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mardi 3 mai 2016

John Gielgud

Né le 14 avril 1904 à Londres d’un père agent de change et d’une mère au foyer, Arthur John Gielgud est issu d’une illustre lignée d’acteurs par sa mère. Sa Grande tante, Ellen Terry (1847-1928), était la plus grande actrice shakespearienne de son temps. Scolarisé à la Westminster School, ses parents souhaitent qu’il devienne architecte. Mais il s’oppose vigoureusement à la voie de carrière que tracent ses parents, en leur annonçant qu’il veut devenir acteur. Il les persuade ainsi de le laisser étudier à la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Arts, en faisant un marché avec eux : s’il échoue à faire carrière sur les planches à l’âge de 25 ans, il deviendra architecte. En 1924, il se fait déjà une réputation sur scène en incarnant Romeo dans la pièce de Shakespeare, tout en faisant ses premiers pas au cinéma dans un drame muet, Who Is the Man ? Entre 1929 et 1931, il joue sur les planches du prestigieux théâtre Old Vic tous les classiques du répertoire, dont le personnage de Richard II et surtout pour la première fois Hamlet ; un rôle qu’il incarnera près de 500 fois au cours de sa carrière. Sa diction parfaite, à la fois chaleureuse et feutrée, suscite l’adhésion du public et l’admiration de ses pairs, comme Alec Guinness. Brillant metteur en scène, il signe en 1935 celle –légendaire- de "Roméo et Juliette", dans laquelle il alterne les rôles de Roméo et Mercutio avec un jeune Laurence Olivier dans son premier grand rôle shakespearien. En 1936, il joue l’espion sous la direction d’Alfred Hitchcock, encore dans sa période anglaise, dans Quatre de l'espionnage. La même année, il triomphe à Broadway avec sa mise en scène de "Hamlet".


                              



Pendant la Première Guerre Mondiale, la mort du romancier Edgar Brodie (John Gielgud) est simulée par les services secrets britanniques. Sous le faux nom de Richard Ashenden, Brodie se voit assigné la mission d’aller en Suisse pour exécuter un espion allemand. Sur place, Brodie fait la rencontre de ses deux nouveaux collaborateurs : Elsa Carrington (Madeleine Carroll) avec qui il doit former un couple fictif, ainsi que « Le Général » (Peter Lorre), un tueur mexicain excentrique, rallié à la cause anglaise et très porté sur les femmes. L’agent secret fait aussi la connaissance de Robert Marvin (Robert Young), un voyageur américain qui fait la cour à Elsa « Ashenden », quand bien même elle serait mariée ! Lorsque la carrière d’Alfred Hitchcock (1899-1980) est mentionnée, on distingue généralement la période anglaise (de 1926 à 1939) de la période américaine (de 1939 à 1976). Avant de partir pour les Etats-Unis en 1939, engagé par le producteur David O. Selznick, Hitchcock réalisa dans son Angleterre natale plusieurs films policiers fortement teintés de comédie. Les plus connus sont certainement Les Trente Neuf Marches (1935), Jeune et Innocent (1937), et Une Femme disparaît(1938). Datant de 1936, Quatre de l’Espionnage appartient à la même veine, à cette différence près que son ton tout d’abord léger progresse vers davantage de noirceur. Les passages comiques sont surtout dus aux gesticulations du personnage de faux « Général » qui permettent à Peter Lorre de cabotiner à souhait. Après avoir été un terrifiant tueur d’enfants dans M le Maudit (Fritz Lang, 1931), puis un comploteur sadique dans la première version de L’Homme qui en savait trop (Alfred Hitchcock, 1934), Peter Lorre compose cette fois-ci un assassin exotique à la solde des Anglais, prenant autant de plaisir à couper les gorges avec son couteau qu’à courtiser tout ce qui porte un jupon. Robert Young, en Américain cherchant à séduire la fausse femme d’Ashenden contribue aussi à l’atmosphère facétieuse du début du film. Ensuite, la farce fait place au dilemme de l’agent secret Ashenden, peu doué pour ce métier (une bévue lamentable en sera la preuve flagrante), et qui répugne à faire sa besogne.



          



Dans le rôle du héros britannique, moralement gêné à l’idée de devoir exécuter un espion allemand, l’acteur Shakespearien John Gielgud est plutôt transparent et rigide. Ashenden est presque totalement passif par rapport à l’action, et ne semble guère attiré par sa collaboratrice amoureuse de lui, incarnée pourtant par Madeleine Carroll, l’une des premières « blondes hitchcockiennes » !. Alors que l’actrice jouait une femme prenant un temps infini à croire en l’innocence d’un Robert Donat en cavale, qui se retrouvait menotté à elle, dans Les Trente Neuf Marches Madeleine Carroll agit sur le personnage joué par John Gielgud comme une bonne conscience, s’efforçant de l’empêcher de devenir un tueur.



