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mardi 31 mars 2015

Hervé Bromberger

Hervé Bromberger est un réalisateur et scénariste français né le 11 novembre 1918 à Marseille, et mort le 25 novembre 1993 (France). Journaliste, collaborateur de Decoin et de Cocteau, il a oscillé dans son oeuvre de réalisateur entre le mal de la jeunesse (Asphalte) et Daniel Rops. Il y a des choix meilleurs. A sauver pourtant, outre La bonne tisane, satire des hôpitaux où Estella Blain était émouvante, un excellent film noir, Identité judiciaire, où Debucourt était remarquable en avocat meurtrier.Il débute comme journaliste, côtoie Henri Decoin et participe à plusieurs films avec Decoin et Jean Cocteau. Il entame une carrière de réalisateur en 1949, oscillant entre la satire sociale, la description des difficultés de la jeunesse et l'adaptation littéraire. Le classicisme de sa mise en scène nuit souvent à l'esprit ironique qu'il voudrait insuffler. L'Inconnu d'un soir est une fable sur le pouvoir et l'amour. Identité judiciaire montre un avocat assassin qui défend le faux coupable. Seul dans Paris, avec un surprenant Bourvil, est une description amusée des provinciaux dans la capitale. La Bonne Tisane est une satire des milieux hospitaliers.Les Loups dans la Bergerie qui lance la carrière de Françoise Dorléac, oppose des truands à des éducateurs pour enfants inadaptés. Mort où est ta victoire ? est une adaptation de Daniel Rops qui décrit le destin mélodramatique d'une religieuse. Un Soir à Tibériade est également rempli de noirceur et de religiosité. Cinéaste honnête, il termine sa carrière à la télévision (Jo Gaillard, La Nuit du Général Boulanger).


                                  


Les Fruits sauvages est un film français réalisé par Hervé Bromberger, sorti en 1954.
En voulant protéger sa jeune soeur Christine sur le point d'être livrée à la prostitution, Maria tue involontairement son père. Elle s'enfuit avec ses frères et soeurs : Michel qui emmène avec lui la jeune fille qu'il aime, Anna, José et Frédéric, ainsi que Hans, un ami. La petite troupe parvient dans un village abandonné de Provence. La vie s'organise et Michel fait d'Anna sa maîtresse ; celle-ci attend d'ailleurs bientôt un enfant de lui. Les gendarmes finissent par retrouver la trace des fugitifs, qui réintègrent leur domicile, à l'exception de Maria qui se suicide.
Quelle aubaine de revoir cette pépite oubliée montrant le road movie campagnard d'une petite tribu adolescente fuyant la misère, le taudis et le père aviné en permanence pour se ressourcer au contact d'une nature à image fixe fidèle à elle même depuis la nuit des temps. Une agréable parenthèse rurale permettant à des jeunes sans repères de découvrir à l'air pur liberté et sensualité en attendant la venue des hommes et de leurs pénalités. Un très bel opus rageur et sensible sur l'éveil d'un "moi" impossible à révéler en milieu urbain. Source : http://television.telerama.fr/tele/films/les-fruits-sauvages,27029.php



         


La Bonne Tisane est un film français réalisé par Hervé Bromberger et sorti en 1958Il s'agit d'un film policier tourné en noir et blanc. Le début du film présente deux histoires en parallèle, sans lien. Dans la seconde partie les deux histoires se rejoignent. Un caïd, René Lecomte, de retour en France après un séjour à l'étranger, se fait tirer dessus lors d'un règlement de compte. Gravement blessé il parvient à ramper jusqu'à l’hôpital ou il est découvert par Thérèse une jeune infirmière idéaliste dont c'est la première nuit de garde. La grande majorité du film se déroule dans l’hôpital. La description du milieu hospitalier est assez surprenante. A part Thérèse qui a pour obsession d'aider les malades, le reste du personnel semble très porté sur le sexe ... On est en plein fantasmes avec des infirmières qui défilent dans les bureaux des médecins pour assouvir leurs besoins. Thérèse se fait littéralement harceler par le docteur Augereau mais on a l'impression que tout le monde trouve cela normal dans l’hôpital. Elle finira dans ses bras à la fin du film ... Lecomte blessé n'en finit pas d'agoniser et de ressusciter ... c'est tout à fait irréaliste. Cependant le film a une tonalité sérieuse, dramatique, sans second degré. L'interprétation est plutôt bonne mais les acteurs surjouent leurs personnages qui sont assez caricaturaux. La mise en scène ne montre rien de bien captivant. Les décors sont assez limités. Même si cela se déroule durant une nuit, l'hôpital a l'air désert. Les dialogues ne sont pas passionnants. Ils frisent parfois le ridicule notamment dans les dernières scènes lorsqu'au petit matin le personnel de l’hôpital quitte le travail en discutant ... Les truands parlent un langage argotique qui contraste bien avec le langage des médecins et des infirmières.


