.

.

jeudi 8 août 2013

bourbon street



Avec l'aide du fantôme de Louis Armstrong, un vieux jazzman de la Nouvelle Orléans parvient à reformer un quartet de virtuoses. Début d'un somptueux et vibrant diptyque réaliste, en hommage au jazz et à la musique.
L'histoire : Ce jour là de 1997, le vieux guitariste Alvin se pointe d'un pas décidé, dans un bar du « carré » français de la Nouvelle Orléans, un journal à la main. A l'intention de ses amis Oscar et Daroll attablés, d'anciens artistes de jazz oubliés, il pointe un article sur le succès du Buena Vista Social Club. Épaté par la réussite de ce groupe de papys cubains, il a tout simplement décidé d'en faire autant ! Mais il a besoin d'eux... ainsi, surtout, que de son vieux compère de jazzband Cornélius. Or Cornélius, ça fait près de cinquante ans que plus personne ne l'a revu.

 De toute façon, Oscar et Daroll ne croient pas franchement non plus à cette idée de jazzband reformé. Il faut attendre qu'une amie décroche du mur de son bar la trompette mythique de Cornélius, avec une fleur de magnolia gravée dessus, pour que Daroll émette une hypothèse. Il pense que Cornélius est désormais pompiste dans une station miteuse d'une route paumée. C'est effectivement là qu'Alvin le retrouve et tente de le convaincre. Ensembles, ils évoquent le passé, le souvenir de la belle Angelina tragiquement disparue en cette année 1948. Depuis le mystérieux accident, Cornélius a juré de ne plus jamais toucher à une trompette. Il croisera pourtant un peu plus tard e fantôme de Louis Armstrong, qui trouvera les mots...
Aperçu icihttp://www.avoir-alire.com/les-fantomes-de-cornelius-bourbon-street



                                

  Avec ce baroud de vieux jazzmen de la Nouvelle Orléans, qui reforment un quatuor pour renouer avec le succès, la collection grand angle de Bamboo nous offre une pure pépite ! Tout d'abord, le sujet permet un vibrant hommage à un style musical peu à la mode, mais pointu : le jazz, façon New Orleans. Pour nous guider dans ce contexte, à travers les flashbacks (les années 1910, 1930, 1940...) et jusqu'au présent de 1997, le narrateur invoqué est prestigieux : 



il n'est autre que le fantôme de Louis Armstrong himself, qui raconte comment il est intervenu pour « aider une cause qui en vaut la peine ». Premier choc : Alexis Chabert livre ici un dessin réaliste uniquement crayonné, archi peaufiné, où le moindre arrière-plan, la moindre posture ou expression faciale ont été savamment étudiés avant d'être couchés sur le papier. Un cahier annexe de croquis préparatoires et de photos permet de mesurer le travail et l'exigence de l'artiste, pour que tout « sonne » juste.





                                 

En BD comme en musique, c'est en effet la somme des détails qui fait la différence. Sébastien Bouet réalise ensuite la colorisation, aux teintes parfois sépia, directement sur ce minutieux travail de joaillier, pour un rendu final vraiment somptueux. Le scénariste Philippe Charlot est à l'origine guitariste professionnel et essayiste à ses heures. Pour sa première incursion dans le 9e art, il adapte une de ses nouvelles et il le fait d'emblée avec talent et maturité. Ses choix narratifs sont les bons, sa rythmique impeccable, ses dialogues soignés et élégants, bref il est parfaitement « dans le ton ». On se réjouit d'apprendre qu'il a signé pour 2 autres séries à paraître (l'une avec Glénat, Harmonijka, annoncé pour septembre 2011 ; l'autre avec Dargaud, Karma y Salsa, pour 2012). Il paraît que ça parlera musique...
Bonus : http://www.ici-tele.com/television-locale-pau/toutes-nos-videos/84-culture-loisir-sortie-pau/124-philippe-charlot-bourbon-street-expo-bachi-bouzouk.html

1 commentaire: