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samedi 27 août 2016

John McIntire

John McIntire est un acteur américain né le 27 juin 1907 à Spokane, État de Washington (États-Unis), mort le 30 janvier 1991 à Pasadena (Californie).De 1935 jusqu'à sa mort en 1991, il est marié à l'actrice Jeanette Nolan. De leur union, sont nés deux enfants, l'acteur et compositeur Tim McIntire, et l'actrice Holly McIntire.Il est à considérer comme l'un des plus grands seconds rôles américains. Il débute sa carrière assez tardivement en 1947 et débute dans un western de George Sherman Black bart 1948. Mais au départ, c'est son rôle de policier dans le film Quand la ville dort (The asphalt jungle) 1950 qui va réellement l'imposer. S'en suivront par la suite des rôles de composition plus percutant et notamment dans le western où 28 longs-métrages et 2 téléfilms feront une très belle filmographie. Il donnera toutes ses lettres de noblesse au genre de la série B et sera beaucoup apprécié par Don Siegel, Budd Boetticher, John Sturges, Raoul Walsh, Hugo Fregonese...James


                             

Violence à Jericho (1967) - Le western, j'avoue, je connais peu ! Alors, je n'irais pas le comparer à quoi que ce soit mais simplement dire que j'ai vraiment apprécié. Alors que j'avais peur de Voir G. Peppard ; Il faut dire que je ne le connais que dans "Les Survivants de la Fin du Monde" ou "Les Mercenaires de l'espace" ; sans citer la série que vous avez en tête, alors bon... Mais pas du tout, le gaillard s'en sort très bien. C'est quand même D. Martin qui en impose le plus. On a tôt fait de cerner le personnage détestable qu'il campe. Et il a beau faire, on souhaite quand même sa fin ! Rien pour le racheter, cet Alex Flood... Le film est assez intimiste. C'est peut-être ce que j'ai apprécié, ce qui a fait que j'ai regardé ce western avec plaisir alors que je n'en raffole pas. Je me suis surpris à méditer sur le sort de ses gens qui ne pouvaient compter souvent que sur eux-même et une justice bancale. Oh attention, ça n'est pas une satire ! C'est un bon western.Voilà un western bien fait, certes conventionnel, mais un western comme on les aime, de l'action, deux adversaires déterminés et un peu de sentiment avec Jean Simmons, une habituée des westerns. En revanche, c'est un genre plus rare pour George Peppard, le héros de la série "Agence tous risques". Quant à Dean Martin, il joue efficacement le salopard ignoble. On retrouve Slim Pickens, comme l'un des sbires violents de Dean Martin (Alex Flood), il fut remarqué par son rôle de shérif adjoint brutal dans "La vengeance aux deux visages" (de Marlon Brando).


            

Certainement un des tous derniers bons westerns de la grande époque mais qui est déjà marqué par une légère violence visuelle.Peu importe, pour les amateurs le plaisir est là avec la fameuse ambiance westerniéne.George Peppard est superbe et on à plaisir à le retrouver aussi impassible que dans "la conquête de l'ouest".Dean Martin est méchant comme la gale et john mcintire sympathique ce qui est plus rare.Quand à Jean Simons ses admirateurs comme moi en raffolent et en redemandent. Arnold Laven qui avait réalisé un beau Géronimo il y a bien longtemps n'a pas perdu la main.Il utilise assez bien l'espace dans le saloon mais un peu moins bien dans les superbes extérieurs ,ce qui reste la petite faiblesse de ce bon film qui fait cependant honneur au genre. Nous ne sommes pas dans le chef d'oeuvre(qui échappe au genre par la richesse intérieure des personnages)mais il est indispensable à voir pour les westernivores qui apprécient la qualité.(Allociné)


                          


