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mercredi 14 août 2013

La Nuit fantastique





La Nuit fantastique est un film français réalisé par Marcel L'Herbier, sorti en 1942.
Pionnier du cinéma, Marcel L'Herbier tourne déjà depuis plus de 25 ans lorsqu'il réalise en 1942 La Nuit Fantastique. Cinéaste expérimentateur aimant tirer le mélodrame aux frontières du fantastique grâce à un art consommé de l'escamotage et de la surimpression, L'Herbier sut prendre l'arrivée du son pour la course à l'armement qu'elle était et continua à dérégler des récits en apparence légers, mais qui en disent long là où ils cherchent à s'échapper.
Denis est étudiant en philosophie et travaille la nuit aux Halles à Paris, épuisé il s'endort fréquemment et aperçoit en songe toujours la même jeune femme vêtue de blanc qui s'échappe. Obsédé par cette image et gagné par la fatigue il délaisse de plus en plus sa compagne. Une nuit, lors d'un sommeil plus profond, il suit la femme en blanc qui l'entraîne dans un univers fantastique...





                      
La Nuit FantastiqueSorti au pic de ce qui fut (l'Occupation) un véritable âge d'or pour les exploitants, La Nuit Fantastique est une pure fantaisie à l'onirisme joueur: un homme dort et rêve. Et prend son rêve pour une réalité, l'habileté du film résidant dans le démontage progressif des parois du-dit rêve. Ainsi, Denis, notre héros étudiant en philosophie, semble quasi narcoleptique et tombe littéralement de sommeil. Le sommeil ici presque réduit à officier en running gag glisse peu à peu vers la menace d'un réveil qui marquerait la fin de l'aimable sortilège, zone de tension au faux détachement. Denis ne cessera plus de prier dans un sourire que rien ne vienne le tirer des bras de Morphée.

La Nuit FantastiqueUne scène à la bascule. Après moult péripéties de demi-sommeil qui lui valent étiquette lunaire et quolibets, Denis plonge une bonne fois pour toutes. Sur les talons de la femme de ses rêves, il entre dans une auberge en apparence tranquille mais qui se révèle restaurant bourgeois, ambiance compassée et distante, distorsions spatio-temporelles comprises. Ici, on parle à l'envers sous des lumières découpées. Après avoir traversé un couloir d'éternité, Denis se joint à l'assemblée et la bande retrouve lentement son cours en se remettant péniblement à tourner à l'endroit. L'occasion d'admirer Saturnin Fabre dans un étonnant numéro d'ogre séducteur.


                                   

La Nuit FantastiqueQui dit acmé dit forcément redescente. Malicieux, L'Herbier opte alors pour un long démontage progressif et systématique de la zone onirique, composant de quiproquos burlesques en joutes inquiétantes (le danger se fait de plus en plus concret; la menace, présente) et laissant la fin résonner tantôt comme une victoire du rêve (elle existe!), tantôt comme sa reddition (elle existe...), faisant ainsi de son œuvre quelque chose de plus qu'une simple projection: un miroir où le spectateur, pris délicatement en otage, se voit sommer de répondre à la question de quoi vos rêves sont-ils fait?
Source : http://blogofterror.blogspot.fr/2012/03/la-nuit-fantastique-marcel-lherbier.html

1 commentaire:

  1. http://www.vivlajeunesse.fr/article-la-nuit-fantastique-rapidshare-fileserve-98608486.html

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