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dimanche 31 mars 2013

Dewaere

Patrick Dewaere, de son vrai nom Patrick Jean-Marie Henri Bourdeaux, est un acteur français né le 26 janvier 1947 à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) et mort le 16 juillet 1982 à Paris 14e.
Considéré par beaucoup comme un des acteurs les plus brillants de sa génération, Patrick Dewaere a incarné la « fureur de vivre » à la française et demeure un modèle pour les générations de jeunes comédiens qui lui ont succédé. Son jeu se caractérise par un naturel, une exactitude et une vérité dans les expressions, dans les gestes et dans les attitudes qui sont désormais jugées comme proches de celle de l’Actors Studio, inventives et généreuses alors qu’en son temps, dans les années 1970, les critiques préféraient les « rondeurs » et le jeu de son alter-ego professionnel, concurrent et ami Gérard Depardieu.
Il se suicide à l'âge de trente-cinq ans, après avoir joué dans trente-sept longs-métrages durant une longue carrière de trente et une années. Il a également composé et interprété plusieurs chansons pour lui-même ou encore pour Françoise Hardy ainsi que la musique du film F… comme Fairbanks. 

   


1968 est un tournant décisif, au hasard des rencontres, il rejoint Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille ...
au Café de la Gare.
Trois ans plus tard, Jean-Paul Rappeneau lui offre le rôle d'un soldat de la République dans Les Mariés de l'an II . Mais c'est en 1974 que Patrick Dewaere trouve sa reconnaissance auprès du grand public avec Les Valseuses de Bertrand Blier, film novateur et marginal où il incarne aux cotés de Gérard Depardieu et de Miou-Miou, un zonard rebelle et sensible. Un triomphe qui débouche sur une amitié durable. Patrick Dewaere et Miou-Miou vivent alors une relation pendant deux ans et donnent naissance à une petite fille Angèle.


                                                     


                              





Toujours là où on ne l'attend pas, Patrick Dewaere choisit malgré sa notoriété grandissante des films à petit budget où il incarne des rôles complexes. Moniteur de camp de vacances brutal dans La Meilleure façon de marcher en 1975, magistrat conventionnel qui s'improvise détective dans Le Juge Fayard dit le shérif en 1977, Patrick Dewaere avec son air de jeune premier écorché vif séduit. F. comme Fairbanks lui donne l'occasion de retrouver son acolyte Miou-Miou dans un film poétique. Au cours de cette nouvelle collaboration avec Maurice Dugowson (Lily aime-moi), Patrick Dewaere se consacre à sa deuxième passion, la musique puisqu'il compose la bande originale du film à la demande du réalisateur.

Retour aux sources en 1978 où il tourne avec Gérard Depardieu Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier et La Clé sous la porte d'Yves Boisset. Cependant avide de nouvelles expériences, Patrick Dewaere n'hésite pas à donner sa chance à de jeunes réalisateurs. Série noire d' Alain Corneau, adaptation du roman de Jim Thompson le fait plonger dans un univers glauque et violent. Il collabore également avec Jean-Jacques Annaud dans Coup de tête et avec André Techiné dans Hôtel des Amériques. Il songe également à une carrière musicale et sort un 45 tours en 1978, sans succès. En 1981, il retrouve l'équipe du Café de la Gare pour une apparition dans Les Matous sont romantiques, réalisée par Sotha. Après le subversif Beau-Père de Bertrand Blier , son interprétation de Jean Kerjean, un journaliste qui s'attaque au monde de la politique dans Mille milliards de dollars d'Henri Verneuil , lui vaut un succès. L'année suivante, c'est un rôle de suicidaire que lui propose Alain Jessua dans Paradis pour tous. Ironie du sort ?


 
   

C'est un boxeur toxico, un chanteur raté, un fracassé de la vie et un vagabond de ces années 1970 sans limites ni raison: c'est un génie du cinéma. Patrick Maurin, jeté à 4 ans dans le spectacle, qui deviendra un monstre sacré sous le nom de Patrick Dewaere et un mythe par son suicide.
Dewaere, acteur d'instinct, sauvage et presque moyenâgeux, mais homme en miettes depuis son enfance. Parce que la famille est délitée, mais aussi parce qu'il a été violé, et que cette blessure jamais ne se referma. A 35 ans, en appuyant sur la gâchette de la carabine enfoncée dans sa bouche, quelles souffrances a-t-il voulu faire taire ? Celles, brûlantes, que lui infligea ce parent criminel ? Celles, électriques, de sa vie sentimentale zébrée par la jalousie ? Celles, amères, d'une carrière bâtie à la fois contre et dans le système, où l'absurde voisine avec le grand ?
Christophe Carrière, grand reporter voué au cinéma à L'Express, retrace en phrases fulgurantes, en témoignages bruts et en détails innombrables ce destin cabossé qui ne mène à aucune morale et bien peu de leçons, mais laisse un mystère éloquent : comparer un acteur à Patrick Dewaere est l'un des plus beaux compliments possibles. ( a propos du livre  "une vie")

