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lundi 23 septembre 2013

L'armée de la jetée

Nous avons tous vu et apprécié le film de Terry Gilliam, L'Armée des Douze Singes (Twelve Monkeys) sorti en France en 1996. Bruce Willis, alias James Cole, cobaye dans une expérience temporelle, se retrouve trente-neuf années plus tôt à la recherche d'informations concernant le virus qui a décimé la quasi totalité de l'espèce humaine et contraint les rescapés à survivre sous terre. Mais ce que l'on oublie (ou que l'on ignore), c'est que ce long métrage au casting impressionnant (Bruce Willis, Brad Pitt, Madeleine Stowe...) est une adaptation du photo-roman de Chris Marker, La Jetée, datant de 1962.
Sur la jetée d'Orly, un enfant est frappé par le visage d'une femme regardant un homme mourir... (c'est le synopsis de Marker que je vous conte-là !) Plus tard, au lendemain d'une troisième guerre mondiale, des scientifiques terrés dans les souterrains de Chaillot expérimentent un voyage vers le passé - notre présent ou plutôt celui de Marker en 1962 -, persuadés que seul le temps pourra remédier à l'erreur humaine et à la fatalité. Retour vers le passé et retour vers le futur : ces traversées de la quatrième dimension sauveront-elles le présent ?



   

Ce film de science-fiction d'une durée 29 minutes aux moyens plus que réduits (un appareil Pentax 24x36 et une caméra 35 mm Arriflex empruntée une heure pour filmer un battement d'yeux) raconte "l'histoire d'un homme marqué par une image d'enfance" (C. Marker). Cet homme n'est-il pas avant tout le réalisateur lui-même qui, avec ce photo-roman, prouve à ses camarades d'antan lui reprochant de ne pas tenir compte du mouvement, que l'on peut faire un film avec des images fixes ? Si le procédé est loin d'être inventif, le résultat demeure indéniablement ingénieux et efficace tant visuellement que narrativement.


Né en 1921 à Neuilly-sur-Seine, Chris Marker fut d’abord photographe avant de passer à la réalisation en 1945 avec un documentaire sur l’Allemagne d’après-guerre, tourné avec une caméra 16 mm prêtée par André Bazin.
En 1950, il collabore au film Les statues meurent aussi aux côtés d’Alain Resnais qui, séduit par le talent dont le réalisateur débutant fait alors preuve, le surnomme le Magicien. À la même époque, Chris Marker écrit dans les Cahiers du Cinéma dirigés alors par André Bazin qui le baptise « premier essayiste du cinéma », titre que Chris Marker continuera d’honorer tout le long de sa carrière de cinéaste en publiant de nombreux essais sur le cinéma. 


           


Son engagement, son goût du voyage et de la découverte marquent profondément son œuvre. Avec Le Joli Mai et Le fond de l'air est rouge, le documentaire politique est révolutionné par l'usage que Marker fait de la voix off.
Son œuvre documentaire s'enrichit aussi de portraits de cinéastes qu'il vénère : A.K. à propos de Kurosawa, Le Tombeau d'Alexandre sur Medvekine, ou encore Une journée d'Andreï Arsenevitch, à partir d'éléments sur Tarkovski tous plus iconoclastes. Auteur de nombreux articles sur le cinéma, Chris Marker incarne à lui seul la volonté héritée de la Nouvelle Vague d'élever les auteurs de films au même rang que les écrivains.
Dans ses longs métrages, il s'est fait historien, sociologue, ethnologue et poète, manipulant les mots, les idées, les sons et les images, livrant au spectateur une réflexion personnelle, originale, et inspirée sur le monde contemporain, ses problèmes et son avenir. 

       
En 2035, la majeure partie de la population mondiale a été décimée par un virus mystérieux qui a rendu la surface du globe complètement inhabitable. Les quelques rares survivants ont ainsi dû se réfugier sous terre. A l'extérieur, les villes ont été envahies par les animaux. Pour prévenir la catastrophe, les scientifiques imaginent de remonter le temps jusqu'en 1996, année où le virus a produit ses effets dévastateurs. Condamné à perpétuité pour rébellion et violences contre l'autorité, et hanté depuis des années par une image dont il cherche vainement le sens, le prisonnier James Cole est désigné pour cette mission.


                            

En 1969, après avoir débuté une carrière de dessinateur, Terry Gilliam est invité à rejoindre la troupe comique des Monty Python. Commence alors une grande aventure dans le domaine de l'absurde pour le seul Américain de la bande, que ce soit à la télévision avec des programmes particulièrement populaires, ou au cinéma avec des films désormais cultes comme Monty Python, Sacré Graal (1975) ou Monty Python, Le sens de la vie (1983).

A partir des années 1980, Gilliam développe des films d'un genre nouveau, dans lesquels la loufoquerie n'est jamais loin de la paranoïa. Ses projets suivants voient sa collaboration avec des stars hollywoodiennes comme Johnny Depp ou Bruce Willis, qu'il met en scène dans des contre-emplois, respectivement dans Las Vegas Parano et L’Armée des 12 singes. Après les déboires de son projet avorté L'homme qui tua Don Quichotte, il réussit à mener deux projets quasiment en simultané avec Tideland et Les frères Grimm, dans des genres très différents. Malgré le décès d'Heath Ledger en plein tournage, le cinéaste maudit parvient à terminer son Imaginarium du docteur Parnassus et le présente hors compétition au Festival de Cannes en 2009.

1 commentaire:

  1. https://1fichier.com/?reuv0lscha
    http://dfiles.eu/files/nwmmsqhtw
    Zik : http://uploaded.net/file/ldkg1l1t

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