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mercredi 7 août 2013

Le train


Le train inspire des scénaristes et les cinéastes. Que ce soit à titre de décor, d’objet, de symbole. Que ce soit dans un cadre historique, futuriste ou du quotidien. Que ce soit pour ralentir ou accélérer le temps. Voici quelques tranches de vie ferroviaire cinématographiques qui ont marqué les esprits et les écrans.
Ne boudons pas notre plaisir de rappeler que le premier film de l’histoire du cinéma a pour sujet le train. En effet, l’Arrivée du Train en Gare de la Ciotat a été une véritable révolution orchestrée par les frères Lumières et qui a, lors de ses premières projections en 1895, créé de véritables paniques chez les spectateurs pensant que le train arrivant sur eux allait les écraser.




                                   

                                              


Le mécano de la General :
Johnny Gray chérit autant la General, sa locomotive, qu'Annabelle, sa bien-aimée. Quand éclate la guerre de Sécession, il veut s'engager dans l'armée. Buster Keaton a toujours avoué un petit faible pour ce film en forme d'autoportrait paradoxal. Fini les allusions aux numéros de voltige que son père lui imposa dès le plus jeune âge. Buster Keaton prouve qu'il est devenu adulte et livre sa ­réflexion sur la guerre. Le Mécano de la General s'inspire d'un fait réel. En 1862, des espions nordistes prirent d'assaut une locomotive, à la gare de Big Shanty, près d'Atlanta.
Avec une minutie déontologique et dépensière (le plan de l'effondrement du train, tourné en grandeur nature, fut l'un des plus chers du cinéma muet américain), Buster Keaton a reconstitué la guerre de Sécession dans ses détails, en décors réels, dans l'Oregon. Devant cette toile de fond grouillante et incroyablement réaliste, il offre un one-man-show exceptionnel, qui n'est autre qu'un appel au droit à l'individualité, même en temps de crise, où le suivisme est roi.


                                                                                      
Autre grand mythe le couple homme-machine brillamment mis en scène par Jean Renoir en 1938 dans La Bête humaine. Ce couple est d’autant plus iconique qu’il est joué respectivement par le monstre sacré Jean Gabin et l’Historique locomotive à vapeur.
La bataille du rail quant à lui met en scène les opérations de sabotage du réseau ferré par les résistants durant la seconde guerre mondiale. En 1945, René Clément met au cœur de son récit des cheminots et leur action héroïque pour empêcher les convois nazis de traverser la France.
La ruée vers l’or, le Far West, les grands espaces, les Etats-Unis ont fait du train l’un des instruments de la conquête de l’Ouest et le cinéma lui a donné à mainte reprises une place de choix. En 1903, le premier western de l’histoire s’intitule ainsi The Great Train Robbery ! Et qui ne se souvient pas, dans Mon Nom est Personne, de Jack Beauregard (Henry Fonda en 1973) seul face à 150 cavaliers en armes, et entre eux une voie de chemin de fer et un train qui viendra délivrer notre héros solitaire de ce duel pas si déséquilibré. Et ne parlons pas du Train sifflera trois fois ou encore du train « gadget » des 2 agents fédéraux des Mystères de l’Ouest.


   
                

Personnes n’a oublié cette scène proprement hallucinante à la fin de Mission Impossible, le film de Brian de Palma (1996), qui voyait Tom Cruise finir un combat titanesque sur le nez d’un TGV lancé à pleine vitesse les pales d’un hélicoptère venant lui frôler le visage. Mais le train a régulièrement été le terrain de jeu des films d’action et à grand spectacle.
Le train (1964) :
Film de John Frankenheimer (USA/France/Italie, 1964). Scénario : Albert Husson, Franklin Coen, Frank Davis et Walter Bernstein, d'après Rose Valland. Musique : Maurice Jarre. 140 mn. NB. VF. Avec Burt Lancaster, Jeanne Moreau, Michel Simon, Paul Scofield, Wolfgang Preiss, Suzanne Flon.
Genre : résistance.
Août 1944. Devant l'avance menaçante des troupes alliées, le colonel von Waldheim fait entasser dans un train spécial les tableaux qui se trouvaient au musée du Jeu de paume pour les acheminer vers l'Allemagne. Mademoiselle Villard, qui avait la charge de ces chefs-d'oeuvre, contacte la Résistance...


   



Le Train oppose deux hommes, deux volontés farouches : un colonel allemand qui veut, coûte que coûte, conduire en Allemagne ce train spécial bourré de chefs-d'oeuvre, et un résistant français, qui va tout mettre en oeuvre pour l'en empêcher. La reconstitution est très habile, et l'on suit l'histoire avec passion. Cette odyssée désespérée se termine près d'une voie de chemin de fer, au milieu de caisses marquées Cézanne, Degas, Renoir et Braque. Un décor à la fois dérisoire et grandiose.





                






Les attaques de trains ont toujours été prisées, de l’Attaque du Train d’Or (1979) au Cerveau (1969), en passant par Money Train (1995), ces forteresses roulantes offrent régulièrement un lieu d’action idéal entre vitesse, espace clos et exploit.

Les américains ont aussi transformé à plusieurs reprises le train en véritable acteur comme en 2010 dans Unstoppable ou Tony Scott met en scène Denzel Washigton et Chris Pine qui vont, dans une véritable course contre la montre, tenter de stopper un train fou qui transporte des produits toxiques.
Enfin, il était impossible de passer à coté du plus iconique des « action man », à savoir James Bond. L’agent secret britannique a très fréquemment traversé des gares, pris le train, évité des trains, sauté au dessus de trains. Pour son dernier opus, Skyfall (2012), le serviteur de sa majesté termine une poursuite débutée en moto sur le toit d’un train pour un combat que pour une fois il ne gagnera pas. Mais ce n’est que l’introduction du film !


