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lundi 5 août 2013

Melville

Jean-Pierre Melville, de son vrai nom Jean-Pierre Grumbach, né le 20 octobre 1917 à Paris et mort le 2 août 1973 à Paris, est un réalisateur français. Il a choisi son pseudonyme en hommage à l'écrivain américain Herman Melville.
Ses films, dominés par la solitude, l'échec et la mort, sont devenus pour la plupart des classiques du cinéma français : les trois films qui forment une trilogie sur la France de l'Occupation (Le Silence de la mer, Léon Morin, prêtre et L'Armée des ombres) et les films d’hommes (Le Doulos, Le Deuxième Souffle, Le Samouraï et Le Cercle rouge).
Il naît dans une famille juive alsacienne. En 1923, alors qu'il a six ans, ses parents lui offrent une Pathé Baby. Il commence à réaliser ses premiers films en filmant ses proches.
En 1933, à l’âge de quinze ans, il décide de devenir cinéaste après avoir assisté à la projection du film épique de Frank Lloyd : Cavalcade.


   

Durant la guerre, il part rejoindre la France libre à Londres en 1942, c'est à ce moment qu'il prend le pseudonyme de « Melville » en hommage à l'auteur de Moby Dick. Après la Guerre, qu'il revendique avoir faite dans la résistance, puis en participant au débarquement en Provence, il demande une carte d'assistant metteur en scène qui lui est refusée. C'est en livrant assaut lors de la bataille du mont Cassin qu'il se serait promis de monter ses propres studios s'il en réchappait. Il devient son propre producteur et tourne un court métrage. Plus tard, il économise, achète de la pellicule et réalise, dans des conditions très précaires, son premier film : Le Silence de la mer. Sans qu'il le sache, ses méthodes de tournage sont déjà celles de la Nouvelle Vague.



                                 

Longtemps perçu comme un intellectuel, à cause notamment de son adaptation très littéraire du Silence de la mer de Vercors, au point de ressembler à Jean Cocteau le metteur en images tout désigné de ses Enfants terribles, il récusait ce terme, se percevant davantage comme un auteur.




En 1955, il crée ses propres studios, les studios Jenner, dans le XIIIe arrondissement de Paris, rue Jenner, réinventant l'usage d'un entrepôt au-dessus duquel il vit de 1953 à 1967, descendant même nuitamment préparer les plans du lendemain. Il y produit ses films jusqu'au 29 juin 1967 lorsqu'un incendie détruit les studios alors qu'il tourne Le Samouraï. Obsessionnel, il persiste à rester dans ses studios où il monte L'Armée des ombres. En 1961, il travaille avec Michel Mardore pour le producteur Georges de Beauregard à un projet intitulé "Les Don Juans", avec Jean-Paul Belmondo et anthony perkins, qu'il abandonne au profit du Doulos.



                                
                           


À la fois jovial et frigorifique, Jean-Pierre Melville se disputait souvent avec son entourage. Il s’est fâché avec un très grand nombre de ses collaborateurs. Anecdotes célèbres : Lino Ventura ne lui adressa plus la parole durant tout le tournage de L'Armée des ombres. Melville avait déclaré à la presse que Ventura avait eu de très grandes difficultés à monter dans le wagon au début du film Le Deuxième Souffle. En fait, le cinéaste avait caché à son acteur qu’il avait donné l'ordre d’augmenter la vitesse du train. Sur le tournage de L'Aîné des Ferchaux, Melville s'en prenait sans arrêt à Charles Vanel, à la suite de quoi un jour, Jean-Paul Belmondo, qui ne supportait plus toute cette histoire, prit les lunettes et le stetson de Melville, lui colla une gifle et quitta le plateau. Pendant plusieurs années, Melville siégea à la Commission de classification des œuvres cinématographiques et pourchassa toutes manifestations de la pornographie au cinéma. Il était avant tout un homme nostalgique, s'autodéfinissant comme un « passéiste » (explicitement déclaré dans le portrait qu'il composa pour André S. Labarthe) tentant aussi de réinventer à l'écran les plus forts instants de sa vie personnelle.
L' armée des ombres ici : http://lazlokovaks.blogspot.fr/2013/08/resistance.html






Mégalomane notoire aimant se composer un personnage évoquant une Amérique rêvée (il portait un stetson et des lunettes noires...), par certains aspects affabulateur, parfois tenaillé de tendances maniaco-dépressives, il fit ainsi construire une cabane en bois sur le plateau de son dernier film, Un flic, en 1971 et n'en sortait que pour diriger ses acteurs ou régler ses éclairages. Jean-Pierre Melville demanda aussi à Florence Moncorgé-Gabin, scripte sur le film, de porter une perruque car il n’aimait pas la couleur d’origine de ses cheveux…




Selon José Giovanni, il aimait à se réjouir de l’échec de ses confrères cinéastes.
L'échec cuisant d'Un flic le toucha considérablement, selon le récit qu'en a fait son ami Philippe Labro dans Je connais des gens de toutes sortes.
Il meurt, peu de temps après, des suites d'une attaque cérébrale survenue dans le restaurant de l'hôtel PLM Saint Jacques (Paris XIVe). Son décès est décrit dans le livre de Philippe Labro qui dînait avec lui. Jean-Pierre Melville repose au cimetière de Pantin.


                           

Le cercle rouge ici : http://lazlokovaks.blogspot.fr/2014/12/paul-crauchet.html

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