1971 : La Maison sous les arbres de René Clément : le jeune homme à l’écharpe jaune (non crédité au générique)
1971 : La Vie sentimentale de Georges le tueur, court métrage de Daniel Berger
1971 : Les Mariés de l’an II de Jean-Paul Rappeneau : un volontaire
1972 : Belle, court métrage de Yuri German
1973 : Themroc de Claude Faraldo : le maçon
1974 : Les Valseuses de Bertrand Blier : Pierrot
1975 : Lily aime-moi de Maurice Dugowson : Gaston, le boxeur dit « Johnny Cask »
1975 : Catherine et Compagnie de Michel Boisrond : François




   


1975 : Au long de rivière Fango de Sotha : Sébastien
1975 : Gliscom Butrew, court métrage de Sotha : Bleed
1975 : Pas de problème ! de Georges Lautner : le barman
1975 : Adieu poulet de Pierre Granier-Deferre : Lefèvre
1976 : La Meilleure Façon de marcher de Claude Miller : Marc
1976 : La Marche triomphale de Marco Bellocchio : le lieutenant Baio
1976 : F... comme Fairbanks de Maurice Dugowson : André Fragman dit « Fairbanks »
1977 : Le Juge Fayard dit Le Shérif d'Yves Boisset : le juge Fayard


        




1977 : La Chambre de l'évêque de Dino Risi : Marco Maffei
1978 : La Clé sur la porte d'Yves Boisset : Philippe
1978 : Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier : Stéphane
1979 : Le Grand Embouteillage de Luigi Comencini : l’homme aux monologues
1979 : Coup de tête de Jean-Jacques Annaud : François Perrin
1979 : Série noire d’Alain Corneau : Franck Poupart
1980 : Un mauvais fils de Claude Sautet : Bruno Calgagni





1980 : Psy de Philippe de Broca : Marc
1981 : Plein sud de Luc Béraud : Serge Laine
1981 : Les matous sont romantiques de Sotha : le voisin
1981 : Hôtel des Amériques d'André Téchiné : Gilles Tisserand
1981 : Beau-père de Bertrand Blier : Rémi
1982 : Mille milliards de dollars d’Henri Verneuil : Paul Kerjean
1982 : Paco l’infaillible de Didier Haudepin : Pocapena
1982 : Paradis pour tous d’Alain Jessua : Alain Durieux



jeudi 28 mars 2013

WFMU


WFMU est une station de radio non commerciale basée à Jersey City, dans le New Jersey. Elle émet à la fréquence de 91.1 MHz à New York, et à 90.1 MHz (où elle s'appelle WMFU) à la Vallée de l'Hudson. Il s'agit de la plus ancienne radio libre (free form radio) des États-Unis actuellement en activité.
Les programmes de WFMU se caractérisent par une liberté totale laissée à ses DJs et une orientation clairement alternative. Parmi ses animateurs les plus célèbres on peut citer Andy Breckman, Laura Cantrell, Jason Forrest, Nardwuar la serviette humaine (Nardwuar the Human Serviette) ou encore Dennis Diken (batteur de The Smithereens).
La station reçut le titre de « meilleure station de radio du pays » (Best Radio Station in the Country) par le magazine Rolling Stone durant quatre années consécutives (1991-1994) et fut également qualifiée de meilleure station de New York ou même des États-Unis par The Village Voice, New York Press et CMJ, entre autres.

                Ecouter  les programmes ici : http://wfmu.org


WFMU a émis pour la première fois en avril 1958, par le biais d'une licence détenue par l'Upsala College, à East Orange dans le New Jersey. Alors qu'elle était au bord de la banqueroute, Auricle Communications, une association sans buts lucratifs, racheta la licence au collège et la radio devient pleinement indépendante. En août 1998, les locaux de la station furent déménagés à Jersey City, dans un immeuble acquis grâce aux dons des auditeurs. WFMU dispose d'un relai à Mount Hope (New York).