Honkytonk Man (1983) - « Je vivrai ma vie à mes conditions ou pas du tout ».
 « Il est délicieux, Clint, avec son visage de dur cynique démenti par la tendresse du regard et l’ironie de sa voix. Il est diablement dégourdi, Kyle, avec ses yeux d’ange et ses tâches de rousseur ». Claude Baignères dans Le Figaro plante le décor de ce film en duo, duo d’acteurs père et fils qui ici jouent un oncle et son neveu.
Honkytonk Man reprend « un thème cher à la littérature, au cinéma et à Eastwood, explique Télérama, l’initiation de l’adolescent par l’adulte omniscient ». Autre richesse du film : sa toile de fond. On est dans l’Amérique de la Grande Dépression, qu’Eastwood filme « avec une nostalgie complice : tempêtes sèches, ranches abandonnés, exodes californiens, misère et grand vent », décrit L’Express. Le scénario est « remarquablement ficelé » salue La Croix, d’autant plus fort cette fois qu’il participe à la déconstruction du mythe. Gérard Lefort explique le procédé dans Libération : « Clint Eastwood fait mieux que confirmer ses talents de cinéaste, il se détruit consciencieusement devant nous. Le masochisme n’est pas qu’apparent (...). Jamais on n’a été aussi loin dans un exercice de déglingue appliqué à soi-même » s’extasie-t-il. Eastwood dévoile une de ses faces cachées, et « de film en film, prend son mythe à contrepied, (...) la violence va diminuant et s’efface devant un monde de marginaux » analyse L’Express. Il livre une « œuvre importante de dépassement de son propre mythe, aussi puissante que poignante » renchérit Le Parisien.


              

Honkytonk Man marque aussi une rupture de ton chez le réalisateur. « Le dur s’est fait tendre pour la country music » constate France Soir. Il nous entraîne « à cent lieues des aventures brutales et des règlements de comptes sans merci » habituels, complète Le Matin. Comment s’y prend-il ? « Un peu lentement, mais avec quelque humour et beaucoup de gentillesse » apprécie Les Echos. Le Monde évoque « le charme familier, attendrissant, d’une ballade à contre-courant des modes ». Le Parisien s’attarde sur « des images splendides » et une certaine forme de pudeur bouleversante. Pour Révolution, Honkytonk Man « se regarde comme s’écoutent ces airs de cow-boys, avec la facilité du déjà entendu et le plaisir de se savoir en terrain de connaissance ». Un film « agréable à regarder et aussi à entendre » appuie encore La Vie Ouvrière.Mais plusieurs bémols viennent ternir cet accueil enthousiaste, celui de L’Humanité Dimanche qui fustige une « image sordide » et une « mise en scène à l’avenant », celui de Télérama qui déplore « une demi-heure de trop ».


                 


Et surtout l’accueil plus que sceptique du Canard Enchaîné, qui raille « la fatuité du comédien », excès de nihilisme « souligné par de complaisants cadrages ». « Son narcissisme est ici maladif » proteste Jean-Paul Grousset. Quoi qu’il en soit, retient France Soir, « ce film place Clint Eastwood parmi les cinéastes qui savent nous entraîner dans leur univers ». Il est d’ailleurs intéressant de reprendre les conclusions du Monde à la ressortie du film en 1992 : « A sa sortie, Honkytonk Man n’a pas attiré les foules. L’échec a été sérieux au point que le cinéaste en aurait, paraît-il, perdu sa place de parking à la Warner, le distributeur du film. Une broutille. Il n’empêche, le public n’a manifestement pas désiré voir son héros, à l’image pourtant déjà si sérieusement brouillée, mettre en scène une telle déglingue de lui-même (...). Quant à la critique, à partir de Honkytonk Man, elle ne l’a plus regardé comme un simple acteur-réalisateur de divertissement. Elle a presque unanimement reconnu l’existence d’un cinéaste, sensible et sincère, capable de produire des œuvres aussi émouvantes qu’attachantes ».
Source : http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/revues-presse/accueil-critique-films-eastwood/honkytonk.html

