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mardi 30 avril 2013

Dimitri Tiomkin

Dimitri Tiomkin est un compositeur et producteur ukrainien, né le 10 mai 1894 à Krementchouk (aujourd'hui en Ukraine) et décédé le 11 novembre 1979 à Londres (Royaume-Uni).
"Alamo", "Les canons de Navarone", "Les 55 jours de Pékin" sont quelques-unes des superproductions orchestrées par Dimitri Tiomkin, un des géants de la musique hollywoodienne. Né à l’aube du 20ème siècle en Russie, Dimitri Tiomkin gagne les Etats-Unis dans les années trente, où il s’impose rapidement comme l’un des grands compositeurs hollywoodiens de l’âge d’or, aux côtés de Max Steiner, Miklos Rozsa et quelques autres. Titulaire de nombreux oscars, notamment pour "Le train sifflera trois fois", "Alamo" ou "Le vieil homme et la mer", il aura privilégié un style symphonique parfois emphatique mais parfaitement adapté aux superproductions comme "La chute de l’empire romain" ou "Les canons de Navarone".


                                            

On sait peu de choses sur l'auteur des rengaines de cow-boys du Train sifflera trois fois (1952), de Fred Zinnemann, de Rio Bravo (1959), d'Howard Hawks, d'Alamo (1960), de John Wayne, ou du générique du feuilleton Les Mystères de l'Ouest (1965-1969) - parmi de nombreux autres westerns -, est un... Ukrainien. Mais avant, Dimitri Tiomkin  avait eu une carrière classique : pianiste, il avait travaillé au conservatoire de Saint-Pétersbourg, puis à Berlin - où il joua le Deuxième concerto de Liszt avec l'Orchestre philharmonique -, et assuré, à l'Opéra de Paris, la création française du Concerto en "fa" de Gershwin. Tiomkin devint pourtant l'un des membres les plus importants de la cohorte de musiciens immigrés - juifs pour la plupart - qui constituèrent, notamment après l'avènement du régime nazi, en 1933, l'essentiel des troupes fournissant de la musique aux studios hollywoodiens.


                                 

Tiomkin compose sa première musique de film en 1930, Our Blushing Brides. En 1933, il fait la bande sonore musicale de la toute première version du film, Alice au pays des merveilles, en 1933. En 1939, il fait la musique de Mr. Smith au Senat, de Frank Capra.
Une présence massive de compositeurs de haut rang à Hollywood dont certains, comme Erich Wolfgang Korngold (1897-1957), avaient connu, avant de quitter l'Europe, la gloire dans les salles de concert et d'opéra, coïncidait avec le rebond de l'industrie cinématographique, en 1933, après le krach boursier de 1929.
En 1938, pour le film Les Gars du large, d'Henry Hathaway, Tiomkin fait des recherches sur les musiques indigènes des "Peaux-Rouges" et convoque des représentants de cette communauté en son salon afin de s'imprégner de leurs traditions. S'inspirant de leur exemple, il parvient à leur faire jouer une musique de son cru, qui effraierait les ethnomusicologues d'aujourd'hui mais fait alors sensation. Inévitablement, Tiomkin est vite préposé aux films à thématiques "exogènes", notamment celle des westerns, dans lesquelles il excelle, mêlant ballades irlandaises, espagnolades à la mode mexicaine et musiques de combat solidement charpentées. La liste de ses contributions au genre laisse pantois : à ceux déjà cités, ajoutons Le Cavalier du désert (1940), de William Wyler, Duel au soleil (1946), de King Vidor, La Rivière rouge (1948), d'Howard Hawks, Giant (1955), de George Steven...




Dimitri Tiomkin compose les musiques de grandes œuvres cinématographiques des années cinquante, comme Cyrano de Bergerac, de Michael Gordon, L'Inconnu du Nord Express, réalisé par Alfred Hitchcock, en 1951, mais aussi Peking Express, ainsi que le célèbre western de Fred Zinnemann, Le Train sifflera trois fois, réalisé en 1952. Autre film d’anthologie, La Captive aux yeux clairs, de Howard Hawks, avec John Wayne.

                                    

D'autres grands films de l'époque créditent son nom au générique, notamment en 1952, Un si doux visage, réalisé par le grand Otto Preminger, avec Robert Mitchum, film noir et dramatique qui a profondément marqué son époque. Dimitri Tiomkin s’occupe aussi de la musique d’un film très important, l'excellent film dirigé par Alfred Hitchcock, en 1954, Le crime était presque parfait.






Autre grand film à recevoir une musique signée de Tiomkin, Géant, en 1956, film avec James Dean. En 1957, il fait la bande son de Règlement de comptes à O.K. Corral, de John Sturges, avec Kirk Douglas.


                                       

En 1959, Rio Bravo, en 1960, Alamo, et le très connu film avec Anthony Queen, Les Canons de Navarone, de J. Lee Thompson. Les films à succès s'enchainent pour Dimitri Tiomkin, qui devient une référence dans la musique de films, il fait encore, Le Plus Grand Cirque du monde, 36 heures avant le débarquement, et La Caravane de feu. Dimitri Tiomkin est un des grands compositeurs de musiques de films du cinéma. Ses œuvres ont beaucoup apporté aux films auxquels il a participé, par sa créativité et tout simplement par son énorme talent.



Dimitri Tiomkin, véritable caméléon musical, s'adonne à tous les genres, de Tarzan à Alfred Hitchcock (L'Ombre d'un doute, 1943, et Le crime était presque parfait, 1954), des films catastrophe aux documentaires et fictions de guerre, comme Les 55 Jours de Pékin (1963), de Nicholas Ray, entre autres partitions qu'il écrira par dizaines (il peut en signer jusqu'à neuf par an !).

