.

.

samedi 17 février 2018

La Neige en deuil

Un avion s'écrase dans la montagne (je crois que le film fut tourner à Chamonix au Mont Brévent) et les personnages qu'incarnent Robert Wagner et Spencer Tracy vont partir à la recherche de survivants. Ces 2 hommes ont des caractères opposés et n'y vont pas pour la même raison. Un bon film dont le meilleur reste la fin.Le cinéaste Edward Dmytryk retrouve Spencer Tracy et Robert Wagner qu'il avait déjà dirigé deux ans auparavant dans l'ambitieux "The Broken Lance".The Mountain est un drame montagneux où l'on se laisse embarquer par des paysages à couper le souffle, le résultat est bouleversant, tant la dignité de Tracy suscite le respect! Dans sa bouche, pas de haine envers Wagner qui joue son frère opportuniste, sans aucun scrupule et bien plus jeune que lui (voir un peu trop même, avec 30 ans d’écart au compteur). Dans ces yeux, pas de pleurs non plus! Juste une volonté de témoigner au nom de la mémoire de son frère qu'il était un héros! Du haut de ses 56 printemps, Tracy prouve une fois encore qu'il était toujours prêt à mener des expériences afin de pousser encore plus loin les limites de son art! Chapeau bas monsieur! Car ce beau film de Dmytryk, bien aidé il faut le souligner par le Technicolor, mérite aussi une attention particulière, ne serait-ce pour les sommets enneigés que nous traversons et qui montrent que la montagne est belle mais qu'elle peut-être aussi dangereuse, cruelle et sans pitié! Ce qui rend cette expédition de haute montagne encore plus vraisemblable et captivante à suivre...Spencer Tracy n'avait que 56 ans quand il a tourné ce film, mais il en parait 70, de sorte qu'on imagine mal un homme de cet âge accomplir de tels exploits. En revanche, il exprime à la perfection l'effort et la souffrance. Son personnage est très crédible, sur le plan psychologique. Sans effets spéciaux, ce suspense d'alpinisme est très réussi. On regrettera toutefois le caractère très moraliste du scénario et la petite bondieuserie finale qui affadit le propos. N'empêche que Edward Dmytryk, s'il fit partie des délateurs d'Hollywood qui dénoncèrent leurs camarades à l'époque du maccarthysme, n'en fut pas moins un réalisateur talentueux.Excellent. Adaptation d'un roman français et d'un fait réel. Un avion parti des Indes se crash dans la montagne, près du Mont-Blanc.


   

Beau film avec Spencer Tracy et Robert Wagner. Deux frères avec des idéaux bien différents tout comme leurs âges. L'un est fermement proche de Dieu et l'autre ne veut qu'argent et richesse. Par la grande affection qu'il porte sur son jeune frère, il acceptera de reprendre l'ascension avec lui pour ne pas qu'il meurt de l'hostilité de la montagne. Mais... tout se déroulera pas comme prévu. Poignant et terrible confrontation. Stallone à eu son Cliffhanger, Spencer Tracy à sa propre version également.Un film qui est très intéressant par l'antagonisme entre les deux frères qui font la montée, un antagonisme qui perdure de bout en bout et qui apporte beaucoup de crédit à l'histoire. Une histoire pas mal mais dont la première partie est assez ennuyeuse, celle de la montée. Il existe peu de rebondissements, beaucoup de longueurs. Le plus étonnant dans ces moments plus longs est que ça donne envie malgré tout d'escalader avec eux. Globalement, voilà un film assez bon avec un dénouement surprenant !!Excellent Film à la fois d aventure , psychologique et moral , tiré du roman français d ' Henri Troyat . Le Film a été tourné dans la vallée de CHAMONIX en HAUTE SAVOIE et les décors naturels sont époustouflants , tout comme les décors artificiels ,qui , étrangement , s intègrent parfaitement à l histoire , tellement les acteurs sont convaincants.


                 

Car oui , les deux acteurs ( qui jouent des frères ! ) sont excellents , on croirait vraiment qu ils grimpent , avec une mention spéciale pour le plus vieux des frères . Ce film est également psychologique sans être manichéen , il témoigne de la nature humaine dans ce qu elle a de pire et de meilleur ,avec un jeune Christophe qui a grandi sans parents , un sauvageon ( au sens botanique du terme , mais aussi dans l ' autre ) vénal, arrogant et donc stupide, et un Isaie, homme simple et humble , tiraillé entre son amour fraternel , sa consternation et son sens du devoir qui va être , dans la seconde partie du film, particulièrement mis à l ' épreuve . La question de l éducation se pose aussi à travers ce film : doit on se sentir responsable jusqu au bout de ceux qu on a élevés , et endosser leurs échecs et leurs travers en guise de pénitence ? Je tiens à souligner qu on ne s ennuie pas une seconde , tellement le film est prenant , bien joué , bien réalisé , et ce sans aucun effet spécial , témoignant d une époque ou il fallait faire montre d une attention permanente et d un vrai respect du spectateur en soignant le scénario , la psychologie des personnages et la réalisation .(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-61637/critiques/spectateurs/)