   


"La bonne tisane" porte bien son nom tellement le mélange proposé au spectateur est parfois soporifique. Le metteur en scène qui réalisera seulement 10 films semble hésiter entre parodie et hommage aux films policiers de Becker, qui 4 ans plus tôt ont remis Gabin au goût du jour. L'air mauvais de Blier dès l'entame du film dans l'avion qui le ramène du Brésil nous persuade de rapidement le voir jouer les gangsters à la manque qui ont accompagné Gabin et Ventura dans les comédies géniales de Grangier ou Lautner. Mais nous sommes en 1958 et il faudra attendre encore 3 ans avec la sortie du "Monocole" ou du "Cave se rebiffe". En réalité Blier n'a pas encore opéré sa mue en acteur comique et Bromberger bien maladroitement tente de lui faire endosser le costume du Max le menteur joué par Gabin dans "Touchez pas au grisbi". Aussi bon acteur était Blier il ne pouvait pas endosser toutes les défroques. Blier s'en est sans doute rendu compte et il semble profiter de ce petit nanar pour rôder les rôles qui illumineront sa deuxième partie de carrière. 


                                

A partir de ce malentendu et du manque de moyens évident, Bromberger qui n'était pas un aigle derrière la caméra nous sert une tisane un peu indigeste. Reste le plaisir de voir Raymond Pellegrin en médecin séducteur à moustache et surtout la scène finale surréaliste et grandiose où un Blier au bord de l'agonie, grimaçant à l'extrême se ballade tel Nosferatu dans cette clinique désespérément vide où Bromberger nous a cantonné une heure durant. En sus, nous avons le plaisir de voir combien Estella Blain était jolie et de découvrir Stephan Audran avant que son nez refait lui donne le charme que l'on connait. Pour sûr que si Lautner a vu le film, il a été conforté dans son choix de faire de Blier le pivot de ses premières comédies . Un film mineur qui marque une transition dans le parcours d'un de nos plus grands acteurs. 
Source : http://www.senscritique.com/film/La_Bonne_tisane/critique/42154359

Speak Like a Child

Speak Like a Child est le sixième album du jazzman Herbie Hancock sorti en 1968 sur le label Blue Note.
La photographie de la pochette, prise par David Bythewood, figure les silhouettes d'Herbie et de sa petite amie de l'époque, Gigi Meixner.
Herbie Hancock cherchait à l'époque une « musique entre le jazz et le rock. » En 1966, il avait enregistré un album de funk qui n'a jamais vu le jour parce que le résultat n'était pas concluant : « j'essayais de faire un album de funk sans rien connaître du funk. »
Sur cet album, le pianiste voulait se rapprocher de l'enfance sans être infantile. Il sentait que sa musique n'était pas en phase avec les évènements de l'époque (émeutes à Chicago ou à Baltimore à la suite de l'assassinat de Martin Luther King, crise économique), parce qu'il voulait tourner « un regard vers ce que pourrait être un futur joyeux. » Il cherchait à retrouver certaines qualités enfantines, telle la pureté, la spontanéité. Il faut entendre le titre de l'album (« Speak like a child », « parle comme un enfant ») comme « pense et ressent en terme d'espoir pour faire advenir un futur moins impur. »


                 


Pour Herbie Hancok, cet album poursuit le travail entamé sur Maiden Voyage dans l'utilisation de mélodies simples et « chantables ». La différence réside dans le travail harmonique : « Pour la plupart, les accords de ces morceaux sont plus « free » dans le sens où ils ne sont pas facilement identifiables de manière conventionnelle. » Son travail, plus porté sur les sons et les couleurs instrumentales que sur la définition d'accords, est influencé notamment par Gil Evans, Oliver Nelson ou Thad Jones.
Les morceaux Riot et The Sorcerer avaient d'abord été enregistré avec le Miles Davis quintet sur Nefertiti en 1967. Le quintet a voulu enregistrer Speak Like a Child sans parvenir à une prise aboutie.
First trip est le seul morceau qu'Hancock n'a pas composé sur cet album. Il est dû au bassiste Ron Carter qui l'a dédié à son fil Ron Jr. Hancock a modifié quelque peu la mélodie pour la faire sonner plus librement, « hors des contraintes structurelles et harmoniques. »


                                

Cet avant-dernier opus Blue Note est considéré comme son chef-d'oeuvre. Herbie Hancock se plait à brouiller les cartes et les morceaux interprétés ne se rattachent à aucun style jazzistique précis. "Riot" tire néanmoins vers le swing, "Speak Like A Child " et "Goodbye To Chilhood" vers la ballade et "First Trip" est un hard bop mélodieux.
Hancock reste cependant un musicien accessible pour l'auditeur moyen tout en développant une musique originale et extrêmement sophistiquée, permettant à chacun de ses sidemen de faire la preuve de leurs talents (et ils en ont). Tout d'abord l'approche est original: le trio d'Herbie, composé de l'excellent Ron Carter et de Mickey Roker, est complété par une mini-section de cuivre (trompette, trombonne basse et flûte!!), mené par Thad Jones. Il n'y a que des solos de pianos, et des riffs de cuivres interviennent sur quelques passages; les arrangements, faits par Herbie et Thad Jones pour les cuivres, sont superbement pensés et interprétés.

Tout l'album est superbe, mais "Riot", "First Trip" et surtout le sublime "Speak like a child" sont vraiment des sommets. Le titre "Speak like a child", cette version surtout, reste pour moi le sommet de tout ce qu'a pu faire Herbie, à la fois en composition, interprétation et arrangements. A posséder absolument pour tout les fans d'Herbie, et plus généralement pour les amateurs de Hard-Bop et de jazz modal. Source : Oliv'