La radio azimutée WFMU, station en roue libre émettant depuis le New Jersey et sur la Toile, a lancé, en avril dernier, Free Music Archive, une ressource de musique libre de haute qualité qu’on peut écouter en streaming ou télécharger gratuitement. Inspiré par les Creative Commons et le mouvement open source, la FMA fournit un cadre légal pour les artistes et leur public afin de faciliter le partage de la musique. Les morceaux ici sont soigneusement sélectionnés par des experts en leur domaine, du 8bit à la vieille folk, du hip-hop à la poésie sonore.

Parmi eux, Excavated Shellac, spécialiste des 78 tours, qui propose plein de raretés, musiques vernaculaires du monde entier. Parmi les autres curiosités audio, l’émission radio Phoning in, où le DJ TYalksonthephone téléphone à des musiciens qui jouent en live au bout du combiné.(Libé)

             En bonus super blog ici : http://blog.wfmu.org/freeform/

Les vacances de Monsieur Hulot

Avec sa pipe, ses pantalons trop courts et ses innombrables gaffes, M. Hulot est un drôle de personnage, sympathique et farfelu. Lorsqu’il part en vacances au bord de la mer avec sa vieille voiture, il s’attire rapidement les moqueries des autres vacanciers.

 Monsieur Hulot arrive dans son automobile antique et pétaradante dans un petit hôtel en bord de mer. Son comportement inhabituel qui tranche avec celui des autres vacanciers va lui attirer une certaine antipathie…Nous sommes en 1953 et voici le deuxième long métrage de Jacques Tati. Il s'agit pour moi de l'un des monuments du cinéma français. Ce pur chef-d'oeuvre d'observation, de poésie et de drôlerie dépeint sans complaisance tous les travers, les absurdités mais aussi les qualités de chacun de nous.ce joyau impressionne encore par ses trouvailles, par ses beaux personnages et par ses nombreux gags qui deviennent de plus en plus nombreux au fil des visionnements.Cette première aventure du célèbre personnage inventé et interprété par Tati se nourrit de plusieurs paradoxes, entre tradition d'un art du music-hall dont son auteur est issu et sa modernité de ton et de forme, entre l'air de fête du début de sa filmographie et la satire poétique de son oeuvre à venir, entre l'hommage au grand cinéma burlesque américain du temps du muet et sa continuelle invention en matière de traitement (comique) du son.



                                  

C'est l'ensemble d' une société qui est passé au crible, du beauf au bourgeois. Tati ridiculise les intelllos qui ont bien du mal à nous en convaincre, il rit des petites gens maniérés, aux habitudes ridicules, qui veulent se donner une importance qu'ils n'ont pas.Pendant ce temps, Monsieur Hulot, en toute   simplicité et indiscipline, profite de cette bêtise humaine qui s'étale autour de lui, se moquant de l'hypocrisie ambiante. Des scènes d'une drôlerie inoubliable parsèment cette oeuvre : le pneu transformé en couronne mortuaire, la partie de tennis et celle de ping-pong, le fiasco du bal masqué, le feu d'artifice et bien d'autres encore. De plus l'atmosphère de cet hôtel triste à mourir, tenu par un personnel sinistre, nous fournit un contraste formidable avec la désinvolture de Jacques Tati. Vraiment rien ne manque.



       

"Les vacances de Monsieur Hulot peut être considéré comme une date dans l’histoire du cinéma. La mise en scène et l’interprétation de Jacques Tati sont en dehors de tout académisme et en ce sens sont précurseurs de la future Nouvelle Vague. On y découvre pour la première fois le personnage de M. Hulot avec sa pipe, ses pantalons trop courts et ses innombrables gaffes. Certaines scènes, comme la leçon de tennis restent inoubliables. Le film lui-même est une satire sans méchanceté des "braves gens" en vacances. Pourtant, en y regardant bien, Tati détruit toutes les valeurs établies en y opposant le marginal Hulot, sorte de révélateur d’un type de société."
P.B.M., Guide des Films de Jean Tular
 

                                                                         

