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mercredi 11 septembre 2013

Deux hommes dans Manhattan

Deux hommes dans Manhattan « est un échec non dépourvu de qualités. Il s’agit d’un exercice d’élèves » constate Henri Magnan dans Paris Jour. Bien qu’« un peu inégal », selon La Croix, le film demeure toutefois « attachant ».
La mise en scène satisfait la critique. Pour Pierre Marcabru, Jean-Pierre Melville « témoigne d’une volonté d’être neuf, il part à la poursuite d’un style, il se veut personnel : et il y parvient souvent ». Et le journaliste de préciser, toujours dans Combat : « De l’invention, des plans qui parlent, des cadrages réfléchis. Un film qui croit encore à l’intelligence de la caméra ». Appréciation similaire sous la plume de Jean Douchet de l’hebdomadaire Arts,  pour qui Melville donne à «  son style de mise en scène l’impression d’une perpétuelle découverte ». « S’il y a une qualité que l’on ne peut dénier à ce film français », insiste André Paris dans Le Soir, « c’est la densité de l’atmosphère » : « Sans conteste, Jean-Pierre Melville a su créer cette ambiance de roman américain de la Série noire, que l’on croyait jusqu’à présent du ressort unique des réalisateurs d’outre-Atlantique ».


 


Les griefs portent, principalement, sur un scénario sur fond de presse à scandale, « pas très passionnant à suivre » (La Lanterne), sur « une histoire ayant un minimum de cohérence » (Le Figaro littéraire). « Ce n’est pas que le suspense soit bien angoissant », signale Michel Duran du Canard Enchaîné qui « suit ces promenades avec un intérêt modéré », mais « il est seulement dommage que d’aussi nobles sentiments distillent autant d’artifice et d’ennui en dépit de la brève pincée d’érotisme [que le réalisateur] y a mêlée » poursuit Jean d’Yvoire dans Radio Cinéma Télévision. « Nous nageons ici en plein roman feuilleton » note plein d’amertume Samuel Lachize qui regrette, pour L’Humanité, une enquête qui « nous permettrait d’en apprendre de belles sur les agissements et le comportement de certains diplomates si les ficelles n’étaient si grosses ».


 « Ce que les jeunes réalisateurs français ne devraient pas oublier quand ils s’inspirent des modèles américains, conclut L’Express, c’est le soin et le souci de réalisme avec lesquels sont bâtis les scénarios de ces films ».
La réussite du film est ailleurs : « Le scénario n’a été fait que pour appuyer son documentaire new-yorkais » explique Claude Garson dans L’Aurore. « Il y a dans Deux hommes dans Manhattan un film policier avorté et plusieurs documentaires réussis » note Pierre Billard, pour France Observateur, qui souligne : « Cette Amérique vue par un Français n’est pas celle de Reichenbach : le pittoresque est resté au vestiaire, et c’est une vie quotidienne et grouillante qui bouillonne sous nos yeux et nous captive de ses grisailles dans fards. ».


 « La nuit, constate Michel Capdenac dans Les Lettres françaises, est dans le film de Melville un personnage anonyme et partout présent, c’est elle qui détache l’intrigue de son support de banalité, de fait divers vaguement policier, et qui lui donne l’impulsion du fantastique ». A la vue de ce documentaire captivant, c’est un Henry Rabine émerveillé qui écrit dans La Croix : « Manhattan et la nuit, les enseignes qui clignotent et les passants qui passent, la ronde des spectacles et le carrousel des voitures, ce fantastique New York-by-night où court la pulsation syncopée du jazz, tout cela compose un monde étrange, baroque, qui nous envoûte et nous prend !... ».

                                        


Jean Douchet mis à part, la critique accueille assez favorablement une « interprétation [qui], selon l’expression de Robert Chazal de France Soir, sort aussi de l’ordinaire ». En effet, « J.-P. Melville et Pierre Grasset tiennent avec une simplicité peu coutumière les rôles des deux journalistes » remarque Jacqueline Fabre pour Libération. Si « Jean-Pierre Melville n’est sans doute pas un acteur de grande classe et ne se sent pas toujours à l’aise dans la peau du journaliste, écrit Le Soir, Pierre Grasset colle littéralement au personnage du photographe » et « fait, selon Le Monde, d’honorables débuts de comédien ».
« Deux hommes dans Manhattan, c’est une succession de plans, tous plus étonnants les uns que les autres mais mal ficelés entre eux et bizarrement fagotés. Le tout forme un conte pour grands enfants, auquel, malgré ses naïvetés et ses enfantillages, je me suis laissé prendre. »
Jean Douchet

1 commentaire:

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