                                    


Regrettant souvent de n'avoir pas fait carrière dans le domaine de la musique classique et affirmant un rien crânement, dans ses Mémoires, qu'il aurait "pu faire aussi bien que Rachmaninov", Tiomkin aura l'humour et la modestie de reconnaître que la musique de cinéma est une affaire de pillage des grands compositeurs de l'histoire. Il est du reste accusé de plagiat musical, puis mis hors de cause : un expert a jugé en sa faveur, décelant dans la musique incriminée des références déjà présentes chez... Haendel.



                        


Lors du discours qu'il prononce lors de la remise de son troisième Oscar, en 1955, pour Ecrit dans le ciel, de William Wellman, l'Ukrainien jovial et rotond s'en donne à coeur joie en déclarant :


"Mesdames, messieurs, comme je travaille dans cette ville depuis vingt-cinq ans, j'aimerais rendre grâce à un facteur très important qui me fournit ce succès et apporte tant à Hollywood. Je voudrais remercier Johannes Brahms, Johann Strauss, Richard Wagner, Beethoven, Rimski-Korsakov..." La liste continuait - trop longuement. La musique de sortie jouée par l'orchestre invite alors Tiomkin à quitter la scène, ce qu'il fait dans l'hilarité presque générale, à peine gâchée par quelques grincements de dents de confrères furieux d'avoir été ridiculisés. Nul doute que Tiomkin eut l'occasion, en coulisses, de prononcer sa phrase culte, "Please don't hate me ! " ("S'il vous plaît, ne m'en voulez pas !"), qui devint le titre de ses réjouissants Mémoires, en 1959.

                          


                                                   

lundi 29 avril 2013

Gattaca

Bienvenue à Gattaca (Gattaca) est un film américain d'anticipation réalisé par Andrew Niccol, sorti en 1997.
Dans un monde futur, on peut choisir le génotype des enfants. Dans cette société hautement technologique qui pratique l'eugénisme à grande échelle, les gamètes des parents sont triés et sélectionnés afin de concevoir in vitro des enfants ayant le moins de défauts et le plus d'avantages possibles.
Bien que cela soit officiellement interdit, entreprises et employeurs recourent à des tests ADN discrets afin de sélectionner leurs employés ; les personnes conçues de manière naturelle se retrouvent, de facto, reléguées à des tâches subalternes.

Gattaca est un centre d'études et de recherches spatiales pour des gens au patrimoine génétique impeccable. Jérôme, candidat génétiquement idéal, voit sa vie détruite par un accident tandis que Vincent, enfant naturel, donc au capital génétique « imparfait », rêve de partir pour l'espace. Chacun des deux va permettre à l'autre d'obtenir ce qu'il souhaite en déjouant les lois de Gattaca.
Gattaca, sorte de "thriller eugéniste", ajoute une œuvre originale et de qualité à la liste déjà longue des futurs terrifiants parce que trop parfaits, comme Un bonheur insoutenable (This Perfect Day) de Ira Levin ou le célèbre Le Meilleur des mondes de Huxley.


                                        

 Tout aussi inquiétant que le soviétoïde 1984, ou le fangeux et sinistre Soleil vert, "Gattaca" renouvelle le thème classique en SF de l'individu révolté (souvent par amour) contre une société idéale (La Cité et les Astres de Sir Arthur C. Clarke, Le Monde aveugle de Daniel Galouye, THX 1138 de George Lucas ou Croisière sans escale de Brian Aldiss), mais avec les préoccupations de notre temps.


            
                                  
Gattaca est émaillé de trouvailles qui compensent des budgets généralement limités ; on relèvera : le physique très particulier d'Uma Thurman, crédible en clone trop belle pour être vraie (qui rappelle la trop parfaite Eléa de La Nuit des temps de René Barjavel) , le pianiste génétiquement modifié muni de doigts supplémentaires pour jouer Brahms et Chopin sans effort, les voitures électriques aux carrosseries « rétro » (dont une Citroën DS coupé) qui n'en paraissent ainsi que plus futuristes, et la mise à contribution, une fois encore, de l'une des rares réussites indiscutées de l'architecture moderne, l'intemporel Centre municipal du comté de Marin de Frank Lloyd Wright, déjà utilisé dans THX 1138 presque trente ans plus tôt.





   

Enfin les lettres utilisées pour le nom de Gattaca reprennent les initiales utilisées pour désigner les bases de l'ADN, ACGT, c'est-à-dire adénine, cytosine, thymine et guanine.
Vincent Freeman (Ethan Hawke) est un enfant né naturellement dit « naturel » ou « invalidé » qui rêve de devenir astronaute et de rentrer à Gattaca : l'unique chance de partir dans l'espace. Ses parents Antonio et Marie Freeman (Elias Koteas et Jayne Brook), partant d'une bonne intention, décident de se passer des services de la science pour leur premier enfant, préférant laisser son avenir au hasard. Malheureusement, dès la naissance, son profil est calculé par un ordinateur, qui en trois secondes, et d'après une infime goutte de sang prélevée sur l'enfant, indique aux parents que leur rejeton ne passera pas la trentaine puisqu'il est sujet à de graves problèmes cardiaques. En apprenant ces informations, le père choisit de le nommer différemment de ce qui était prévu. Commence alors pour les parents un parcours du combattant, car dans cette nouvelle société, même les écoles refusent l'admission d'enfants à risques dans leur enceinte.                                

