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vendredi 30 août 2013

Wenceslas Vorobeïtchik


Après des études d'agronomie, Georges Lacombe devient journaliste puis assistant de René Clair et de Jean Grémillion.
En 1928, son premier court-métrage, La Zone, lui vaut l'estime de l'avant-garde qui a précédé l'avènement du cinéma parlant. Dans ce documentaire d'ambiance populiste, Lacombe fait triompher un cinéma teinté de cruauté qui, par la suite, va perdre de sa force. Ses courts-métrages suivants, Bluff en 1929 ou Boule de gomme deux ans plus tard, sont encore marqués par l'influence de René Clair. Puis il s'attaque à des genres très divers. Ce cochon de Morin en 1932, est une adaptation de Maupassant. La Femme invisible l'année suivante est une comédie de boulevard. Avec Jeunesse (1934), dont il a écrit le sujet, il renoue avec son genre préféré : le tableau de la vie populaire. Mais ce film qui tient à la fois du documentaire et de la fiction pèche par un ton trop complaisant et trahit un populisme forcené. En 1939, Les Musiciens du ciel, consacré à l'Armée du Salut, s'impose comme le meilleur film de ce registre. De manière inattendue, Lacombe réalise deux ans après un policier, Le Dernier des six, une adaptation tirée du roman de Steelman : Six amis ont gagné au jeu. Ils décident de partager la somme, et de se séparer aux quatre coins du globe pour la faire fructifier. Rendez-vous dans cinq ans. Au moment de se revoir, et de mettre les fortunes en commun, un inconnu tue l'un d'eux, et jette son cadavre à la mer. 

   

Un deuxième est abattu, mais son cadavre a disparu. Le commissaire Wens est chargé de l'enquête. Les quatre restants sont réticents à l'aider, mais le meurtre d'un troisième membre va les faire changer d'avis. Avec son encombrante petite amie, Mila-Malou, Wens va aller de surprise en surprise tout au long de ses investigations.
D'après un scénario de Henri-Georges Clouzot, qui réalisera un an plus tard L'assassin habite au 21, où l'on retrouvera Pierre Fresnay dans le rôle du Commissaire Wens, détective humoristique, distingué et astucieux et sa petite amie délurée Mila Malou interprétée par Suzy Delair, Le dernier des six est un des premiers films produit par la Continental Films, sous l'occupation allemande.
La mise en scène de Lacombe rend parfaitement l'atmosphère oppressante et lourde de menaces qui pèsent sur chacun des membres, et le suspense est très bien amené...


                               


Dans Paris, un assassin rode et commet des meurtres à n’en plus finir en signant « Mr Durand ». De nombreuses personnes sont mises sur l’affaire dont le commissaire Wens qui découvre rapidement que le tueur se trouve dans la Pension Des Mimosas. Il se déguise alors en curé et commence son enquête tandis que sa femme le rejoint dans sa quête. Il pense alors avoir trouvé son criminel en la personne de Colin mais les crimes subsistent …
En 1942, un jeune réalisateur se lance avec son premier film, L’Assassin Habite Au 21, un thriller proche de ceux d’Agatha Christie, avec une troupe d’acteurs exceptionnels et un récit superbement ficelé. Ce cinéaste était Henri-George Clouzot et le cinéma français découvrait alors un de ses plus grands réalisateurs.







   


Pour la distribution, le jeune cinéaste fait confiance à des grandes valeurs sûres du cinéma français tel que Pierre Fresnay, Jean Tissier, ou Pierre Larquey. Après la trilogie Marseillaise, on retrouve le grand Pierre Fresnay (Marius, Fanny, César, Chéri bibi, La Grande Illusion, Le Dernier Des Six, Le Corbeau, …) dans le rôle du commissaire Wens qui se voit confier l’affaire « Mr Durand ». Grâce à ses contacts et à son assurance, il trouve la planque du tueur et se transforme en curé pour se fondre dans le groupe d’habitant de la Pension.



                                

Fresnay y est exceptionnel tellement il interprète avec classe les différentes facettes, il donne à son personnage un côté loufoque notamment lorsqu’il se transforme en curé, le côté sérieux du policier menant son enquête, mais la vraie perle de la performance de Fresany est dans son amour avec Suzy Delair. Un couple quasiment improbable tellement les deux s’opposent, toujours dans la dérision et un amour qui semble tout de même passionnel, Fresnay est extraordinaire, on se souviendra de la tête qu’il fait lorsqu’il la découvre durant sa bénécité. Fresnay donne alors beaucoup d’humanisme à son personnage et le rend tout à fait crédible. Là est la force de sa performance dans cette ambivalence entre sa sérénité et sa tension qui grimpe dans le rôle du policer qui mène son enquête et l’humour qu’il dégage dans sa vie de couple. Il apporte en plus une touche de cynisme assez délicieuse. L’acteur laisse exploser son talent en gardant une grande justesse et nous donne  un final de classe international. Un acteur d’une classe et d’une présence exceptionnelles.         
           
