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vendredi 9 août 2013

L'Auberge rouge

1833: la famille Martin tient une auberge en pleine montagne. Le père et la mère assassinent les voyageurs pour les voler, aidés dans cette besogne par leur domestique. Une nuit, un moine frappe à la porte de leur établissement où s'est déjà réfugié un groupe de voyageurs. La mère Martin, tourmentée par sa conscience, décide de se confesser au moine qui, tenu au secret, se retrouve dans une situation impossible!
L'Auberge rouge est une comédie insolente et croustillante, mais l'histoire vraie dont le film s'inspire fait froid dans le dos ! Jugez plutôt. Le 2 octobre 1833, les époux Martin et leur domestique sont décapités devant leur propre ferme, l'auberge de Peyrebeille. À l'époque, le trio est accusé d'avoir assassiné les voyageurs qui avaient eu le malheur de trouver refuge sous leur toit. Une histoire sordide qui fait rapidement le tour du pays et qui alimente alors les ragots les plus fous, notamment sur le nombre réel des victimes qui auraient été éparpillées autour de l'établissement. Le débat est d'autant plus ouvert que la culpabilité des époux diaboliques ne reposait que sur un seul et unique cadavre... d'ailleurs retrouvé à quelques centaines de mètres du gîte.



              
Avec une affaire criminelle aussi tordue, il y avait matière à faire un film noir ou un film d'épouvante. Claude Autant-Lara a préféré opter pour la comédie. Mais une comédie satirique et amorale qui met un point d'honneur à égratigner toutes les petites lâchetés humaines et les deux plus grandes institutions de l'époque (de toujours ?) : le clergé et la bourgeoisie.
Le casting est à la hauteur des ambitions acides de l'entreprise : gouailleur et farouchement décalé. Comment résister aux mimiques d'un Fernandel grimé façon Chaussée aux moines qui tente tant bien que mal de prévenir les malheureux voyageurs du triste sort qui les attend au détour d'un rêve ? Comment ne pas être à la fois effrayé et enflammé par le tandem Carette/Françoise Rosay, des acteurs plus vrais que nature dans les vêtements de Pierre et Marie Martin, des bourreaux impitoyables prêts à tout pour mettre quelques sous dans leurs poches ?


                             


Comment rester de marbre face au charme de la jeune et jolie Mathilde Martin (Marie-Claire Olivia), l'innocente fille des aubergistes à qui l'on donnerait le Bon Dieu sans confession ? Un casting 4 étoiles qui nous emmène fréquemment au firmament de la fantaisie tant les comédiens semblent se confondre avec leurs personnages, des mécréants uniquement motivés par leur estomac et par l'appât du gain.
Baignant dans une atmosphère comico-macabre du meilleur effet, L'auberge rouge nous régale régulièrement de son humour noir, de ses dialogues finement ciselés ( "Si on assemblait tous les tibias de saint François que l'on montre dans les églises, ce ne serait plus un saint mais un mille-pattes !"), de sa musique lancinante et de sa photographie splendidement poisseuse qui donne vraiment l'impression "d'y être". Malgré quelques petites longueurs à la fin - la scène du mariage traîne un peu des pieds - , ce huis clos fonctionne encore admirablement bien, preuve que l'ironie est de loin la meilleure parade pour appréhender la bêtise humaine !


               


Fidèle à ses habitudes de provocateur, Claude Autant-Lara transforme une affaire criminelle tristement célèbre en une farce joyeusement lugubre qui n'épargne rien ni personne. Emmené par un Fernandel en pleine forme, le petit comité noctambule nous amuse autant qu'il nous fait rire jaune, la satire sociale se mêlant souvent à l'humour le plus noir. Une bonne adresse que cette auberge-là... à condition de ne pas y séjourner trop longtemps.
Source : http://ecrannoir.skyrock.com/tags/emU0jwHEsmk-Fernandel.html

1 commentaire:

  1. http://bayfiles.net/file/10Fld/Y2Ov9G/www.libertyland.tv--L%27Auberge-Rouge-%28Fernandel%29--www.libertyland.tv_QZcrbDjZ9X.rar
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