jeudi 25 août 2016

Billy Wilder

Billy Wilder est né en Autriche sous le nom de Samuel Wilder, le 22 juin 1906, dans une famille d'origine juive. Ayant d'abord fait des études de droit dans le but de devenir avocat, il se tourne vite vers le journalisme et intègre l'équipe d'un journal viennois. Fort de cette expérience, il déménage à Berlin où il est engagé dans le plus grand tabloïd de la ville. C'est en 1929 qu'il fait ses débuts au cinéma en écrivant les scénarios de Der Teufelsreporter et Les Hommes le dimanche. Il décide alors d'abandonner le journalisme et de faire carrière en tant que scénariste. Il travaille sur de nombreux films allemands, et en particulier le grand succès de 1931: Emil and the Detectives. En 1933, quand Hitler prend le pouvoir en Allemagne, il s'exile en France, où il co-réalise Mauvaise Graine en 1933, puis part s'installer à Hollywood où il prend le prénom de Billy (la version américaine de son surnom d'enfant "Billie" que lui avait donné sa mère, fan de Buffalo Bill).

France Musique : Billy Wilder, un austro-hongrois à Hollywood :



Après quelques temps d'adaptation à sa nouvelle vie et sa nouvelle langue (il dira plus tard que son accent est un mélange entre celui d' Arnold Schwarzenegger et celui de l'archevèque Tutu) et aux nouveaux studios, il vend en 1937 à la Paramount l'histoire de Champagne Waltz et entre ainsi par la grande porte dans le cinéma hollywoodien. L'année suivante, on lui demande d'écrire en collaboration avec Charles Brackett le scénario de La Huitième Femme de Barbe Bleue, réalisé par Ernst Lubitsch. C'est le début d'une grande collaboration entre ces deux co-scénaristes. Après avoir été nommé aux Oscars pour les scénarios de Ninotchka (1939), La Porte d'or (1941), Boule de feu (1941), et devant le mécontentement que lui procurait la façon dont ses scénarios étaient portés à l'écran, il décide de passer à la réalisation. Ses deux premiers films Uniformes et jupons courts (1942) et Les Cinq secrets du désert (1943) apparaissent comme des comédies intelligentes et prometteuses. En 1944, il s'associe à Raymond Chandler pour écrire et réaliser Assurance sur la mort, un film noir qui lui vaut une double nomination comme meilleur réalisateur et meilleur scénario. La consécration arrivera l'année suivante avec Le Poison, qui remporte quatre Oscars: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur acteur pour Ray Milland. C'est alors qu'il est envoyé à Berlin par l'armée américaine pour participer à la reconstruction d'après-guerre.


   


A son retour en 1948, il écrit et réalise La Scandaleuse de Berlin avec Marlene Dietrich dans le rôle titre. Le film dépeint Berlin en reconstruction de façon assez comique et lui rapporte une nomination à l'oscar du meilleur scénario. 1950 marque sa dernière collaboration avec Charles Brackett pour Sunset Boulevard. Remportant le prix du meilleur scénario et nommé comme meilleur réalisateur, Billy Wilder signe ici une magnifique comédie noire qui remporte un succès mitigé. Le public regrette son côté un peu trop sombre. Le film suivant, Le Gouffre aux chimères qui marque le début de sa carrière de producteur, connaitra le même sort malgré une nomination pour le meilleur scénario.