La fameuse musique " Quel temps fait-il à Paris ? ", tourne en boucle dans ce film et dans notre mémoire tel un vieux 78 tours, ce qui ajoute encore au charme suranné de ce séjour en bord de mer des années cinquante.
"En donnant naissance à monsieur Hulot dans une petite station balnéaire bretonne, Tati se dotait d'un double rêveur et maladroit, en décalage avec une société française en marche vers la standardisation des besoins. Ces Vacances, devenues l'une des références du burlesque, offrent une série d'esquisses désopilantes de la bourgeoisie en villégiature, bouleversée par le génial grain de sable Hulot. Plus de cinquante ans plus tard, les gags frappent par leur simplicité et leur efficacité."
       Baptiste Etchegaray

mardi 26 mars 2013

Agent secret

Sabotage  (1936). Formellement, ce film méconnu d’Hitchcock, adaptation d’un roman de Joseph Conrad, est une splendeur. Toute la première partie, d’ailleurs, est à placer dans le panthéon hitchcockien. Malgré une absence d’humour plutôt rare dans l’œuvre du cinéaste, cette plongée au cœur des quartiers populaires de Londres (pas ceux, moite et inquiétant, de Frenzy, plutôt un quartier modeste mais chaleureux, un village dans la ville ; les temps ne sont pas les mêmes) est passionnante et fascinante. En quelques plans étonnants, Hitch plante le décor : la capitale anglaise vit sous la menace de mystérieux terroristes. Un gérant de cinéma, Karl Verloc est tenu en surveillance par le jeune détective Ted, car il est soupçonné d'agir comme saboteur. Se sentant surveillé, il confie la livraison d'une bombe au petit frère de sa jeune épouse...Le garçon traîne en route et la bombe explose pendant le trajet. Le policier convainc la femme de la culpabilité de son mari. Elle se venge en le poignardant, mais tout finit bien car le cinéma explose et masque son crime...
C’est un film extrêmement bien réussi. D’une part pour sa réalisation et d’autre part pour son scénario. Adapté d’un roman de Joseph Conrad, Agent Secret semble être un polar classique alors qu’il diffère sur tout un tas de points. Alfred Hitchcock évite les deux principaux écueils de ce genre de film : l’homme accusé à tort et la police qui ne comprend rien à rien. Ici, nous avons un vrai méchant et un policier qui comprend très bien ce qui se passe. Car toute la tension ne réside pas dans le duo méchant/policier mais dans l’avenir du personnage féminin et de son frère. Le premier titre sous lequel est sorti le film, The Woman Alone, transcrit bien le scénario.



                   
                         

Toute la première moitié du film est exceptionnelle. Les personnages, notamment, sont formidablement bien dessinés : il y a ce flic infiltré, qui soupçonne Verloc, le patron d’un cinéma (étonnant Oscar Homolka), d’être l’auteur des sabotages qui se multiplient. Il y a la femme de ce dernier, jeune beauté émouvante (Sylvia Sidney, craquante et bouleversante). Il y a un étonnant artificier clandestin, qui dissimule ses bombes dans la cuisine où travaille sa fille et où joue sa petite-fille… Hitchcock filme ce petit monde avec une ironie plus mordante qu’à l’accoutumée, qui crée un malaise persistant. Pour ce qui est de la réalisation, alors que le début du film est assez lent, afin de bien poser les personnages, les deux scènes de dénouement sont très longues mais très rythmées. La scène du meurtre de Mr Verloc est la scène la plus commentée de ce film. Pour ma part, j’ai été davantage marquée par la scène où le frère de l’héroïne transporte sans le savoir une bombe. Elle lui a été confiée par Mr Verloc pour être déposée avant qu’elle explose. Le garçon va s’attarder tout au long du chemin et la bombe finira par exploser dans le tramway tuant le garçon au passage.



                                 


Ce que cette scène a de remarquable, c’est la montée de stress qu’elle procure. Hitchcock filme toutes les horloges au passage de l’enfant. A chaque fois qu’il se fait arrêter par une personne extérieure à l’histoire, Hitchcock fait un gros plan du visage de l’enfant où l’on peut lire  l’inquiétude d’arriver en retard pour déposer le paquet. Et finalement, le spectateur a également peur qu’il arrive en retard car il paraît inconcevable de tuer cet enfant. Je trouve que c’est là que demeure le talent d’Hitchcock.
Je noterai également une petite trouvaille de réalisation assez impressionnante. La salle de cinéma collée au salon des protagonistes, ce qui fait que tous les bruitages des films, les coups de feux, par exemple, semble venir du salon. source pichenettes.La dernière partie du film ne manque pas d’intérêt, cela dit. Plusieurs séquences sont même exceptionnelles. Celle, bouleversante, où Mme Verloc, qui vient d’apprendre la mort de son jeune frère, se met à rire devant un dessin animé… ; ce rire fait ressentir violemment l’horreur de cette innocence sacrifiée. Celle, aussi, de la mort de Verloc, tué de la main de sa femme ; s’est-il volontairement dirigé vers cette mort, rongé par la culpabilité ? Hitchcock le laisse penser, tout en faisant planer le doute.(http://playitagain.unblog.fr/2011/07/26/agent-secret-sabotage-dalfred-hitchcock-1936/)

