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mercredi 28 août 2013

Paul Chambers

Au cours d'une trop brève carrière, le contrebassiste et compositeur américain de jazz Paul Chambers a offert au hard bop un alliage idéal de force retenue, d'intelligence discrète et de musicalité débordante. Par ses dons et sa sensibilité, il se pose en héritier de Jimmy Blanton et en rival d'Oscar Pettiford. Si quelques critiques ont laissé entendre que sa justesse n'était pas irréprochable, les plus grands souffleurs de son temps, qui n'ont cessé de le réclamer, n'y ont jamais rien trouvé à redire... L'accompagnateur est sûr, efficace, attentif. Le soliste propose un phrasé à l'évidence magistrale et une rare variété de couleurs. À l'archet, ses solos dans le registre grave ont la vigueur des attaques, le swing soutenu et la richesse mélodique qu'offrent les plus grands saxophonistes, à un point tel que son style a parfois été comparé à celui de Sonny Rollins.








Paul Laurence Dunbar Chambers, Jr. – ses deux derniers prénoms constituent un hommage au grand poète afro-américain du xixe siècle – naît le 22 avril 1935 à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Sa famille s'établit à Detroit alors qu'il a treize ans. Il aborde la musique par le saxophone baryton et le tuba avant d'adopter définitivement la contrebasse. En 1949 – la valeur n'attend pas le nombre des années –, il débute dans la petite formation du guitariste Kenny Burrell tout en se produisant avec d'autres jazzmen de Detroit. En 1954, il rejoint l'orchestre du saxophoniste Paul Quinichette, avec lequel il effectue en 1955 une tournée à New York. Immédiatement accepté par la fine fleur du bop, il joue au Embers et au Birdland avec le saxophoniste Sonny Stitt et le vibraphoniste Joe Roland, accompagne le pianiste George Wallington ainsi que les trombonistes Jay Jay Johnson et Kai Winding, dont il intègre le Jay and Kai Quintet.








1955 est l'année de la rencontre décisive de Paul Chambers avec Miles Davis ; leur association durera jusqu'en 1963, période durant laquelle les chefs-d'œuvre succèdent aux chefs-d'œuvre.
Paul Chambers gagne en importance en tournant avec des musiciens comme Bennie Green, Quinichette, George Wallington, J. J. Johnson et Kai Winding. . Il enregistre plusieurs de ses classiques et notamment Kind of Blue – le premier morceau de ce disque, "So What", qui ouvre avec une brève introduction jouée en duo avec le pianiste Bill Evans, et constitue l’une de ses performances les plus notables. Par la suite, de 1963 à 1968, le jazzman joue avec le Wynton Kelly trio. Il continue aussi à enregistrer pour d’autres grands noms du jazz tout au long de sa carrière, comme John Coltrane, Art Blakey ou Sonny Rollins.
Sur la fin de sa vie, Paul Chambers devient non seulement dépendant de l’alcool mais aussi de l’héroïne. Il décède prématurément le 4 janvier 1969 d’une tuberculose, à l’âge de 33 ans.
Son importance peut être mesurée non seulement par l'ampleur de son travail dans une courte période mais aussi par sa maîtrise artistique et technique.





Paul Chambers a enregistré avec les plus importants jazzmen de son époque, notamment Cannonball Adderley, Donald Byrd, Sonny Rollins, Freddie Hubbard, Bud Powell, Bill Evans, Herbie Hancock, Lee Morgan, Art Blakey, Wayne Shorter, Paul Quinichette, Wes Montgomery, Miles Davis, John Coltrane et Art Pepper.
Il a participé à l'enregistrement d'albums notoires comme Giant Steps de John Coltrane ou Kind of Blue de Miles Davis.
De nombreux musiciens ont écrit des morceaux en hommage à Paul Chambers, on peut notamment citer:

Mr. P.C. de John Coltrane
Big Paul de Tommy Flanagan
Paul's Pal de Sonny Rollins
The P.C. Blues de Red Garland

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