                                 


Piqué au vif par ces deux semi-échecs, sa devise étant "Il ne faut pas que les gens s'ennuient", il décide de se tourner vers des adaptations de pièces de théâtre à succès de Broadway. Il adapte d'abord en 1953 le drame anglais Stalag 17, puis en 1954 la comédie romantique Sabrina (qui lui rapporte ses deux nominations habituelles aux Oscars) avec pour premiers rôles Humphrey Bogart et Audrey Hepburn. Les deux films remportent un grand succès auprès du public, et c'est tout naturellement qu'en 1955 la Fox le choisit pour adapter et réaliser Sept ans de réflexion que Marilyn Monroe leur réclame. Wilder arrange considérablement la pièce de base, et son don pour la direction d'acteurs associé à la superbe prestation de Marilyn font le reste. Il parle de son jeu comme d'"un impact charnel. Dès qu'elle apparaissait à l'image, il ne manquait plus rien". Bien que ce ne soit qu'une comédie légère, cette première rencontre entre le réalisateur et l'actrice marque un tournant dans leur carrière quant à leur rapport avec public. La planète est sous le charme de ce conte sexy dont l'apothéose est la scène mythique de la robe de Marilyn virevoltant autour d'elle au dessus d'une bouche de métro à l'angle de Lexington et de la 52ème.


   
   



Fort de ces succès il se lance en 1957 le challenge de réaliser trois films assez noirs, L'Odyssée de Charles Linbergh (avec James Stuart), Témoin à charge (avec Marlène Dietrich) et Ariane (avec Gary Cooper et Audrey Hepburn et co-écrit avec I.A.L Diamond). Deux ans plus tard, il retrouve Diamond et Marilyn sur le tournage de Certains l'aiment chaud. Cette dernière, qui était au départ rebutée par l'idée de jouer avec des "femmes bizarres" (interprétées par Tony Curtis et Jack Lemmon) dans un film en noir et blanc, est une fois de plus éblouissante sous l'objectif de Wilder, qui sait mieux que personne la mettre en valeur (il faut voir la première scène de Marilyn, où son déhanchement sur le quai de la gare est accueilli par un long sifflement... de train). Le scénario est remarquable et remarqué signant ainsi le point de départ d'une collaboration sans faille entre Wilder et Diamond. La réalisation et les acteurs sont tout autant parfaits, et bien que le film ne soit que nommé aux oscars, il est considéré comme l'une des meilleures comédies de tous les temps.


                                          


En 1960, sa nouvelle comédie avec Jack Lemmon, La Garçonnière, remporte les Oscars du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario, ce que Lemmon commente en disant "Je veux passer la fin de ma vie à ne faire rien d'autre que jouer dans des films de Billy Wilder". La même année, il collabore à l'écriture du scénario de L'Inconnu de Las Vegas (Ocean's Eleven) qui regroupe toutes les grandes stars masculines de l'époque: Franck Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford. L'année suivante, il retourne à Berlin pour réalisaer Un, deux, trois et en 1963, propose une adaptation de la pièce Irma la douce avec Jack Lemmon et Shirley McLaine. En 1964, il signe le très cynique Embrasse moi, idiot avec Dean Martin et Kim Novak qui fait un énorme scandale. Il est conspué par la critique et le tout Hollywood. Pour refaire son image, il réalise en 1966 une autre comédie avec Jack Lemmon, La Grande combine, qui lui rapporte une nouvelle nomination pour meilleur scénario. Mais ce film marque la fin de sa grande époque.


                                          


Dans les années 70, Wilder s'est peu à peu retiré du devant de la scène en réalisant des films mineurs comme La Vie privée de Sherlock Holmes, Avanti!, Spéciale première ou Fedora et en travaillant sur des adaptations de ses propres scénarios, la plupart du temps pour la télévision. En 1981, il réalise son dernier film Buddy Buddy, avec Jack Lemmon, qui est boudé par les critiques. Après sa retraite, Billy Wilder s'est consacré à l'écriture de son autobiographie (travaillant en étroite collaboration avec Cameron Crowe) et à sa collection d'art moderne, tout en participant de temps à autre à des reportages sur le cinéma. C'est à l'âge de quatre-ving-quinze ans que Billy Wilder nous a quittés un mercredi de mars, refermant derrière lui une des plus belles pages de l'histoire du cinéma.
Julie Anterrieu