paris, il se rend à l’hôpital de la Salpetrière, où le docteur Charcot, soigne des hystériques. Il est impressionné par un curieux échange de manifestations hystériques sous l’influence de l’hypnose. De retour à Vienne, le jeune médecin pense braver les interdits pour soigner ses malades sans recourir à la thérapeutique officielle. Il ouvre un cabinet médical en collaboration avec le docteur Breuer. Ce médecin plus âgé, farouche partisan du traitement par l’hypnose, est le seul qui lui fasse confiance. En soignant Cécily Koertner, une jeune névrosée, Sigmund Freud découvre l’importance de la sexualité dans certains cas pathologiques, décèle les troubles produits par la censure mentale et formule l’hypothèse d’un conflit entre es forces mystérieuses de l’inconscient et les tabous de la vie consciente. Il interroge sa malade sous hypnose, explore le symbolisme des rêves, traque les actes manqués.
Il note l’omniprésence de la libido, y compris chez l’enfant, considéré comme toujours comme symbole de pureté. Sa communication publique sur la sexualité de l’enfant, devant une assemblée de médecins, déclenche les moqueries et les protestations indignées. Même son ami Breuer refuse de le suivre dans cette direction. Freud persiste. Il confirme l’hypothèse de l’inconscient et mène à bien ses travaux sur le refoulement, le complexe d’Œdipe et la cure psychanalytique.



              

         
"Depuis Let there be light en 1945 (documentaire sur les soldats choqués psychologiquement pendant la guerre), Huston rêvait de rendre un hommage à Freud en donnant au grand public l'occasion de saisir l'apport scientifique du père de la psychanalyse. Le cinéaste, qui voulait que son film 'respirât le soufre', fit appel à Jean-Paul Sartre, lequel lui présenta un script traitant largement des fausses pistes suivies par Freud jusqu'à ce qu'il découvre le complexe d'OEdipe. Huston apprécia ce côté du script, mais demanda une version plus courte à l'écrivain. Ce dernier s'exécuta et lui présenta un texte... encore plus long. Huston, ne parvenant pas à dialoguer avec Sartre, engagea alors le scénariste de Let there be light, Charles Kaufman, qui fit ce que Huston voulait éviter : un film dans la tradition biographique des productions Warner.



Puis Huston et son producteur Wolfgang Reinhardt s'attelèrent eux-mêmes à la tâche. (...) La mise en scène de John Huston est pertinente et envoûtante de bout en bout. Cinéaste de l'action et grand meneur d'hommes, Huston s'adonne avec tout autant de talent à la réflexion et à l'exploration intellectuelle. Sa réalisation est en tout point centrée sur le concept de recherche d'une vérité scientifique et philosophique (...). Quant à l'interprétation de Montgomery Clift, elle est tout simplement magistrale, d'une sobriété à toute épreuve, entièrement et uniquement fondée sur son regard passionné, enthousiaste, effrayé, plein de doute, convaincu et se voulant convaincant, fort bien mis en relief par de légères contre-plongées et un judicieux et discret éclairage latéral. Quand on sait combien désaxé et malade l'acteur était à cette date, on en est d'autant plus admiratif."


                                        

C’est clair et définitif, le Cronenberg anté-2005 n’est plus. Depuis « A History of Violence », le réalisateur de films aussi torturés que « Le festin nu », « Videodrome » ou « Crash » paraît avoir complètement changé sa méthode dans l’analyse du comportement humain. De la chair, sa recherche passe désormais par l’esprit et « A dangerous method » est le troisième film qui confirme ce revirement tout à fait réussi.
On le sait, le but de Cronenberg a toujours été de pénétrer au plus profond de la psyché de l’être humain et à partir de là, de révéler le rapport entre le comportement et la matière, que ce soit à travers le passé oublié d’un bon père de famille ou les activités inhabituelles de couples en manque de sensations fortes. Alors quoi de mieux que de revenir aux prémices des grandes théories qui ont construit les méthodes d’analyse psychanalytiques ?
Tiré d’une pièce de Christopher Hampton, ici passé scénariste, « A dangerous method » retrace les dissensions intellectuelles de la relation entre le maître, Freud, qui reste immuable lorsqu’il s’agit de son dogme, et son confrère, Carl Jung, remettant en cause la théorie purement sexuelle qui sert de base à l'approche de Freud, et aspirant à traiter les malades au lieu de simplement leur faire prendre conscience de leurs tares. Car pour Freud, on ne peut changer les malades car, au fond de l’homme, il demeure une part immuable, impossible à traiter. Au milieu de ces querelles de spécialistes se place Sabina Spielrein, d’abord patiente de Jung que le psychanalyste guérira brillamment grâce à la méthode freudienne mais aussi à travers une relation très intime qui détruira son image auprès de son ami Sigmund Freund. Elle deviendra à son tour une psychanalyste de renom, ceci grâce aux encouragements de Jung.


               
Extrêmement classique et précis dans sa narration, le film est cependant passionnant. Il est vrai que l’on a connu le cinéaste canadien bien plus « tâtonneur » et déjanté, mais le choix d’une mise en scène académique pour raconter cette dissension d’universitaires se révèle, par ailleurs, très justifié et prouve que Cronenberg sait s’adapter à son sujet. Collant au plus près de son récit, refusant toute surenchère et fioriture dans la reconstruction d’époque, « A dangerous method » parvient à captiver à travers ses aspects didactiques et théoriques, et même à ponctuer son récit de plusieurs tensions sexuelles qui rappelleront la patte du réalisateur de « Crash ». Ce triangle amoureux se suit avec un intérêt grandissant, à mesure que les relations entre chacun des personnages évoluent vers des travers indélicats et déviants, notamment avec l’arrivée de l’inconscient de Jung, incarné en la personne d’Otto Gross (Vincent Cassel).


Quant aux acteurs, tous sont à la hauteur de leurs rôles respectifs. Dès le début, Keira Knightley délivre une performance des plus saisissantes, taillée pour une nomination aux Oscars de février prochain. Michael Fassbender, qui enchaîne, cette année, de puissants premiers rôles dans lesquels il excelle (attendez de le découvrir dans « Shame »), est parfait dans son interprétation d’académicien en proie à ses doutes, ballotté entre la raison et un désir qui n’a besoin que d’une minuscule impulsion, de la part d’un Vincent Cassel, pervers et vicieux. Enfin, on ne le présente plus. Devenu l’acteur fétiche du réalisateur et le symbole de son revirement depuis trois films, Viggo Mortensen sait rester convainquant, et à la hauteur pour incarner des figures historiques telles que Freud. Le savoir-faire du réalisateur canadien et de ses acteurs étant confirmé, on n’attend à présent plus que la suite des « Promesses de l’ombre ».Alexandre Romanazzi.

1 commentaire:

  1. https://hyk3na7b8e.1fichier.com/
    http://turbobit.net/55m8gx9r6k5h.html

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