Dans son couple détonnant, il est secondé par Suzy Delair (Quai Des Orfèvres, Lady Paname, Les Aventures De Rabbi Jacob, …) qui est pour ce film en total roue libre, complètement déjantée, délicieuse, impertinente,…  Avec sa voix parisienne, elle impose par sa présence admirable, chacune de ses apparitions est touchée par la grâce et que dire de sa capacité vocale. Jalouse, boudeuse, irrévérencieuse, la performance de Delair est un petit bijou tellement elle y est détonante et tellement elle apporte toute une fraicheur au film.



                


 On se souviendra de ses sautes d’humeur d’une grande maitrise. Un nouvel acteur parisien fait son apparition dans la distribution, c’est le génial Jean Tissier(La Veuve Couderc, La Petite Chose, La Garçonne, …) en fakir Lallah Poor. Complètement décalé dans son rôle d’illuminé, Jean Tissier assure dans un jeu tout en finesse, assez ironique avec une grande classe. On retrouve un des grands complices d’Henri-George Clouzot, Pierre Larquey  (Quai Des Orfèvres, Le Corbeau, La Main Du Diable, Les Diaboliques, …) dans le rôle de l’artisan Colin, un homme qui adore les ragots et qui est le premier suspecté d’être Mr Durand. Comme à son habitude, Larquey apporte beaucoup de tendresse à son personnage comme s’il portait tout le malheur sur son dos. Ses disputes avec le docteur Linz sont de grands moments d’interprétation, on retiendra la célèbre : « -Vous faites l'apologie du crime! - Non, de l'hécatombe. En rythme industriel ». Le docteur Linz est interprété magistralement par Noël Roquevert (Le Corbeau, Fanfan La Tulipe, Les Diaboliques, Marie-Octobre, Cartouche, Un Singe En Hiver, Le Viager, …)  tout en noirceur, pulsion, nervosité et pessimisme.

La réalisation de L’Assassin Habite Au 21 est signée par le maître du polar français, Henri-George Clouzot (Le Corbeau, Quai Des Orfèvres, Le Salaire De La Peur, Les Diaboliques, Le Mystère Picasso, La Vérité, …). Après l’écriture de nombreux scénarii, Clouzot se lance définitivement dans la mise en scène avec son premier thriller de hautes volées. Dès son premier film, on reconnait rapidement le style de Clouzot entre une photographie sublime, un suspens haletant, un récit très bien ficelé, des dialogues d’une grande finesse et très corrosifs et des plans d’une grande puissance. Pour la photographie, Armand Thirard nous livre une bien belle image en noir et plan, Clouzot se charge de jouer parfaitement avec les ombres et les lumières, les plans extérieurs dans la pénombre sont d’une grande beauté. 


                                   


Mené tambours battants, L’Assassin Habite Au 21 a un rythme effréné,  on est tout de suite mis dans le bain avec un meurtre dès les première secondes et on a l’impression que le film dure une trentaine de minutes. Ensuite Clouzot met en place son cluedo dans la Pension avec des personnages des plus loufoques et joue parfaitement sur les fausses-pistes et les faux témoignages pour augmenter la complexité de l’intrigue et donc accentuer la tension. Il créé une ambiance néfaste où les mensonges sont légions et où la nervosité et la tension sont omniprésentes. Allant de rebondissement en rebondissement, l’intrigue arrive à son apogée à la toute fin avec un finish d’un très grand niveau. Les dialogues tous aussi savoureux les uns que les autres et sont très corrosifs comme à l’habitude de Clouzot lançant des pics à tout le monde.
Le scénario a été coécrit par Henri-Georges Clouzot et Stanislas-André Steeman d’après le roman éponyme de ce dernier.
Premier film, et premier grand coup pour Henri-George Clouzot avec L’Assassin Habite Au 21, il y pose ses fondamentaux, ses thèmes et son style. Il récidivera avec son grand chef d’œuvre un an après, Le Corbeau.
Source : http://blogaudessusducinema.over-blog.fr/article-critique-l-assassin-habite-au-21-103432610.html

1 commentaire:

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