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mercredi 27 novembre 2013

Danielle Darrieux

Sa carrière dure depuis plus de huit décennies. Elle est une exception avec Michèle Morgan et Micheline Presle, "Les trois glorieuses", comme les a baptisées le journaliste Henry-Jean  Servat dans un livre et dans un film : "C'est étonnant qu'aucun réalisateur n'ait eu l'idée de les réunir, sauf furtivement à l'écran", s'étonne-t-il. "Danielle Darrieux a incarné comme Jean Gabin, autant que lui mais de façon légère, l'insouciance des années trente et la gravité des années cinquante", dit l'historien du cinéma Claude-Jean Philippe. "Nous avions le même caractère, il m'appelait cocotte", confiait-elle un jour à propos de Gabin, son partenaire dans La vérité sur Bébé Donge et dans Le désordre et la nuit. "Lorsque nous avons tourné son dernier film L'année sainte en 1976 aux studios de Boulogne, un jour à la cantine, il m'a regardée droit dans les yeux en me disant : Cocotte, tu reconnais quelqu'un ici ? Moi pas."Lorsque Danielle arrive quelque part, toujours simple et belle, c'est le cinéma français qui apparaît. Pour celles et ceux qui savent, qui ont vu ses films, c'est bouleversant. Quelqu'un a dit un jour que ses fans formaient "une véritable secte". Dans les années quatre-vingt, deux de ses membres avaient ouvert un restaurant baptisé "Premier rendez-vous".



                      





L'actrice a inspiré les réalisateurs à tous les âges de la vie. Sa dernière apparition à l'écran remonte au 1er janvier 2011, à la télévision, dans C'est toi, c'est tout de Jacques Santamaria. Les scénarios lui parviennent toujours là où elle se trouve, et il se pourrait bien qu'elle tourne encore. Le théâtre eut aussi une place importante dans sa vie, mais elle manqua son dernier rendez-vous avec lui dans La maison du lac aux côtés de Jean Piat à cause d'une mauvaise chute pendant les répétitions.



                        

Lorsqu'on rencontre Danielle Darrieux, c'est "un peu de son printemps, un peu de ses vingt ans" qu'elle nous donne, comme dans la chanson des premiers jours de mai qu'elle fredonne toujours. Danielle Darrieux est une hirondelle qui fait le printemps.


                              



Le crime ne paie pas est un film à sketches français réalisé par Gérard Oury et sorti en 1962. Adapté des bandes dessinées de Paul Gordeaux, le film comporte quatre sketchs distincts intitulés respectivement Le Masque, L'Affaire Hugues, L'Affaire Fenayrou et L'Homme de l'avenue.Le Masque : Au XVe siècle, apprenant que son amant, le chevalier Giraldi, la trompe, la duchesse vénitienne Dona Lucrezia le fait tuer par des spadassins. Sa rivale, qui n'est autre que sa suivante, la belle Antonella, décide de se venger. L'Affaire Hugues : Au XIXe siècle, le député socialiste français Clovis Hugues, est pris malgré lui dans une machination voulant l'atteindre en salissant la réputation de sa femme Jeanne Royannez. L'Affaire Fenayrou : Au début du XXe siècle, une jeune femme, Gabrielle Fenayrou, fait tuer son amant par son mari puis condamner celui-ci pour vivre avec un troisième homme. L'Homme de l'avenue : En sortant du cinéma, où il vient de voir les trois sketchs précédents, Pierre Marsais est tué par une voiture que pilote le colonel Roberts. Voulant avertir la veuve complètement ivre, le colonel découvre que le défunt s'apprêtait à assassiner sa femme à l'instant même de sa mort.On oublie souvent que Gérard Oury avant d'être le roi de la comédie des années 60 et 70 avait été acteur puis un court moment réalisateur dans le genre policier. Ici pour son troisième métrage qui précède de trois ans "Le Corniaud", il cède à la mode du film à sketches très en vogue à l’époque, notamment en Italie. Sous le vocable « Le crime ne paie pas », Oury rend hommage au journaliste écrivain Paul Gordeaux dont les bandes dessinées verticales relatant les grandes affaires criminelles ont contribué à la gloire du France Soir de la grande époque.


            

Il s’agit au moyen de quatre sketches de montrer la vérification de l’affirmation morale contenue dans le titre du film à travers les époques. Comme le plus souvent dans le genre si particulier du film à sketches, le défilé de stars est tout aussi important que le contenu lui-même et de ce point de vue la production franco-italienne ne déçoit pas, contenant un bel aréopage des vedettes féminines en vogue ou confirmées de l’époque allant de la très sensuelle Rosanna Schiaffino à la très affirmée Edwige Feuillère en passant par Annie Girardot , Danièle Darrieux ou Michèle Morgan. Si le premier sketche adapté par Aurenche et Bost, censé nous transplanter dans l’époque tourmentée des Borgia est assez soporifique voire franchement ennuyeux en dépit de la prestation très convaincante d’Edwige Feuillère, la suite concoctée successivement par Henri Jeanson, Boileau et Narcejac et Frédéric Dard est tout à fait jouissive, tant au niveau du style très enlevé que des intrigues donnant à voir des criminels tous très retors. De la Belle Epoque à nos jours nous découvrons les stratagèmes les plus ingénieux qui naissent dans l’esprit tortueux des criminels jamais en peine pour dissimuler leurs méfaits. Heureusement comme l’annonce le titre, « Le crime ne paie pas » et la morale est toujours sauve à la fin. Les acteurs sont tous parfaits et Oury montre déjà dans l’esprit de son récit sa propension à la dérision. On remarquera un très court numéro de Louis de Funès qui en cette année 1962 semble avoir enfin trouvé après des années de tâtonnement son style comique inimitable qui va exploser deux ans plus tard dans « Pouic-Pouic » et dont Oury tirera aussitôt après le meilleur. Il ne faut donc pas s’arrêter au premier sketch très conventionnel qui peut donner une fausse image de la tonalité générale de cette petite pépite.

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