Le couple ayant décidé de faire appel à la science pour leur deuxième enfant, Anton Freeman (Loren Dean) fait l'objet de manipulations génétiques destinées à le « protéger » du hasard. Le résultat est à la hauteur de leurs espérances. Durant l'enfance, les deux garçons n'auront de cesse de jouer aux frères de sang, de se comparer, et de se lancer des défis de natation. Anton, par son profil génétique, battra sans cesse son grand frère sauf un jour, où ce dernier le sauva de la noyade au cours d'un défi. À partir de ce jour Vincent sait qu'il est possible pour lui de réaliser ses rêves malgré son profil génétique déficient.
Vincent, devenu adulte, quitte son foyer discrètement, et travaille un temps avec son « handicap » génétique qui le cantonne au rôle d'homme de ménage sous les ordres de Caesar (Ernest Borgnine). Ne pouvant contempler les cieux qu'à travers le plafond de verre de Gattaca, il décide alors d'enfreindre le système en devenant un « pirate génétique » ou « dé-gén-éré ».


Il fait appel à un trafiquant (Tony Shalhoub) pour accéder à son rêve. Moyennant 20 à 25 % de ses revenus, il est mis en relation avec un « valide » déchu.
Jérôme Eugène Morrow (Jude Law), ancien champion de natation, était un élément prometteur ayant toutes les qualifications génétiques requises, mais, rongé par son échec (il n'obtint que des deuxièmes places), il voulut mettre un terme à ses jours en traversant une route au passage d'une voiture. Il survécut, mais perdit l'usage de ses jambes, et l'accident ayant eu lieu à l'étranger, l'affaire ne s'ébruita pas.
Paraplégique et alcoolique, il loue son corps et son identité à Vincent, lui fournit les échantillons biologiques pour les tests ADN (sang, urine, cheveux, peaux mortes, etc.) et prépare des poches de fluides en tous genres, afin de déjouer les nombreuses analyses auxquelles doivent se soumettre les employés de Gattaca.
En échange, Vincent lui permet de garder le même niveau de vie qu'avant l'accident. Pour devenir Jérôme et pour contrer sa myopie, Vincent porte des lentilles de la bonne couleur, change sa coupe et couleur de cheveu, affine et nettoie chaque jour chaque parcelle de son corps, s'entraîne durement tant au niveau psychologique qu'au niveau physique. Il va jusqu'à subir une chirurgie orthopédique pour allonger ses tibias de 5 cm.


Vincent réussit son entretien d'embauche avec le Docteur Lamar (Xander Berkeley) - grâce à une simple analyse d'urine, censée dépister les drogues - et entre comme élève astronaute à Gattaca où il devient grâce à sa détermination, le meilleur navigateur spatial de la compagnie. Entre ses travaux, ses tests médicaux fréquents, ses sorties avec Eugène (nom désormais porté par Jérôme pour faciliter les choses, tandis que Vincent se fait appeler Jérôme), il répand des traces de sa fausse identité, et efface les vrais indices pour assurer sa sécurité.


Irène Cassini (Uma Thurman) sa collègue — qui malgré sa conception « parfaite » est atteinte de problèmes cardiaques — semble secrètement amoureuse de Vincent, mais elle est timide à cause de son « imperfection » génétique. Elle croit que Jérôme est trop parfait et qu'il va donc la rejeter. Elle fait en cachette un test d'ADN de Jérôme/Vincent (en lui volant un cheveu) et elle vérifie, qu'il est en effet génétiquement parfait (car le cheveu appartient en réalité à Jérôme). Elle lui avoue ce qu'elle a fait et lui donne à son tour un de ses cheveux, en lui disant que si après l'analyse il est toujours intéressé par elle, il sait où la trouver. Mais Vincent laisse tomber le cheveu pour lui montrer qu'il n'attache aucune importance à la perfection génétique. Ils se mettent à sortir ensemble.

Une semaine avant de quitter la Terre pour Titan, l'un des satellites de Saturne, son directeur de mission — qui gère les projets et les lancements — est assassiné.
Bonus : Equals (2015)

            


La police, dont Anton fait partie, ne tarde pas à chercher et scruter chaque fibre, squame ou cil pouvant se trouver sur les lieux, afin de déterminer l'identité de celui qui les a semés et ainsi démasquer l'auteur du forfait. Les inspecteurs trouvent un cil, appartenant à un invalide qui faisait autrefois le ménage, Vincent. On notera que d’après l'analyse ADN, Vincent devait mourir à 30 ans et 2 mois, or il a dépassé cet âge, ce qui sème le trouble dans l’enquête car on retrouve régulièrement ses traces (un sourcil et de la salive sur un gobelet).

Continuant comme avant mais devant redoubler de précautions, Jérôme poursuit et développe sa relation avec Irène, échappe à la Police grâce à sa double identité, puis aux tests de Lamar et des inspecteurs par de subtiles manœuvres. Anton, guidé par Irène, va chez Eugène pour vérifier son identité avec un test de sang, celle-ci ne reconnaît pas le Jérôme qu'elle aime (c'est-à-dire, Vincent), mais le vrai Jérôme. S'ensuit un face-à-face Irène-Eugène puis une scène d'explications tumultueuses entre Jérôme (Vincent) qui arrive, et Irène à qui il avoue son secret et son nom, mais cette dernière fuit.
L'enquête aboutit, le chef en second Directeur Josef (Gore Vidal) est arrêté par le Détective Hugo (Alan Arkin). Son mobile : la fenêtre de lancement pour Titan n'est ouverte qu'une fois tous les 70 ans , or le directeur de mission voulait tout annuler ; en le tuant, il gagnait du temps pour empêcher cela. Le meurtrier n'avait dans son profil aucune trace de violence d'un point vue génétique. La recherche de l'« invalide » est abandonnée puisque inutile.


