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mardi 12 mars 2013

Nicolas repac


Non, n’en déplaise aux nostalgiques des cols moumoutés et des cheveux bouclés qui tombent sur les épaules, Nicolas Repac n’est pas le come-back déguisé de l’illustre chanteur des années 80’s et auteur de “Je Pars”, Nicolas Peyrac.
 
Nicolas Repac n’est pourtant pas un inconnu. Après un premier opus passé inaperçu, il accompagne en tant que guitariste Arthur H avec qui il partage un goût prononcé pour les jeux des mots et un timbre de voix éraillé. On pourrait aussi citer Bashung (“ooooh que ça monte haut, La grande roue”), ou l’incontournable – dès qu’il s’agit de la chanson française intimiste - Gainsbourg. Les textes sont naifs ou incisifs, parfois amusants et assez bien construits (“la vie c’est beau c’est beau c’est beau bosser bosser”)même si la répétition de formules euphoniques (“au mille hasards, au mille azur”) peut, quand l’accompagnement se fait plus faible, lasser (Éperdu en mer et Rave). Mais Nicolas Repac a le sens de la mélodie, de la petite note ajustée à un son de guitare acoustique omniprésent. Je marche ou Lovni soufflent sur les sphères cérébrales et aère les neurones de leurs notes en suspension. Au bout du monde berce les oreilles de son jeu groove africain. Le plus beau titre de l’album est sans nul doute Louise qui avec ses samples de trompettes et sa rythmique enlevée nous emmène à la frontière du jazz et du charleston. Repac sait accommoder ses compositions d’arrangements fins et doux, de clochettes, des rondeurs d’un xylophone ou des plaintes d’une scie musicale et développer une idée de la musique intimiste et élaborée.
 
La grande roue, joli catalogue de chansonnettes vivantes, tourne et les oreilles applaudissent de leurs deux tympans.




L'homme n'est pas chanteur. Plutôt diseur, ou « murmureur ». Colleur d'images, de sons et de sensations, guitariste doué et bidouilleur musical, instrumentiste curieux en perpétuel mouvement, en quête incessante de nouvelles suggestions. C'est avec lui, et sans doute grâce à lui, qu'Arthur H a développé ces dernières années un univers si singulier.


                               

Celui de Repac lui ressemble d'ailleurs beaucoup, tout comme il rappelle l'univers ombrageux et mélancolique des meilleurs Gainsbourg. Mais au-delà des inévitables références, ce conteur impressionniste, aux climats suspendus, parvient surtout ici à affiner son chemin, parsemé de mille cailloux sonores et textuels qu'il semble avoir récoltés au fil de voyages au long cours et qu'il assemble en un très harmonieux patchwork. Partout on y perçoit une finesse d'écriture musicale et verbale, où les sons des mots comptent autant que leur sens. Repac dit l'errance, le temps, l'attente et l'aliénation, d'une voix sourde et présente à la fois. Comme un blues discret, qui sans faire trop de bruit n'est pas loin d'envoûter. (Valérie Lehoux).
Ambient. Avec «Black Box», le musicien-arrangeur français de «Swing Swing» remonte la piste archéologique noire, sur les traces du pionnier collecteur américain Alan Lomax.

Black Box de Repac, titre impec, réconcilierait avec le gangsta-rap FM, via proto-slam d’entrée. Soit un pèlerinage aux sources du blues. Spatiotemporelle, la chose en plissement sonore limoneux croise art nègre et lounge. Au plus primitiviste et quantique ensemble. Ages abolis, on flotte en rétrofuturisme années 30. On perçoit la rumeur du «pot au noir», comme on appelait le Bénin ou la Gold Coast hantés aux temps de la «traite».


                

Black Gold, l'or noir, l'exploration du sexe, de l'âme et du cœur, du sens caché, du sens limpide. La poésie de la Caraïbe francophone, juste et vivante, musicale, habitée par deux esthètes de notre temps. Dans ce parcours rythmique et sonore, Arthur H et Nicolas Repac réveillent la figure tutélaire d'Aimé Césaire mais aussi celles d'auteurs contemporains comme James Noël, Daniel Maximin ou Dany Lafferière. Un hommage aux poètes de la négritude dans lequel vibrent les forces telluriques, la sensualité, la confiance et l'amour, celui éternel et celui pour une langue.

                                 





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