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vendredi 28 août 2015

Richard Erdman

Richard Erdman est un acteur américain né le à Enid, Oklahoma.

Danger Signal(1945) .Quand Alice Turner est retrouvée morte, dans sa chambre, sa gouvernante est surprise d'apprendre que l'homme avec qui elle vivait n'était pas son mari. L'enquête conclut à un suicide. Le mari, bien réel, d'Alice est quant à lui persuadé que sa femme a été assassinée. Pendant ce temps, Ronnie Mason, ainsi que se fait maintenant appeler l'homme qui a précipitamment quitté l'appartement d'Alice Turner, s'installe dans une autre ville. Il se fait passer pour un écrivain et loue une chambre dans la maison qu'Hilda Fenchurch partage avec sa mère. Il courtise activement Hilda, lui offre une bague de fiançailles puis change ses dispositions lorsque réapparaît la jeune soeur d'Hilda, Anne, pourvue d'une confortable fortune...




                              


Zachary SCOTT (Ronnie Mason), Richard ERDMAN (Bunkie Taylor), Rosemary DeCAMP (Le docteur Jane Silla), Bruce BENNETT (Le docteur Andrew Lang), Mona FREEMAN (Anne Fenchurch), John RIDGELY (Thomas Turner), Mary SERVOSS (Mrs. Fenchurch), Joyce COMPTON (Kate), Virginia SALE (Mrs. Crockett), Clancy COOPER (Le capitaine), Robert ARTHUR (Le garçon d'hôtel), Monte BLUE (Un policier en voiture), Howard M. MITCHELL (Un locataire), James NOTARO (Un policier en voiture), Paul PANZER (Un policier), Addison RICHARDS (Un inspecteur de police), J. Scott SMART (Un locataire).
Bon film noir, subtil et intelligent qui approfondit bien la psychologie des protagonistes. Seul ombre pour ce noir : le code Hays qui sévissait à l'époque et qui nous contraint à découvrir une fin qu'on aurait souhaitée plus dérangeante...  Cela étant dit, vous n'oublierez pas le regard perfide et amoral de Zachary SCOTT... Une jolie découverte.


          

L'implacable(1951) .Dick Powell sort de prison et il est po content ; on le serait à moins : il vient de tirer cinq ans pour un hold up qu'il n'a pas commis. Il avait choppé une peine à vie mais il sort grâce au témoignage d'un marine qui confirme l'alibi qu'il avait donné cinq ans plus tôt... Le truc sûrement le plus surprenant dans l'histoire, c'est qu'il ne connaît ce type ni d'Eve ni d'Adam... On comprend vite que le gars est persuadé que Dick a fait le coup et s'attend à un ptit cadeau en échange. Dick a tôt fait de l'en dissuader - ben non mon gars, pas de bol, ni pour toi, ni pour moi... - mais il ne flingue pas tous ses espoirs : Dick pense savoir qui a fait le coup et il est prêt, pas chien, à partager le pactole. Le déroulement de l'intrigue est simple comme bonjour : Dick se rend chez le gros Castro (William Conrad, gluant comme il faut) et comme il sait qu'il est à l'origine du casse, il est bien décidé à lui faire cracher le morceau, avec, si besoin est, les dents avec... Voilou. Entre-temps on aura quand même droit à deux trois petits classiques du genre : Dick suivi à la trace par un flic qui ne cesse de lui demander des comptes, Dick et les moult gonzesses qu'il croise qui sont le plus souvent à ses genoux (en particulier son ancienne pinco, Rhonda Fleming, mais comme elle est mariée à son pote qui est en taule - qui a pris six ans sur la même histoire -, po touche... même s'il est tenté) et Dick et les balles qu'il cherche à éviter - apparemment, son retour ne fait po plaisir à tout le monde.


          

Le film vaut surtout pour le flegme imperturbable de Powell, prêt à faire payer quiconque l'a entraîné il y a cinq ans dans cette sordide histoire. Castro passe son temps à le mener en bateau mais quand Dick commence à entreprendre avec lui une petite partie de roulette russe (toujours aimé ce jeu, jamais voulu y participer sinon...), le bateau coule (bien aimé la façon dont Powell l'allonge sur le bureau pour qu'il passe à confesse...). Powell ne peut sinon s'empêcher, bien qu'il soit intérieurement ultra vénère, de passer son temps à cracker des jokes mais toujours avec une froideur quasi british. Bien aimé aussi cette façon de faire croire aux donzelles qu'il est toujours partant avant de, généralement, leur claquer dans les doigts : ces cinq ans passés en taule lui ont, à coup sûr, mis du béton dans le bide et le gars paraît résolument sans pitié... No hard feeling ? Ouais, c'est ça... Une trame limpide, un héros caustique et déterminé, le ptit lot de pépètes qui va bien avec : un noir joliment épuré et efficace. C'est implacable, vi. Source : 
http://shangols.canalblog.com/archives/2012/02/02/23418070.html