lundi 25 mars 2013

Art Konik

A l’heure où certains musiciens de jazz aventurés dans la jungle électronique font demi-tour - par
peur ? par prudence ? par opportunisme ?- d’autres, moins médiatisés continuent d’avancer et
proposent toujours de nouvelles lectures. Art Konik sans qu’on puisse affirmer qu’il est un «
musicien de jazz » semble cependant avoir compris et intégré dans son langage un certain
nombre de concepts jazz. Notamment le swing et l’improvisation. De plus, il propose une
alternative à l’équation « beat binaire + riffs de cymables + chorus intrumental = électro-jazz ».



           


Finger met en scène, comme pour exacerber la force aérienne des mélodies du pianiste Bobby
Few, une quantité de sons épars et résonnants, en utilisant au maximum les effets techniques de
profondeur. Même procédé sur Mingpark, plus binaire, mais tout aussi coloré de sons, bruitages
et collages urbains et quotidiens – et rapides. La Miche évoque le souvenir d’un Miles revenu
d’entre les morts pour jammer avec un Monk électronique et évasif dans un squat berlinois. On
retrouve ici l’univers de Smadj (dans Equilibriste).



                                    


PVC expose les secrets rythmiques africains les
mieux gardés, mais fait sacrément penser à Truffaz, qui s’inspirait des Last Poets. La palette
sonore s’élargit encore, avec la voix et la guitare et le travail de montage est remarquable,
puisqu’il superpose une quantité croissante de sons sans en annuler leur présence. Tout comme
New York, efficace et urbain et Clap, où de nouveau le oud électrifié de Smadj, associé aux palmas
renoue avec l’héritage arabo-andalou, en 2002, s’il vous plaît !


 Plus loin avec Vendetta Society, ce sont les sons aérés et proprement sales du multi-instrumentiste Jeff Sicard qui viennent s’emmêler aux béquilles bancales d’une rythmique minimaliste.Clarinettes amplifiée, flûtes, sax, tout l’attirail de Sicard y passe et repasse en rerecording. Pour finir, un double morceau, évoque de lointaines contrées et convoque notre imaginaire. Art Konik, sait éviter le fatidique et sempiternel
boom-boom pour signifier le sens électronique de sa création. Il sait aussi s’entourer, notamment
de l’excellent Smadj et de quelques musiciens de jazz, preuve de sa sensibilité musicale.
(source citizen jazz).

Inquiétante au premier abord, la nouvelle est en définitive des plus réjouissantes. Nos écrans de contrôle ont en effet localisé un nouvel alien dans l’espace ethno-groove parisien. Un zoom rapide sur cette créature adultérine nous révèle qu’elle dispose d’un vaste arsenal d’échantillons futuristes et d’instruments acoustiques . Un inventaire plus précis permet ainsi de recenser sax, clarinette, contrebasse et percussion sans oublier l’équipement informatique flambant neuf. Soit une force de frappe impressionnante mise au service de figures libres et suggestives, de compositions hybrides et innovantes...
Comme stimulé par un brise venue du Quatrième Monde, ce percussioniste parisien réussit en fait une alchimie convaincante entre rythmes latino, ambient jazz, traditions sufi et samples non-identifiés. Et si ce "Vendetta Society" n’était rien d’autre qu’une société secrète rassemblant quelques forces obscures et visionnaires répondant aux noms de l’Art Ensemble of Chicago, Fela et DJ Spooky?


                                                     

Percussionniste et batteur de formation, le dernier poulain de l'écurie comet. Envolées percussives, bidouillages électronqiues, jazz et ethno groove.  
                            