vendredi 16 février 2018

99 River Street

L'affaire de la 99ème rue est un peu plus qu’un film B, mais ce n’est pas un budget important et les acteurs sont des acteurs de second rang. Mais c’est un film noir signé Phil Karlson et cela veut dire qu’il y a une certaine qualité cinématographique qui vaut généralement le déplacement. Sans doute Phil Karlson ne s’attendait pas à être considéré dans le temps comme un auteur à part entière, sans doute se considérait-il plutôt comme un bon artisan. Mais voilà, il faut bien reconnaître qu’avec les années qui ont passé, on arrive aisément à reconnaître un vrai style. C’est l’histoire d’un ancien boxeur, Driscoll, qui a échoué aux portes du titre mondial. Et depuis il vivote petitement, ce qui alimente non seulement ses aigreurs, mais aussi celles de sa femme, Pauline, qui l’a épousé parce qu’elle croyait qu’il allait devenir riche et qu’elle pourrait en profiter. Mais voilà la déconfiture de Driscoll est telle qu’elle est obligée de travailler comme fleuriste et Driscoll est devenu chauffeur de taxi. Son seul rêve est maintenant de faire suffisamment d’économies pour pouvoir prendre en charge une station-service. Mais le hasard veille et rien ne va se passer comme Driscoll le voudrait. Tout d’abord sa femme s’est pris un amant, Rawlins, et s’est acoquinée avec un voyou qu’elle va aider à dévaliser une bijouterie. Driscoll la surprend cependant dans les bras de Rawlins et il lui vient comme une envie de mourir. Dans le café où il a l’habitude de prendre son café, il croise une habituée, Linda, qui espère décrocher enfin un rôle dans un théâtre de Broadway. Mais voilà qu’elle demande de l’aide à Driscoll, elle prétend avoir tué un homme. Celui-ci se laisse entraîner, mais il va se révéler que c’est une supercherie, ayant le sang chaud, il va envoyer au tapis la clique du théâtre qui s’est moqué de lui. Ce qui va amener celle-ci à porter plainte. Driscoll est donc recherché par la police.


                

Pendant ce temps Rawlins cherche à vendre les diamants qu’il a volés, mais Christopher, le receleur, ne veut plus traiter avec lui au motif que Pauline est maintenant au courant et surtout parce que le vol des bijoux a entraîné un meurtre. Rawlins va alors imaginer un plan diabolique pour se débarrasser de Pauline et réaliser l’échange du butin contre de l’argent. Il va se débrouiller pour qu’on croie que Driscoll a tué sa femme. Ça sent vraiment mauvais pour Driscoll qui est pourchassé maintenant pour deux raisons, le fait d’avoir rossé des théâtreux et celui bien plus grave d’avoir assassiné sa femme. Malgré cette situation des plus périlleuses, il va recevoir l’aide de Linda qui regrette de l’avoir entraîné dans cette mise en scène au théâtre, et qui veut se racheter. Et puis bien sûr, il recevra celle de son ami Stan qui est standardiste et qui dispache les appels aux taxis tout au long de la nuit. Bien entendu les affaires de Driscoll vont finir par s’arranger et il pourra monter sa station-service et filer le parfait amour avec Linda.C’est un scénario solide avec de nombreuses ramifications e de nombreux retournements de situation. Rawlins veut piéger Driscoll, mais lui-même est traqué par Christopher et sa bande. Driscoll qui se trouve entre deux femmes doit également échapper à la police. Le mérite de cette histoire est sans doute d’abord de se centrer sur des petites gens dont les rêves ne sont pas très élaborés.


               

Mais évidemment il y a aussi cette idée de ces personnages qui sont attirés par ce qui brille et par les biens de consommation. C’est le cas de la pauvre Pauline qui sera durement châtiée pour avoir voulu accéder à tout prix à des rêves bien peu poétiques de richesse. Les caractères sont très opposés entre Pauline et Linda d’une part, mais aussi entre Rawlins et Driscoll d’autre part. En effet le faux couple Rawlins et Pauline pratique le mensonge l’adultère et la tromperie. Leur cupidité leur sera fatale. De l’autre côté Driscoll et Linda renoncent aux rêves moisis de la réussite matérielle et visent finalement une vie plus riche et meilleure sur le plan des sentiments.La quasi-totalité du film se déroule la nuit. Aux traditionnels coins de rue et aux embûches qu’on peut trouver sur les quais, il y a les ombres mystérieuses du théâtre qui semble vide et à l’abandon. Le théâtre est par essence le lieu de la fausseté, un peu comme si Phil Karlson voulait nous dire qu’à l’inverse le cinéma est plus juste et moins truqué. Mais si les scènes de nuit sont remarquablement bien filmées, le plus réussi ce sont sans doute les scènes d’action. La bataille entre Mickey et Driscoll est homérique et quand Driscoll cogne les théâtreux qui s’amusent à ses dépens, on y croit tout à fait. Mais il y a aussi tout ce mouvement autour des taxis et de la recherche justement du taxi de Driscoll. Il y a toujours de beaux mouvements d’appareil, et le rythme ne ralentit jamais. Bien évidemment le fait que le scénario vise une fin heureuse plombe un peu le film. Mais toute la première partie qui voit s’accumuler sur la tête de ce pauvre Driscoll les ennuis les plus inattendus, ne faiblit pas et renforce cette idée de fatalité propre au film noir. Beaucoup de scènes sont excellentes et originales, comme ces moments où Rawlins et Pauline piège Driscoll. La longue tirade de Linda qui veut faire croire à Driscoll qu’elle a tué un homme qui voulait abuser d’elle.(http://alexandreclement.eklablog.com/l-affaire-de-la-99eme-rue-99-river-street-phil-karlson-1953-a118957260)