Anton, son frère qui l'a reconnu, reproche à Vincent son imposture. Il est jaloux de son frère qui, bien que prétendument inférieur, l'a surclassé. Il lui lance alors un défi comme lors de leur jeune temps, défi qu'il perd pour la deuxième fois, mais qui lui montre que Vincent est plus déterminé.
Peu avant le départ, Vincent/Jérôme et Irène réconciliés se revoient, il lui donne un cheveu pour un test ADN et prouver ses allégations passées mais elle réagit comme lui auparavant, le cheveu s'envole. Puis il lui annonce qu'il part pour Titan.
De retour chez Eugène, Vincent se prépare à partir sur Titan. Tout en discutant, son ami lui montre toutes ses préparations et annonce ses « vacances ».

À Gattaca, juste avant le départ, il doit subir une dernière analyse d'urine qui le prend au dépourvu. N'ayant rien pour fausser son identité, il accepte, fataliste, son échec. Son identité d'invalide au nom de Vincent est révélée aux yeux du Dr Lamar qui valide malgré tout le résultat au nom de Jérôme. Le docteur Lamar sait la vérité apparemment depuis longtemps. Et son propre jeune fils est dans une situation similaire à celle de Vincent. Il lui dit : « Mon fils vous admire beaucoup. Il voudrait entrer à Gattaca un jour. Malheureusement mon fils n'est pas tout ce qu'ils avaient promis. Cependant, qui sait ce qu'il pourrait faire, non ? » Et en ajoutant « À titre d'information pour l'avenir, les droitiers ne tiennent pas leur outil de la main gauche. Juste un petit détail. » Il le laisse partir vers le couloir qui mène a la fusée.


Vincent, imposteur, monte dans la fusée qui décolle vers les étoiles tandis qu'Eugène, le vrai Jérôme, se suicide dans son incinérateur domestique, où sa médaille d'argent vire à l'or grâce aux flammes. Pendant le décollage, Vincent trouve une mèche de cheveux d'Eugène. La raison étant qu'il lui a dit, peu avant, que de vivre avec lui, lui a permis de partager son rêve d'aller dans l'espace.
Gattaca est au final l'habilité d'un film qui ne cherche pas à faire de sa morale une thèse. On est loin d'une condamnation ferme à la 1984 ou aux dérives d'Huxley. Niccol choisit de circonscrire son propos à la fortune de Vincent. C'est le choix d'un homme que de se lever contre les affres d'un destin que d'autres ont écrit pour lui. Il ne remet pas en cause les fondements d'une société, mais glorifie ceux qui savent et ont le courage d'utiliser toutes les failles que la perversion de celle-ci peut offrir. Il met en lumière cette incertitude et cette absence de maîtrise des autorités qui créent une bulle de liberté garantissant l'affranchissement des ses citoyens. On peut chercher à tout maîtriser, il existera toujours une marge de probabilité dans laquelle se mouvoir.


C'est dans cet espace qu'évolue notre héros, bien décidé à ne pas jouer avec le jeu qui lui a été distribué. Comme cette éternelle compétition avec son frère et qui motive plus que tout Vincent. Moteur de ses aspirations, une simple course en nageant vers le large servira de déclic psychologique. Le chaos s'immisce dans chaque interstice de la vie et fausse toutes les cartes – entre l'inadaptation à la perfection de Jérôme, les problèmes au cœur d'Irène et la fatigue inespérée du frère arrogant de Vincent – en décalant les chances réservées à chacun. Les premiers seront les derniers. Décalage toujours, lorsque Vincent se prépare à s'envoler vers les étoiles – comment pourrait-on imaginer une autre fin que cette fausse happy end? –, ce n'est pas en combinaison et casque, mais en simple costume noir, passant à travers un ombilical comme un accouchement à l'envers, à l'image du starchild final de 2001: L'Odyssée de l'espace. Gattaca est alors un peu l'antichambre conjointe du paradis et de l'enfer. Source : http://archive.filmdeculte.com/culte/culte.php?id=163

Alain gerber

Black and Blue était une émission de radio consacrée au jazz et créée au début des années 1970 sur France Culture par le sociologue Lucien Malson et l'écrivain Alain Gerber.


                                       

Initialement proposée le vendredi à 21h30, transportée à 20h30 à la fin des années 1990, puis exilée le dimanche soir à 0h en ses toutes dernières années, elle a été supprimée de la grille de France Culture en juin 2008, son élément fondateur restant, Alain Gerber, étant alors "remercié" avec tout une génération de "passeurs-vénérateurs" du Jazz Claude Carrière Jean Delmas… à cette occasion, la chaîne ayant décidé de "rajeunir" ses rangs. Lucien Malson avait lui pris sa retraite radiophonique à la fin des années 1990. Ce même fondateur principal y fera de très rares passages au tout début des années 2000.




