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jeudi 15 août 2013

Pinocchio

Pinocchio est un personnage de fiction, héros d'un conte de fées moderne de la littérature pour enfants : Le avventure di Pinocchio. Storia di un burattino (Les Aventures de Pinocchio. Histoire d'un pantin), du journaliste et écrivain italien, originaire de Toscane, Carlo Lorenzini, plus connu sous son nom de plume : Carlo Collodi (1826-1890).
Une multitude d'adaptations ont été tirées du conte original : littéraires, théâtrales, chorégraphiques, télévisées, cinématographiques et en bandes dessinées, sans compter les centaines de traductions, de versions illustrées ainsi que les mises en musique et en chanson.

On reconnaît aux Aventures de Pinocchio une prérogative qui n'appartient qu'aux chefs-d'œuvre, celle d'être hors du temps. Pour les 100 ans de Pinocchio, en 1981, Italo Calvino écrivait ainsi : « Il nous est naturel de penser que Pinocchio a toujours existé, on ne s'imagine pas en effet un monde sans Pinocchio. »


                                           
« Il était une fois... — Un Roi ! s'écrieront aussitôt mes petits lecteurs. Non, les enfants, vous vous trompez. Il était une fois un morceau de bois »


 ... ainsi commence l'histoire.
Geppetto, un pauvre menuisier italien, fabrique dans un morceau de bois à brûler un pantin qui pleure, rit et parle comme un enfant, une marionnette qu’il nomme Pinocchio. Celui-ci lui fait tout de suite des tours et il lui arrive de nombreuses aventures : il rencontre Mangefeu, le montreur de marionnettes, le Chat et le Renard qui l’attaquent et le pendent. C’est la Fée bleue qui le sauve. Son nez s’allonge à chaque mensonge… Il part ensuite avec son ami Lumignon pour le Pays des jouets, et ils sont transformés tous les deux en baudets. Il est ensuite jeté à la mer et avalé par une énorme baleine dans le ventre de laquelle il retrouve Geppetto. Finalement il se met à travailler et à étudier et il se réveille un beau jour transformé en véritable petit garçon en chair et en os.


                         


De ce conte sont nés des lieux communs universels qui sont passés dans le langage courant et que l’on dit aux enfants comme par exemple : « ton nez va s’allonger si tu mens » ou « tes oreilles vont pousser comme des oreilles d’âne si tu travailles mal à l’école ».
Pinocchio signifie en toscan : « pignon » (« pignolat » ou « pigne » en provençal, « pinolo » en italien). C'est la graine comestible du pin parasol (ou « pin pignon » — Pinus pinea) dont l'amande protégée par une fine coquille se trouve à l'intérieur du cône ou pomme de pin (ou encore la pigne en provençal, pigna en italien).


Une adaptation allemande de Pinocchio du début du siècle dernier s'appelle ainsi Zäpfelkerns Abenteuer (Les Aventures de Pignon, Zäpfelkerns traduit littéralement donne noyau de pomme de pin). Ce mot toscan du XIXe siècle est tombé en désuétude et n'est plus utilisé de nos jours.
Le Toscan Fernando Tempesti, chercheur en littérature et un des meilleurs spécialistes de Pinocchio, précise que dans la langue de Geppetto, le toscan du XIXe siècle, pinocchio signifie « petit pignon » qui voudrait dire également dans la langue secrète de Collodi : « petit crevard ». Cette expression renvoie à l'Arlequin de la commedia dell'arte florentine qui se nomme Stenterello, tout aussi famélique que Pinocchio.

Roman ici  La suite là : http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/collodi-carlo-pinocchio.html


Avant de s'appeler Pinocchio, il s'était appelé Arlequin, Polichinelle, ou Stenterello. Il fait partie des personnages, des caractères immuables qui ont, de tout temps, servi de point fixe à l'improvisation. Nous retrouvons ici le statut populaire et pauvre de ce personnage fait non pas dans du bois « noble », mais dans « une simple bûche prise dans le tas de bois à brûler, de celles que l'on met en hiver, dans le poêle ou dans la cheminée pour allumer un feu et réchauffer les chambres ».
Le « papa » et l'auteur de Pinocchio est le journaliste polémiste et écrivain pédagogue Carlo Collodi. Son roman Les Aventures de Pinocchio l'a rendu célèbre dans le monde entier. Il est un des représentants d'une littérature de bons sentiments affichée par la petite bourgeoisie italienne de la fin du XIXe siècle. Il a développé dans cette œuvre, au travers du héros rebelle de son histoire, les vertus morales d'une Italie rurale laïcisée (Collodi n'a pas fait place à la religion dans ce roman) avec des valeurs comme la famille, l'école, le travail et l'amour du métier.