                                

dimanche 24 mars 2013

Coltrane

John William Coltrane (parfois abrégé « Trane ») était un saxophoniste de jazz, compositeur et chef de formation américain, né à Hamlet en Caroline du Nord le 23 septembre 1926 et mort à Long Island, État de New York, le 17 juillet 1967.Il fut, après Charlie Parker dans les années 1940 et 1950, considéré comme le saxophoniste le plus révolutionnaire et le plus influent de l'histoire du jazz, meneur du courant avant-gardiste dans les années 1960, et l'un des artistes les plus importants de la musique de la deuxième moitié du XXe siècle.


                                   


 Coltrane a toujours cherché à se dépasser sur tous les plans. Il envisageait sa musique comme une quête spirituelle, semblant vouloir atteindre le divin.
 Sur le plan technique, il explorait de nouveaux modes d'expression, cherchant de nouvelles sonorités, de nouveaux timbres et de nouvelles façons d'étendre la tessiture et la dynamique du saxophone. Sur le plan stylistique, il est parvenu à élargir les horizons du développement thématique et harmonique de cet instrument en combinant l'improvisation à la chaleur du timbre, à la dynamique et au rythme.



                             

                             
                   


« Le jazz – appelons-le ainsi - est selon moi une expression des idéaux les plus élevés. Par conséquent, il contient de la fraternité. Et je crois qu’avec de la fraternité il n’y aurait pas de pauvreté, il n’y aurait pas de guerre. »En 1955, John Coltrane décroche un des contrats les plus déterminants de sa carriere. Le jackpot ou presque! Miles Davis, véritable monstre sacré, lui offre une place de choix : celle, toute chaude, de Sonny Rollins, le nouveau grand virtuose du saxophone. Une chance inespérée et un pari à priori difficile à tenir. Dès ses premières apparitions, John Coltrane assure. 

" Tout le monde était deçu au debut de ne pas voir Rollins dans le groupe, se souviendra Miles Davis. C'était le sax le plus dans le coup depuis Bird et aucun de nous n'avait entendu parler de ce jeune type tout timide, John Coltrane. Mais quand il a commencé a souffler dans son biniou, on s'est tout de suite rendu compte que quelque chose de nouveau se passait. " En fait, John Coltrane, qui est loin de posséder la technique d'un Sonny Rollins, est en train de découvrir un nouvel univers déjà éloigné du be-bop. L'adaptation n'est pas toujours facile. On lui reproche les "bruits bizarres" qui sortent de son saxo... et ses fausses notes parfois. Mais petit a petit, Coltrane ebauche un style. Un jeu volubile, dense, remplissant l'espace et contrastant avec l'art dépouillé du trompettiste vedette.



                            

Les reproches contre l'orchestre de Miles Davis ne concernent pas uniquement le jeu particulier de John Coltrane. Miles Davis a la réputation, depuis son premier groupe. de se traîner le " D and D Band ". alias le " Drunk et Dope Band ", une vraie carte de visite... Et si la star a depuis décroché, ses musiciens, par contre, continuent à sérieusement se défoncer. John Coltrane, qui s'est déjà fait virer de plusieurs formations pour ces raisons, est depuis des années un sérieux client des dealers, et se prend parfois à somnoler, entre deux solos, complétement à côté de ses pompes (une nuit, il absorbera même la totalité du flacon d'heroïne qu'il devait partager avec ses petits camarades). Du coup, si musicalement l'entente entre les deux hommes est de plus en plus parfaite (débouchant souvent sur des moments magiques), d'un point de vue plus personnel on frise souvent le drame (Miles Davis, excédé, en vient parfois aux mains). Début 1957, le groupe explose enfin et Coltrane rentre à Philadelphie pour entamer une nouvelle métamorphose.




Lorsqu'il réapparaît à New-York, en juillet 1957, sur la scène du Five Spot en compagnie du pianiste Thelonious Monk, John Coltrane est un homme nouveau, désintoxiqué, mais surtout complétement libéré, profitant de la musique complexe et sophistiquée de son complice pour faire déferler de folles cascades sonores et défricher de nouveaux champs encore inexplorés. Celui qui va devenir en peu de temps un des géants de la musique vient une fois de plus de franchir un grand pas.
La violente cure de désintoxication que Coltrane s'impose (il reste enferme chez lui à ne manger que des légumes, pendant que sa mere et sa femme Naima le soutiennent en priant!) constitue évidemment un élement déterminant pour la suite de la carrière du saxophoniste. A partir de cette époque. John Coltrane prend une nouvelle allure de croisière (qu'il maintiendra jusqu'à sa mort), travaille son instrument comme un dément, jour et nuit, et consacre la quasi-totalité de sa vie à la musique, à toutes les musiques. Car dès 1957, John Coltrane commence à s'intéresser à l'Afrique ou aux philosophies orientales, à la recherche de racines plus larges, plus universelles qu'il finira plus tard par synthetiser...