Ces heures furent peu enclines à s'intéresser à l'actualité du Jazz, à très peu d'exceptions près - deux émissions consacrées à la sortie de l'autobiographie de Miles Davis (Fév 90), émissions bilan des festivals d'été (Sep81), passage de quelques intellectuels profondément liés au Jazz tel le pianiste chanteur et homme de radio Ben Sidran (Oct 86) ou le batteur et historien du rythme français Georges Paczynski (dès le tout début des années 1980), séparation du groupe Weather Report (Janv 86), émission consacrée à la mort de Jaco Pastorius (Sep 87)… - elle opta plutôt d'en sacraliser l'histoire, faisant revivre des événements musicaux (enregistrement, rencontres…) vieux de plusieurs décennies que le duo parfois renforcé par des intervenants extérieurs avait à cœur d'extraire de l'oubli ou d'en proposer une relecture enrichie.

Ces intervenants ponctuels furent le batteur et peintre Daniel Humair, les journalistes Christian Gauffre, Claude Carrière, André Clergeat, le dessinateur Siné, le médecin et journaliste Paul Benkimoun, le musicien et musicologue André Hodeir, l'écrivain jazzophile Jacques Réda, la flutiste Dominique Bouzon… Les réguliers qui vinrent en ses dernières années, furent le flutiste et saxophoniste Jean-Louis Chautemps, le batteur et Pr Georges Paczynski et le journaliste Gilles Anquetil.
L'émission, longtemps "sépulcralement" volontairement isolée, se risqua à des enregistrements publics passés l'an 2000, et invita même un de ses auditeurs acharnés à venir parler de sa passion pour Monk (2003), comme l'avait fait le pianiste Laurent De Wilde à l'occasion de la sortie de son livre sur ce même pianiste.
Jusqu'au départ de Lucien Malson, elle eut la particularité de n'avoir pas d'indicatif, chose rare à la radio, et encore plus pour une émission à caractère si clairement musical. Cette particularité fut arasée par le choix d'une pièce des frères Adderley qu'elle conserva jusqu'à sa disparition des ondes.
Des saisons (Sept-Juin) thématiques furent parfois proposées en ses dernières années, telle celle (Sept03 Juin04) qui vit l'examen minutieux du "Jazz à Paris, années cinquante", recevant à cette occasion quelques-uns de ses intervenants d'alors, certains disparaissant peu de mois ou années après (Sacha Distel, Pierre Michelot…).


                                    

le jazz est un roman

                  

Reprenant une disposition de narration qu’il affectionne, dans lequel il excelle, Alain Gerber, dans son imposant roman MILES de 400 pages, recueille les « confidences » fictives du trompettiste ainsi que celles d’anciens partenaires à différentes époques (les batteurs Max Roach (en 1954), Kenny Clarke (1955), Philly Joe Jones (1958), Tony Williams (1969), Al Foster (1981-90) ou de proches (un employé de ses parents (1938) et Jimi Hendrix 1970)) car on sait, grâce lui soit rendue, que le jazz est un roman (lire ses précédents ouvrages chez Fayard et écouter ses émissions sur France-Musique). La nouveauté dans l’écriture, car il y en a bien une, c’est que Gerber se « lâche » plus souvent que d’habitude avec une sorte de gourmandise dans les expressions attribuées aux musiciens (on ne compte plus les enfoirés et autres amabilités). L’auteur nous fait partager la sagesse de Max Roach (quand il me regarde, j’ai toujours un peu l’impression que, derrière lui, mon père est là qui m’observe à travers ses yeux), les délires de Philly Joe, la folie de Jimi Hendrix (ça mijote, ça grésille, ça surchauffe, ça survolte, ça disjoncte, ça fusille d’un coup cinq cent mille lampes)… mais, surtout au moyen de cette écriture si foisonnante, la fragilité de Miles, sa vantardise, ses colères, ses interrogations, ses renoncements et contradictions, ses failles avouées ou secrètes réelles ou supposées, sa santé qu’il malmène, sa misogynie, sa boulimie sexuelle, sa consommation/addiction de drogues et d’alcool, son cynisme et ses fanfaronnades, son professionnalisme, cette rage d’aller toujours de l’avant sans se retourner tout en crachant volontiers dans la soupe (ces vrais résidus de poubelle du type « My funny Valentine », ces camelotes d’un autre temps écrites à l’usage des Blancs… ces enfoirés qui me réclament Kind of blue me donnent des ulcères)… et l’évocation de son amour pour Juliette Gréco qui ouvre et ferme le livre (épitaphe : Juliette en 2005 : j’ai peut-être été la seule gonzesse à avoir eu son respect)…



"J'aime chanter de beaux textes. Lorsqu'une chanson est belle c'est comme de la poésie mise en musique. Lorsque je chante, j'essaie toujours de respecter le texte et l'intention de l'auteur. Une chanson peut être triste ou gaie, mais elle peut aussi résumer parfois toute la vie d'un homme" disait Franck Sinatra. Résumer sa vie, certaines de ses chansons l'ont fait, parmi les plus célèbres : "The song is you", "My way", "Nancy" ou "Young at heart", tout comme le rôle su soldat Maggio dans "Tant qu'il y aura des hommes" qui lui aura valu l'oscar.Pas très sympatique Franck Sinatra, violent, arrogant, pas très courageux, et pas vraiment regardant sur la morale ni le respect des lois, mais, comme l'écrit son biographe, Alain Gerber, "il nous reste sa voix et c'est ce qui, en lui, parlera toujours en sa faveur". Alors écoutons ses disques en feuilletant "Frankie, le sultan des pâmoisons publié chez Fayard .



