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samedi 10 août 2013

Les Mystères de L'Ouest

La série débute par une saison chaotique en raison de plusieurs changements de producteurs. Michael Garrison, producteur de l'épisode pilote, a créé un concept trop onéreux pour les dirigeants de CBS qui décident d'annuler la série. On ne sait comment elle ressuscite miraculeusement -mais sans son créateur-, toujours est-il qu'une bataille juridique s'engage entre les dirigeants de la chaîne et Garrison, furieux d'avoir été évincé.
Du coup, le style de la série va varier selon les producteurs qui vont se succéder. Collier Young succède à Garrison le temps de produire trois épisodes purement western, donc à l'opposé de ce que voulait faire son prédécesseur. Après plusieurs changements successifs, John Mantley donne une relative stabilité en produisant quelques épisodes de qualité orientés sur la science-fiction. Finalement, Michael Garrison obtient gain de cause et récupère sa série juste à temps pour produire le dernier épisode de la saison.



                               

Cette première mouture des Mystères conserve de ces batailles de coulisses un certain manque d'unité. Les débuts sont satisfaisants mais la série n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Autant le noir-et-blanc n'est pas gênant pour une série très noire et dénuée d'humour comme Les Incorruptibles, autant le concept des Mystères, enjoué voire loufoque, ne peut s'épanouir pleinement qu'avec la couleur. Le nombre élevé d'épisodes en version originale pose problème, le cumul de ces deux éléments ayant empêché la rediffusion de cette saison à la télévison jusqu'à la diffusion complète sur Série Club au début des années 2000.
On peut déplorer aussi le manque d'imagination des scénaristes, on a parfois l'impression de voir toujours la même histoire sous plusieurs variantes. Idem avec la musique, le faible nombre de thèmes créés donnant une impression de redite. Enfin, Artemus Gordon n'a pas encore un rôle très consistant. Néanmoins, cette première saison ne manque pas de qualités. Le mélange de western, de fantastique, d'action et d'humour propre à la série fonctionne déjà bien et permet de compenser le manque de variété des scénarios.


                                 

Mais le principal point fort est la présence dans la plupart des épisodes d'au moins une jeune femme aussi jolie que maléfique, et surtout le rapport que West entretient avec elles. N'ayons pas peur des mots, dans les premiers épisodes Jim a un comportement presque idiot, n'hésitant pas à laisser en liberté de dangereuses criminelles sous prétexte qu'elles ont du charme. Il a aussi tendance à pardonner bien trop facilement à celles qui rentrent dans le droit chemin, bien que la plupart aient tenté de le tuer. Heureusement, les scénaristes ont rectifié le tir par la suite. Du coup, ce rapport particulier avec les actrices, ainsi que la beauté et les qualités de ces dernières donnent un charme particulier à cette saison. Cet aspect sera quelque peu atténué par la suite.



La série atteint sa vitesse de croisière au cours de cette deuxième saison, incontestablement la plus réussie.
Plusieurs améliorations notables ont été apportées, parmi lesquelles on peut citer :
Bien sûr, le passage à la couleur, essentiel pour une série aussi vivante et enjouée. À cette occasion, les vignettes de fin d'actes vont évoluer. Constituées d'images figées au cours d'une dizaine d'épisodes, elles redeviennent des dessins comme dans l'épisode pilote, mais désormais les dessins sont des parfaites copies de l'image de fin d'acte, sur laquelle ils viennent se superposer. Ces dessins perdureront sous cette forme jusqu'à la fin de la série pour notre plus grand bonheur .


                                      

Le rôle plus important joué par Artemus Gordon. Au cours de la première saison, Artie était nettement en retrait par rapport à West. Désormais, les deux partenaires sont à égalité, Ross Martin joue enfin des rôles à la mesure de son talent. Quelques-uns de ses déguisements vont marquer les esprits, même si ce n'est pas le seul aspect de son personnage.
L'esprit original de la série est parfaitement respecté. C'est en effet au cours de cette saison qu'on trouve le moins d'épisodes purement western mais offrant un agréable mélange mi-espionnage, mi-fantastique agrémenté d'humour, de charme, d'excentricité et d'inventions spectaculaires. Le changement de producteur en cours de saison dû au décès accidentel de Michel Garrison n'a eu aucun impact, Bruce Lansbury continuant dans la voie tracée par son prédécesseur.


                                

Un gros effort a été fourni sur les scénarios. La première saison comportait trop d'histoires se ressemblant, le scénario typique « un ambitieux monte une armée de mercenaires pour s'emparer d'un territoire » étant maintes fois exploité sous des formes différentes. Au contraire, la deuxième saison va déployer des trésors d'imagination et offrir des récits particulièrement variés, de même que nombre d'inventions délirantes : soucoupe volante, machine à rapetisser les humains ou à voyager dans le temps, appareils de torture divers…
Les adversaires rencontrés par West et Gordon sont pour la plupart de grande envergure. Même si on en verra de très intéressants au cours des autres saisons, il faut avouer que celle-ci est particulièrement riche avec son lot de savants fous et de mégalomanes. Des méchants comme le comte Manzeppi, le docteur Faustina, Gustave Mauvais, le marquis Philippe de la Mer, le juge Mac Guigan, le sénateur Stephen Fenlow, Braine ou Talamantes sont des figures marquantes de la série.
Le succès de la première saison a conduit des acteurs célèbres à accepter un rôle de vedette invitée, ce qui permet de voir notamment Ida Lupino, Sammy Davis Junior ou Agnès Moorehead. Même les acteurs moins connus jouent parfaitement les « guest villains », à l'image de Theodore Marcuse ou Donald Woods.

Enfin, la bande musicale n'a plus rien à voir avec celle de la première saison, où Richard Markowitz s'était la plupart du temps contenté de simples variations du thème principal. Ici, Morton Stevens et Richard Shores ont composé des thèmes nombreux et variés, tous de grande qualité. Stevens fut le plus présent avec une musique à base de cuivres alors que Shores était plus axé sur les claviers, cordes et percussions. Et Jack Pleis ajouta sa touche personnelle sur les épisodes à univers oriental.

La suite et plus ici : http://theavengers.fr/index.php/hors-serie/annees-1960/les-mysteres-de-l-ouest

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