jeudi 27 août 2015

Mark et Boris

Jack J. Gross en prenant la tête de la R.K.O. rêve de films prestigieux " à la Universal ", des films en costume ou encore des adaptations d’écrivains réputés. The Enchanted Cottage (1945) de John Cromwell ou encore China Sky (1945) de Ray Enright ne convainc cependant pas le public, et Gross essuie plusieurs échecs consécutifs. Décidé à remonter la pente, il signe Boris Karloff pour trois films. Val Lewton, en charge de la "section" fantastique, est peu intéressé par l’acteur, trop marqué par le genre pour prendre naturellement sa place dans les œuvres en demi teinte que le producteur affectionne tellement. The Body Snatcher, réalisé par Robert Wise en 1945, organise un face-à-face entre Karloff et Lugosi, mais ne constitue pas une franche réussite. L’Île des morts et Bedlam, tous deux réalisés par Mark Robson, constituent les deux autres films de cette collaboration entre l’acteur et le studio. Robson a été monteur à la RKO (en collaboration avec Robert Wise sur Citizen Kane et La Splendeur des Amberson) et c’est, comme son confrère, sous l’égide de Val Lewton qu’il fait ses débuts au cinéma en 1943 avec La Septième victime (The Seventh Victim). L’Île des morts voit son scénario construit à partir du tableau d’Arnold Boecklin, œuvre déjà présente dans Vaudou où il ornait un mur. Fait rare que celui de s’inspirer d’une œuvre d’art pour faire un film, témoignage de l’amour de la culture qui imprègne Val Lewton. Mais les influences picturales ne s’arrêtent pas à la seule peinture de Boecklin, et le producteur éprouve également le désir de mettre en image les ambiances mortuaires de la série des désastres de la guerre de Goya. En charge alors pour les scénaristes Josef Mischel et Ardel Wray de donner une cohérence à l’ensemble. Le premier a signé l’adaptation de Mademoiselle Fifi de Maupassant (première réalisation de Robert Wise) et plonge de nouveau dans l’évocation de la guerre, la hiérarchie militaire et trouve dans l’Île des morts un lieu clos comme l’était l’auberge du film de Wise. Ardel Wray, après L’Homme léopard et Vaudou, est quant à lui imprégné de l’univers de Lewton et assure ainsi la continuité d’une série d’œuvres dont la teneur esthétique et thématique tient tout autant de son célèbre producteur que des conceptions propres des réalisateurs qui se sont succédés.



           


On retrouve en filigrane les visions fantastiques qui hantaient le Vaudou de Tourneur : une femme malade dont les forces s’amenuisent au fur et à mesure que la nuit l’aspire, une jeune fille diaphane parcourant des décors plongés dans l’obscurité et dont les plis de la robe flottent doucement dans la brise nocturne, la silhouette inquiétante d’une forêt qui étend ses branches comme autant de bras malingres… « Songez aux heures du sommeil. Qu’advient-il ? Quand le corps gît, que fait l’esprit ? Avec quel démon passe t-il son temps ? Et dans quel dessin ? », même rêveries nocturnes qui baignent les œuvres de Tourneur pour illustrer une obsession de la mort si prégnante dans les productions de Lewton. Cette image de la mort devient le centre du film. Dès le début ce sont des charniers, la maladie qui s’abat sur les soldats, les corps chargés dans des charrettes. Puis au rythme languissant d’un film qui refuse la précipitation, elle devient l’enjeu de chaque personnage qui attend patiemment ou qui au contraire tente vaille que vaille de trouver une issue. L’Île des morts est une allégorie sur la peur ou la résignation devant la mort. La Valalorka est comme un refuge pour des personnes qui ne peuvent expliquer rationnellement le fait de mourir et qui cherchent dans la magie une sorte de réconfort à cette grande interrogation qui les taraude. Comme dans Vaudou ou Rendez-vous avec la peur, Lewton confronte le rationalisme scientifique aux inconnues de nos existences, montre comment il cède le pas aux croyances et aux mythes.