                                   
                            

Il suffit d’écouter Alain Gerber, entre 18 heures et 19 heures, sur France- Musique, pour entrer dans l’univers du jazz, découvrir le phrasé inimitable du piano d’Erroll Garner ou de Bill Evans, les variations toujours surprenantes de la trompette de Miles Davis ou la voix chaude et brisée de Billie Holiday…
 Lady Day… Elle fut la sœur musicale du “Prez”, le saxophoniste Lester Young. Alain Gerber nous fait découvrir l’intégrale de leur enregistrement (1937-1946) et raconte leur étonnante complicité : “Ils n’en connurent pas beaucoup, pas assez, mais ce furent des années de braise et d’innocence. En ce temps-là, les cendres n’avaient jamais le temps de refroidir, la rosée du matin s’attardait jusqu’au soir. Billie et Lester allumaient leurs jours aux mégots de la nuit. Gettin’ Some Fun Out of Life : ils avaient la fumée de la vie brûlée par les deux bouts, celui des baisers et celui des blessures. Pas plus que d’autres ils n’ignoraient les revers, les galères, les misères, mais ils n’avaient pas encore croisé dans le miroir, après un méchant rêve, le regard usé du désenchantement.”

 Oui, le “jazz est un roman”, selon le beau titre de l’émission d’Alain Gerber, dont on ne se lasse pas d’écouter la clarté et la précision de la langue, face au magma sonore environnant.
La musique et les mots… Il est si rare de trouver le ton juste pour donner à entendre le souffle d’un musicien, le son, velouté et grave, aérien et désinvolte, d’un saxophoniste tel que Lester Young. Alain Gerber y parvient, avec un enthousiasme communicatif. Peu à peu, il nous fait accéder à cette part d’indicible, il nous révèle ce qui fait la légende du Prez, lui qui “avec son air de chien battu sous son feutre rond”, selon l’expression de Jack Kerouac, “allait hanter pour longtemps les songes des survivants, les songes d’hommes qui, à l’époque, n’étaient pas encore nés. Il ne les hanterait pas seulement à la manière d’une figure du passé, énigmatique et captivante, pas seulement non plus parce qu’il avait été ce visionnaire qui se défila avec, peut-être, certaines des clés de notre avenir au fond de sa poche. Il les hanterait aussi, il nous hante à présent parce qu’il est une partie de notre plus intime substance. La partie onirique, la plus vulnérable mais la plus rebelle : celle qui ne se résigne pas à prendre nos réalités pour nos désirs. La seule partie de nous-mêmes qui soit un peu miraculeuse, en somme.”

dimanche 28 avril 2013

Kind of blue

Kind of Blue est un album jazz du musicien Miles Davis paru en 1959 sur le label Columbia (référencé CL 1355). Les enregistrements de l'album s'effectuent en deux sessions avec le sextet de Miles Davis, composé des saxophonistes John Coltrane et Cannonball Adderley, des pianistes Wynton Kelly et Bill Evans qui vient de réintégrer le groupe, du batteur Jimmy Cobb et du contrebassiste Paul Chambers. Miles Davis poursuit son travail sur les expérimentations modales abordées avec l'album Milestones et qu'il consacre entièrement sur cet album.
Kind of Blue est tenu par de nombreux spécialistes du jazz non seulement comme le meilleur album de Miles Davis, mais aussi comme le disque de jazz le plus vendu. De nombreux critiques le considèrent comme le plus grand album de jazz réalisé et le chef-d'œuvre de Davis. L'influence de cet album sur la musique jazz, la musique rock et la musique classique, a conduit les spécialistes de la musique à le reconnaître comme l'un des albums les plus influents de tous les temps.      

        

   

Davis crée en 1958 un des meilleurs groupes de jazz du moment, avec des membres permanents : le saxophoniste alto Cannonball Adderley, le saxophoniste ténor John Coltrane, le pianiste Bill Evans, le contrebassiste de longue date Paul Chambers et le batteur Jimmy Cobb. Son groupe joue des standards pop et des bebop de Charlie Parker, Thelonious Monk, Dizzy Gillespie et Tadd Dameron. Sur les morceaux au style bebop, les membres du groupe de Davis improvisent généralement sur les changements d'accords. Miles Davis est un musicien insatisfait par le be-bop, jugeant la complexité des grilles harmoniques gênant pour la créativité. Le pianiste George Russell publie en 1953 Lydian Chromatic Concept Of Tonal Organization, où il décrit une approche alternative de l'improvisation basée sur les accords et les changements d'accords. En abandonnant la clé traditionnelle majeur et mineur de la musique classique, Russell développe une nouvelle formulation en utilisant des gammes ou une série de gammes pour les improvisations ; cette approche a ouvert la voie au jazz modal. Davis est influencé par les idées de Russell et met en œuvre sa première composition modale avec le titre éponyme de son album studio Milestones enregistré en février 1958 et ses premières sessions avec Bill Evans. Satisfait des résultats, Davis prépare alors un album entièrement basé sur cette approche modale. Le pianiste Bill Evans avait déjà étudié avec Russell et vient de quitter le sextet de Davis afin de poursuivre sa propre carrière. Il est rappelé de nouveau pour réaliser les sessions d'enregistrement de ce nouveau projet qui allait aboutir à l'album Kind of Blue.