               
              
Collodi définissait lui-même son œuvre : Pinocchio, comme une « gaminerie ». Au plan du genre littéraire, certains critiques voient ce roman comme un véritable roman picaresque qui manie notamment l'humour et le rire. Pinocchio est reconnu par la critique comme un classique de la littérature italienne du XIXe siècle et qui à ce titre s'adresse non seulement aux enfants mais également aux adultes.
Geppetto est un menuisier, c’est-à-dire un artisan qui travaille de ses mains le bois, une matière naturelle, noble et vivante. Mais de quel bois est fait Pinocchio ? Le Geppetto de Comencini, Nino Manfredi, projetait de faire la tête du pantin en bois de noyer, « noce » en arménien, et le corps et les membres dans un bois de moindre valeur, du « legno meno pregiato », mais bien sûr en bois bien sec, « legno stagionato », car le bois vert se travaille mal.


 Carlo Collodi, dont le Geppetto est dans un grand dénuement, se contente de bois qui n’est pas évidemment du « legno di lusso » traduit maladroitement par la Comtesse de Gencé et tous les traducteurs qui s’en sont inspirés, par « bois de luxe », alors que d’autres traducteurs y voient, en exagérant un peu plus dans l’emphase, du « bois précieux » ou du « bois fin » et d’autres tout simplement du « beau bois », il s’agissait en effet « d’un simple morceau pris dans un tas de bois à brûler » et il va de soi que l’on ne brûle pas du « bois noble ». Avec certains illustrateurs de Pinocchio, cela se voit à l’écorce de la bûche, ont choisi le pin ou le sapin qui ne sont pas des « bois exotiques » mais bien des « bois ordinaires » en Toscane. Toutefois, le sapin se sculpte mal, se fend facilement et est un bois tendre, de nos jours on fabrique des Pinocchio, comme jouet ou pour la décoration, en aulne, en merisier, en hêtre, en bouleau, en charme, etc.


                     


Geppetto travaille dans sa « bottega », traduite par « boutique » ou « échoppe » et aussi peut-être plus justement par « atelier ». Le chat joue avec les copeaux dans la corbeille à copeaux. Le lecteur imagine le parfum des différentes essences de bois et la sciure, comme a probablement dû les sentir le jeune Lorenzini, dans l’atelier du menuisier du village, sur les terres de Toscane en Valdinievole dans le village de sa mère : Collodi dont le nom lui servira de pseudonyme plus tard et où il passa son enfance chez ses grands parents maternels Ozali. Gepetto travaille sur un « banco » : un « établi », qui est un des principaux instruments de travail du menuisier. Le mot italien « banco » peut signifier également un « banc » (pour s’asseoir). La Comtesse de Gencé, une des premières traductrices de Pinocchio dont le travail a servi de base aux traductions en français jusqu'à nos jours mais qui devait avoir bien peu le sens du travail manuel, fait la mauvaise traduction en traduisant « banco » par « banc » alors qu’il s’agit de toute évidence d'un « établi », une erreur à faire bondir tous les hommes de l'art.


 Il utilise les outils de menuisier : la hache bien aiguisée pour dégrossir le bois (un outil pourtant peu utilisé par les menuisiers dont le travail réclame précision et minutie), la scie, le rabot qui donne des chatouillis à Pinocchio encore sous forme de bûche, la rape à bois dans le film de Comencini. Et Pinocchio dans un accès de fureur écrase le pauvre Grillon parlant d’un coup de « martelo di legno » que beaucoup de traducteurs rendent mot à mot par « marteau de bois » alors qu’en français on parlerait naturellement de « maillet » qui est justement un marteau en bois utilisé pour frapper sur les pièces que le menuisier ou l'ébéniste assemble, par exemple, sans les marquer ni les abîmer comme le ferait un marteau de métal.

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