                            


Si l’exploration de ces thèmes donne une véritable dimension au film, celui-ci souffre malheureusement d’un rythme et d’une construction bancals. Les fils du scénario ne sont pas pleinement exploités, voire abandonnés en cours de route. Le scénario, qui ne convainc pas Lewton, est constamment réécrit et bientôt le tournage s’arrête suite à l’hospitalisation de Boris Karloff. L’acteur, remis de sa blessure, enchaîne sur le tournage du Récupérateur de cadavres et il faut attendre plusieurs mois pour que Robson puisse enfin boucler un projet qui visiblement ne passionne plus guère ses initiateurs et que la R.K.O. a déjà inscrit dans la colonne des pertes. Il faut attendre la fin du film, dont James Agee a dit qu’elle était « la plus brutalement effrayante et satisfaisante que j’aie jamais vue dans un film d’horreur », pour retrouver l’ambiance réellement oppressante des réalisations de Tourneur. La mise en scène de Robson retrouve de la puissance d’évocation de La Septième victime. Il utilise les décors pour raccourcir le cadre de chaque côté afin de transformer ses images en véritables tableaux. Il exploite la nuit, les ombres qui aspirent les personnages. Les hors champs emplis de mystères sont des promesses inquiétantes faites aux personnages. Des instants où le film devient magique et n’est plus seulement porté par l’interprétation étonnante et sensible de Boris Karloff, mais par un vrai souffle dans une mise en scène jusqu’alors léthargique. C’est peu, mais c’est déjà énorme. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/l-ile-des-morts-robson


                              


Je viens de visionner un film de Mark Robson, de 1946 : Bedlam, avec Boris Karloff, Anna Lee,... Une petite merveille, dans le genre "fantastique réaliste". A Londres au XVIII° siècle, une jeune femme spirituelle et audacieuse s'intéresse aux conditions d'internement inhumaines des malades mentaux au Bethlehem Asylum, BedlamLe directeur de l'établissement, l'effrayant Maître Sims, magistralement interprété par Boris Karloff, va finir par faire enfermer la jeune femme à l'asile. Je ne dévoile pas la suite... Ce film est une production de la RKO, la prestigieuse compagnie, qui connait son apogée entre 1930 et 1949. Ce film a été censuré en Angleterre, à cause de sa féroce remise en question des asiles psychiatriques. Il a été inédit en France jusqu'en 1974. Belles photos, beaux décors, un Boris Karloff qui interprête magnifiquement un directeur d'asile odieux et machiavélique. Ce film est en fait un plaidoyer fort pour la prise en considération des pensionnaires des asiles, et contre les agissements de personnages haut placés pour faire interner des personnes qui auraient pu leur nuire. Ce n'est pas un film d'horreur, mais un film plus réaliste qu'il ne semble à première vue, une chronique sombre de l'Histoire. Un film qui aborde avec maestria des questions essentielles : la vanité et l'égoïsme de la classe gouvernante, la liberté d'expression, l'humanisme, les droits de l'homme, la justice. Vraiment, un beau film à emprunter dans les médiathèques, et à découvrir.
Ce film s'inspire de la série des 8 peintures de William Hogarth (1697-1767) datant de 1733 et intitulées "A rake's progress", que je traduirais par "L'itinéraire d'un débauché".
Cette série de peintures raconte l'histoire de Tom Rakewell, un jeune homme qui, après avoir hérité de la fortune paternelle, suit le chemin du vice et de la débauche, pour finir par sombrer dans la folie, et être interné à Bedlam. Il y est enfermé avec un musicien, un astronome et un archevêque...



          

On y voit de jeunes femmes bien comme il faut venir y observer les malades mentaux, et c'était effectivement à l'époque une distraction très prisée en ville. On peut en voir le détail sur : http://www.soane.org/rakesprogress.htm
La question des internements abusifs est-elle encore d'actualité ? Il parait que dans certains pays....  Source : 
http://lepromeneurdu68.blogspot.fr/2010/05/une-histoire-de-fous-bedlam.html
Même si ce n'est pas Jacques Tourneur derrière la caméra, on ressent rapidement la griffe du producteur Val Lewton sur cette oeuvre, d'autant plus que rarement Mark Robson aura été autant inspiré derrière la caméra. Car Bedlam fait partie de ces oeuvres rares, habile croisement entre le fantastique et la poésie. Si l'ensemble est très soigné, on est séduit également par le climat onirique qui règne pendant tout le film, et dont le point culminant est la présence d'Anna Lee dans l'asile. Rarement film aura alors trouvé une telle dimension poétique, de mystères d'une singulière beauté. L'inteprétation d'une grande sobriété de Boris Karloff vient conforter cette impression pour au final un film difficilement oubliable. Un bijou. (Caine 78)