  


Kind of Blue contient cinq titres enregistrés en deux sessions au Columbia's 30th Street Studio situé à New York. Les titres qui composent la Face 1 du LP (So What, Freddie Freeloader et Blue in Green) sont enregistrés lors de la première session le 2 mars 1959. Les deux autres titres présents sur la Face 2, Flamenco Sketches et All Blues sont enregistrés le 22 avril. La production est assurée par Teo Macero, qui avait produit Miles Davis sur deux précédents LP et par Irving Townsend.
Miles Davis n'avait quasiment pas demandé de répétitions pour l'enregistrement et les musiciens avaient recu peu d'informations sur ce qui devait être enregistré. Comme l'indique le pianiste Bill Evans dans le liner notes d'origine, Davis avait seulement donné au groupe des esquisses de gammes et de lignes mélodiques sur lesquelles improviser.


                                          

Une fois les musiciens réunis, Davis donne de brèves instructions pour chaque morceau puis fait entrer le sextet en studio d'enregistrement. Bien que le résultat soit impressionnant avec si peu de préparation, la légende qui voudrait que l'album ait été enregistré en une seule prise est cependant fausse. Deux prises ont été effectuées du morceau Flamenco Sketches et une des versions jusque là inédite est publiée en 1997 en titre bonus sur la réédition de l'album.
Le pianiste Wynton Kelly ne devait pas être ravi de voir Bill Evans qu'il venait de remplacer, revenir pour cet enregistrement. Davis fait jouer cependant Kelly à la place de Evans sur Freddie Freeloader, un morceau davantage orienté blues, peut-être pour apaiser cette impression du pianiste et aussi pour profiter du talent supérieur de Kelly à la fois comme bluesman et accompagnateur. Kind of Blue est entièrement basé sur l'approche modale contrairement aux précédents travaux de Davis au style davantage orienté hard bop et sa progression d'accords complexes et basé sur l'improvisation. L'album est composé comme une série d'« esquisses modales », dans lesquelles chaque musicien a reçu un ensemble de gammes qui indiquent les principales caractéristiques de l'improvisation et du style. Ce style contraste avec les méthodes traditionnelles de composition, consistant à fournir aux musiciens les partitions complètes ou bien en apportant aux musiciens une progression d'accords comme c'est souvent le cas pour le jazz d'improvisation.

Une approche modale de ce type n'est pas propre à cet album. Miles Davis avait déjà utilisé cette méthode sur ses albums Milestones et Porgy and Bess, sur lesquels il exploite les influences modales pour des compositions de son collaborateur Gil Evans. À l'origine cette approche originale est développée en 1953 par le pianiste et écrivain George Russell. Davis voit dans les méthodes de composition de Russell un moyen de s'écarter des compositions souvent denses de cette époque, que Davis nomme « épaisses ». La composition modale avec sa dépendance aux gammes et aux modes, représente comme le rappelle Davis « un retour à la mélodie ». Davis a perfectionné cette forme de composition contrairement à la progression d'accords simple qui prédomine dans le bebop. Dans un entretien en 1958 avec le critique musical Nat Hentoff de The Jazz Review, il déclare : « Absence d'accord ... vous donne beaucoup plus de liberté et d'espace pour entendre des choses. Lorsque l'on va dans cette direction, on peut y aller pour toujours. On n'a pas à se soucier des changements et on peut faire plus avec la ligne [mélodique]. Cela devient un défi pour voir à quel point on peut être innovant dans la mélodie. Quand on se base sur les accords, on sait à la fin des 32 mesures que les accords sont terminés et il n'y a rien d'autre à faire que de répéter ce que l'on vient de faire - avec des variations. Je pense qu'un mouvement en jazz commence loin de la série classique des accords ... il y aura moins d'accords mais des possibilités infinies à n'en savoir que faire ».


  


Kind of Blue est paru le 17 août 1959 sur Columbia Records aux États-Unis, dans les deux formats mono et stéréo. L'album a depuis cette date souvent été considéré comme la plus importante création de Miles Davis et son album le plus célèbre. Il a de plus été cité en tant que disque de jazz le plus vendu de tous les temps, malgré des revendications plus tard l'attribuant à une autre réalisation de Davis Bitches Brew (1969), premier disque d'or officiel. Kind of Blue a également été reconnu comme l'un des albums les plus influents de l'histoire du jazz. L'album est régulièrement classé parmi les plus grands albums de tous les temps. Pour la critique de l'album sur Allmusic, Stephen Thomas Erlewine déclare : « Kind of Blue n'est pas seulement une étape artistique importante pour Miles Davis, c'est un album qui domine ses pairs, un enregistrement généralement considéré comme l'album ultime de jazz, un standard universellement reconnu d'excellence. Pourquoi Kind of Blue apparaît comme un mystique? Peut-être parce que cette musique n'a jamais affiché son génie ... C'est le summum du jazz modal - la tonalité et les solos sont construits à partir d'une clé générale, pas un accord ne change, ce qui offre à la musique une qualité qui évolue de manière subtile ... Il est peut être exagéré de dire que si l'on n'aime pas Kind of Blue, on n'aime pas le jazz - mais il est difficile de l'imaginer autrement que comme une pierre angulaire de toute collection de jazz » Wiki

René Laloux

René Laloux (13 juillet 1929, Paris - 14 mars 2004, Angoulême) est un dessinateur, peintre et sculpteur, mais aussi et surtout le réalisateur ou co-réalisateur de plusieurs films d'animation français renommés.Il se découvre très rapidement deux passions : le dessin et le cinéma. À treize ans, il quitte l'école et débute un apprentissage de sculpture sur bois auprès de son oncle Lucien Pessey, dont il fera brièvement son métier à dix-sept ans. Il suit en parallèle des cours de dessin à Paris et s'intéresse notamment au cinéma américain représenté par Charlie Chaplin, Disney ou Tex Avery.