   


Le Train est un film franco-italien réalisé par Pierre Granier-Deferre, sorti en 1973.
Le Train est tiré du roman éponyme de Georges Simenon.
le film commence dans le village de Fumay dans les Ardennes au début de l'offensive allemande à travers la Belgique. On voit passer des réfugiés belges dans un climat très calme et sous un grand soleil. Julien Maroyeur est réparateur de postes de radio et sa femme Monique est enceinte. L'exode étant décidé, ils se rendent à la gare. Monique et leur fille ont le droit de monter dans une voiture de première classe, mais Julien doit monter dans le dernier wagon. Un fourgon où se trouvent déjà Julie, une prostituée et d'autres voyageurs. En attendant qu'une locomotive soit attelée, Julien va voir sa femme et sa fille dans leur wagon en tête du train. C'est quand il revient et remonte dans le wagon qu'il découvre Anna, une belle jeune femme mystérieuse. Le train roule vers le sud. Lors d'un arrêt pour charger de l'eau, ils doivent accueillir d'autres réfugiés dont une jeune mère allaitant son bébé. Julien est intimidé par la beauté et le caractère mystérieux d'Anna.
Dans une grande gare, le train doit s'arrêter toute la nuit pour laisser passer des convois militaires. Le train est coupé en deux et Julien séparé de sa femme et de sa fille.
Des soldats interdisant au conducteur de passer sur un pont sur la Loire, Julien se propose pour conduire le train de l'autre côté du fleuve, ce qui lui est accordé. Il regagne son wagon sous les applaudissements.
Le train est arrêté par un bombardement. Tous descendent et sous l'émotion, Anna se retrouve dans les bras de Julien. Ils font l'amour dans la nuit.
Le voyage se poursuit plutôt joyeusement, mais le train est mitraillé et plusieurs voyageurs sont tués, dont la jeune mère. Finalement, le train arrive à la Rochelle.
Julien fait passer Anna pour sa femme afin qu'elle ne soit pas internée. Ils se rendent à l'hôpital où est soignée Monique qui a accouché. Mais pendant que Julien va voir sa femme, Anna s'en va et disparait.
Julien reprend sa vie quotidienne avec sa femme dans les Ardennes. Mais en hiver 43, il est convoqué par la police qui lui montre de faux papiers au nom de sa femme et avec la photo d'Anna. Julien commence par nier la connaitre, mais le policier les met en présence. Après un instant, sans parler, Julien reconnait implicitement Anna en lui caressant la joue.

  
         
          
Au coeur du quotidien et de la vie des citoyens, les cinéastes n’imaginent pas que le futur se fera sans le train. Ils en proposent régulièrement une réinterprétation fantasmée pour un avenir proche ou lointain.
Dès 1936, Fritz Lang offre une vision de la ville du futur dans Metropolis. Ce film d’anticipation allemand nous projette au milieu d’une société robotisée, dans une cité tentaculaire aux buildings ultramodernes (pour l’époque) et où le train tient une place de choix.
Total Recall, en 1990, présente le train comme le seul moyen de transport sur une planète Mars colonisée mais à l’atmosphère létale. Et pour le remake de 2012 de ce même film, là encore le transport des citoyens est assuré par train, ou plutôt une forme de train – The Fall - qui permet de traverser la terre de part en part en passant par son noyau.


   


La grande attaque du train d'or :
Une régalade. Dans l'Angleterre victorienne, quand un jovial gredin grimé en parfait homme du monde traverse la misère populaire de la glorieuse ère industrielle pour commettre un sacrilège le bourgeois s'indigne. Le peuple se gausse et applaudit. Nous, on jubile. Le sacrilège, c'est bien entendu un vol. Il faut entendre Connery répondre au président du tribunal qui l'interroge sur les mobiles de l'odieux forfait : "mais... l'argent monsieur le président ! " Au passage, le scénario brocarde sans prendre de gants une société cramponnée à son héritage moyenâgeux, glisse une caméra impitoyable dans les rangs de spectateurs d'une exécution capitale baignée d'une effroyable liesse populaire ou encore exhibe des ouvriers qui n'ont pour dormir que des cordes à linge passées sous les bras. Une caméra cynique dans un monde de désespérés, mais un objectif virevoltant, alerte, avide comme une steadycam accrochée aux basques d'un Edward Pierce-Connery goguenard et plus fripon qu'un lupin.. Les décors sont terriblement british et les acteurs ont l'air de sortir tout droit de la naphtaline qui les aurait miraculeusement préservés jusqu'au premier tour de manivelle. Ca rit noir. Mais de bon coeur..


                     

   

Les techniques d’effets spéciaux permettant de concrétiser à l’écran à peu de choses près toutes les folies, l’imagination sans borne des scénaristes et cinéastes a permis d’offrir sur grand écran des trains « pas comme les autres ». Ainsi, on a pu voir des trains volants comme dans Retour Vers le futur 3 (1990) ou dans Le Pôle Express (2004), un quai de gare et un train que seuls les sorciers peuvent emprunter (saga Harry Potter – 2001 à 2011), un train fantôme qui vient chercher un vieil homme pour son dernier voyage (Histoires fantastique – 1985) ainsi des trains de rêve ou de cauchemar, tel celui conçu par le designer HR Geiger pour une séquence cauchemardesque de La Mutante (1995).
Source : http://www.sncf.com/fr/presse/article/le-train-au-cinema

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