           

bonus ici !

Les six mois avec Monk lui ont fait faire un formidable bond en avant. John Coltrane est mûr pour une carriere plus personnelle et commence à enregistrer les premiers disques sous son nom. "Lush Life", "Soultrane" ou "The Last Trane", témoignent de cette époque de résurrection. Mais c'est un fantastique disque de blues enregistré pour Blue Note, "Blue Train", (où il transcende véritablement le genre) qui va soudain le faire connaître à un public plus large et le pousser sur les sentiers de la gloire.
Entre deux de ces enregistrements, John Coltrane retrouve Miles Davis qui lui donne au sein de son groupe une liberte dont il va largement profiter. Face au dépouillement du jeu de Miles, Coltrane joue désormais la saturation. au gré d'interminables solos qui épuisent littéralement le reste des musiciens, lancé dans un jeu frénétique, fait d'allers et retours permanents. Pour le public de plus en plus nombreux qui commence à le suivre, John Coltrane est maintenant "le saxophoniste en colère". Et l'histoire, à l'image de ces folles improvisations, soudain s'accélère...


                     


Cinématic Orchestra

The Cinematic Orchestra est un groupe britannique d'influence jazz et down-tempo fondé en 1999 par Jason Swinscoe, alors employé de la maison de disques londonienne Ninja Tune. C'est dans les années 1990 que Jason se fait connaitre en travaillant sur plusieurs radio (heart-FM, radio 1, Radio 1 Worl Wide). Dans les mêmes années il monte son propre club : le Loop. Le concept étant pour les DJ comme pour les musiciens, de refaire la B.O d'un film de leur choix. Le film est projeté en même temps que les DJ jouent de la musique déjà existante, tricotant des passages de dialogues et autres sons de la vraie B.O. Après avoir signé un remix pour Ninja Tune (compagnie pour laquelle il travaille dans le but de découvrir les rouages du système), Jason Swinscoe se voit proposer par un label allemand d'enregistrer ses propres compositions. Pour des questions juridiques, Swinscoe doit se dissimuler derrière un autre nom. Ce sera Cinematic Orchestra. Ce sera finalement Ninja Tune qui sortira le premier album (Motion).


   


Voici donc l'album qui justifie le nom du célèbre groupe de Ninja Tune, la bande originale du film muet de 1929 de Dziga Vertov : "Man With The Movie Camera". Ce projet débute en 1999 quand J. Swinscoe (leader du groupe) est amené a performer en live au Festival du Cinéma de Porto cette bande son. Il en résulte un véritable triomphe et l'expérience sera renouvelée. Aujourd'hui, le film sort en DVD chez Ninja Tune, accompagné bien évidemment par cette BO. Les 17 morceaux qui la composent sont aussi passionnant que ceux de leur album précédent Every Day (inspiré justement par le travail effectué sur la BO). Bien que certains thèmes soient communs à ce précédent album, les versions présentées ici sont un régal. "Dawn","Work it!" et "Theme de Yoyo" sont de purs bijoux. Cette BO ravira les fans de Cinematic et convaincra les autres.

                                    

Voici enfin la suite de Motion, toujours sept titres, mais quels titres !!! Le disque débute avec "All That You Give" dans un esprit magique, avec des nappes de harpes des plus agréables rapidement rejoint par un ensemble de violons et une contrebasse. Ajoutez à cela la voix de Fontella Bass, et vous obtenez un excellent premier morceau qui vous plonge immédiatement dans le monde de Cinematic Orchestra. "Burn Out" poursuit dans un esprit très paisible, "Flite" accélère un peu le bpm qui va être immédiatement ralenti par "Evolution" avec de nouveau Fontella Bass. Morceau remarquable également : "All Things To All Men" où est invitée une pointure du hip-hop britannique. Le flux tranquille de Roots Manuva sur une instru de The Cinematic Orchestra, que demandez de plus ? En résumé : rien à reprocher, faire un album aussi bon que Motion n’était pas chose aisée, The Cinematic Orchestra a été à la hauteur. A noter : une préface signée Gilles Peterson.