Alors qu'il pratique le théâtre en amateur, il rencontre le marionnettiste Yves Joly à l'occasion d'un stage de comédien à Marly-le-Roi. Lors de son service militaire en Autriche, il contracte une maladie virale qui l'empêchera par la suite de poursuivre le métier de marionnettiste. Après son service militaire, il exerce divers métiers sans rapport avec des talents artistiques, la peinture et l'écriture, qu'il cultive par ailleurs.



                                                

Sa carrière dans le cinéma d'animation débute alors qu'il intègre, en tant que moniteur pour s'occuper d'activités artistiques, la clinique psychiatrique de La Borde, à Cour-Cheverny, où exercent les docteurs Jean Oury et Félix Guattari. De 1956 à 1960, il y anime, pour les patients de l'établissement, des ateliers de peinture, de marionnettes et d'ombres chinoises. C'est en 1960 qu'il réalise en tant que professionnel son premier court métrage animé sur une histoire écrite par les patients de la clinique, qui s'intitule Les Dents du Singe. Il remporte plusieurs prix (prix Émile Cohl, grand prix de Mannheim, prix de la qualité du Centre National du Cinéma) pour cette première œuvre à la fois enfantine et grotesque.


                   
                                       
Cette collaboration se poursuit avec la réalisation du premier long métrage de René Laloux, La Planète Sauvage, film d'animation pop et philosophique, sorti sur les écrans en 1973. Entamé en 1969, le film a été réalisé en Tchécoslovaquie, essentiellement pour des raisons budgétaires.


Adaptation du roman de science-fiction Oms en série, de Stefan Wul, les collaborateurs se sont inspirés par son univers onirique, où les hommes réduits au statut d’animal de compagnie auprès d’extra-terrestres géants, se rebellent et tentent de gagner leur indépendance. La musique, sous influence psychédélique, et la poésie de ce film l’imposent dès sa sortie comme un des très grands films d’animation pour adulte et reçoit ainsi un succès critique (prix spécial du jury au vingt-sixième festival de Cannes) et public. Il sera également distingué au festival de science-fiction de Trieste, au festival d'Atlanta et à celui de Téhéran.



 
 



                                          

La production de longs métrages d'animation s'avérant très difficile en France, c'est à nouveau à l'étranger - en Hongrie- qu'est réalisé Les Maîtres du Temps. Sorti en 1981, le film est à nouveau adapté d'un roman de Stefan Wul, l'Orphelin de Perdide. Prévu à l'origine pour être le premier volet d'une série de métrages réalisés en collaboration avec les dessinateurs du journal Métal hurlant, les Maîtres du Temps est dessiné par Moebius. L'univers futuriste du film, son graphisme et sa poésie lui permettent un succès relatif aux États-Unis.
S'ensuivent plusieurs années difficiles pendant lesquelles René Laloux réalise néanmoins le court métrage de la Maîtrise de la Qualité avec l'aide de Mœbius et José Xavier, dessinateur. Il collabore ensuite avec la série télévisée De l'Autre Côté, puis réalise un nouveau court avec Philippe Caza : La Prisonnière, en 1985.



   
   
                                                                                
En 1977, René Laloux monte un studio d'animation à Angers et cherche à réaliser un nouveau long métrage de science-fiction, adapté du roman Les Hommes-Machines contre Gandahar, de Jean-Pierre Andrevon. Le projet, en collaboration avec le dessinateur Philippe Caza, n'aboutit pas dans l'immédiat, malgré la réalisation d'un pilote de quelques minutes.
À la fin des années quatre-vingt, il réussit à faire aboutir son projet d'adaptation du roman de Jean-Pierre Andrevon. Réalisé à Pyongyang, en Corée du Nord, Gandahar est son dernier long-métrage. Dessiné par Philippe Caza, réalisé en collaboration avec Philippe Leclerc, sur une musique de Gabriel Yared, le film sort en salles en 1987.
C'est cette même équipe qui réalise le court Comment Wang-Fô fut sauvé, adapté de la nouvelle du même nom de Marguerite Yourcenar.


                                  


Alain Goraguer(Alain Yves Réginald Goraguer) est un compositeur et arrangeur français, né le 20 août 1931 à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis, France).Alors que vous ne savez pas encore vraiment ou vous avez mis les pieds, que defile devant vos yeux le generique de debut, vous captez une musique. Une musique plutôt douce, envoûtante, intrigante. Les expirations d'une voix sensuelle. Feminine. Déjà, vous savez qu'il vous attend une expérience nouvelle, quelque chose d'hors norme. Loin de tout ce que Pixar, Disney ou la Japanimation a pu nous habituer.Même si les dessins, avec leurs côtés un peu baroque, sont déconcertants au début, on s'y fait rapidement et on y prend un certain plaisir. Cette originalité dans le coup de crayon de Roland Topor a un rôle essentiel dans le charme et le côté angoissant du film. Aussi importante que la merveilleuse BO psychédélique d'Alain Goraguer.Bonus :http://www.francemusique.fr/emission/cinema-song/2013-2014/une-soiree-avec-alain-goraguer-12-12-2013-00-00
Dans le scénario, qui est une adaptation du roman "Oms en série" de Stefan Wul, on retrouve un peu la même philosophie que celle de la Planète des singes, entre autre. Un film qui ne veut pas faire la moral mais qui nous amène quand même à réfléchir. Parce que, soyons franc, il est impossible de ne pas se reconnaître dans les imposants Draags. Source : http://www.senscritique.com/film/La_Planete_sauvage/critique/11895760