L’intrigue est intéressante, Quatre de l’espionnage se réclamant clairement du genre des films d’espionnage. L’histoire est celle de Robert Ashenden, agent secret dont la nouvelle mission est d’éliminer un espion allemand. Il est accompagné dans son périple par Elsa, jeune femme dont il tombe amoureux, et par « Le Général ». Mais il se trompe de cible et tue un innocent touriste.



                              



Deux thèmes très caractéristiques de l’œuvre du cinéaste se retrouvent dans Quatre de l’espionnage. Tout d’abord, comme de nombreux personnages des films d’Hitchcock, le héros de Quatre de l’espionnage doit changer et cacher son nom afin pour parvenir à ses fins. Mais ce périple est également l’occasion pour lui de découvrir quelque chose de plus profond sur sa propre identité. En outre, personne n’est ce qu’il prétend être ; cette idée de subterfuge est décelable dès la première séquence qui nous montre un cercueil que l’on découvre… vide. Enfin, quelques éléments mineurs seront repris dans des films ultérieurs : la description d’un monde chaotique où les valeurs morales ont périclité ; le thème du sexe et la relation homme - femme ; les oiseaux, qui volent à l’extérieur et qui annoncent le chaos qui règne à l’intérieur.
                                         

Le personnage d’Elsa est fort déroutant et pas vraiment convaincant. Au début du film, elle nous apparaît comme une assistante enthousiaste. « Je voulais du suspense, de l’aventure, du risque, du danger, et peut-être même un peu plus », dira-t-elle pour expliquer les raisons qui l’ont poussée à se lancer dans l’aventure. Elle trouve la situation particulièrement excitante, alors qu’Ashenden lui est beaucoup plus sur la réserve : « Il s’agit d’un meurtre et vous appelez ça une partie de plaisir ! ». Mais brusquement et contre toute attente, l’attitude d’Elsa change : « Finalement, je n’aime pas voir les meurtres de si près ». Elle affirme que les contingences politiques ne valent pas un meurtre. « C’est un meurtre ! J’aimerais mieux vous voir morts que de voir ça », s’exclame-t-elle. Que penser d’un tel revirement de situation ? Est-il vraiment crédible ? Il aurait en tout cas nécessité plus de finesse, notamment dans la description psychologique du personnage d’Elsa.
Source : http://www.iletaitunefoislecinema.com/critique/35/quatre-de-lespionnage


                                


Mourir à Madrid est un film documentaire français de Frédéric Rossif sorti en 1963 consacré à la guerre civile espagnole, pour lequel il a obtenu le Prix Jean-Vigo. C'est un formidable travail de recherche d’archives sur la Guerre civile avec des documents d’Union Soviétique, des États-Unis, de France, d'Allemagne et d’Espagne.Un film documentaire sur la guerre civile espagnole. Des images d'archives et des images un peu plus orientées sur la vie en Espagne (tournées sous le régime de Franco !) se mélangent pour faire le déroulement chronologique de la guerre d'Espagne et replacer le tout dans le contexte de l'époque. Le film est un peu à charge des rebelles nationalistes, et il oublie que les exactions ont eu lieu dans les deux camps. Globalement, on comprend bien le déroulement et l'environnement (tenants-aboutissants-paradoxes) de cette guerre.  Un passionnant documentaire rempli d'images intéressantes sur la guerre civile d'Espagne ponctué de commentaires poétiques. Le film est plutôt pro-républicain, ce n'est pas réellement gênant mais résumer ce terrible affrontement (qui fut une sorte de laboratoire de la 2nde GM) en montrant d'un côté les "gentils" républicains et de l'autre les "méchants" nationalistes ; c'est une vision un peu trop manichéenne de cette guerre.Ce film n'a pas été facile à réaliser et a été beaucoup attaqué à sa sortie aussi bien par l'extrême droite que l'extrême gauche. Le Gouvernement français, pour faire plaisir à Franco, retarda la sortie du film plus d'un mois et demanda de couper quelques scènes. Certes Rossif ne fait pas œuvre d'historien mais il nous apprend l'essentiel, à savoir que la guerre fut gagnée grâce à l'appui massif des Allemands et des Italiens.Le commentaire est de Madeleine Chapsal, pour l'essentiel dit par Jean Vilar et Suzanne Flon. La musique est de Maurice Jarre.La productrice est Nicole Stéphane.


           


EXTRAITS DE PRESSE EN 1963 « Le film de Frédéric Rossif que le Ministères des Affaires Etrangères voulait faire interdire pour ne pas peiner son ami Franco, sortira enfin sur les écrans parisiens le jeudi 18 avril. Tout en montrant, grâce à d’authentiques documents d’archives recueillis un peu partout dans le monde, les quatre années au cours desquelles Franco, aidé par Hitler et Mussolini, ensanglanta l’Espagne, Frédéric Rossif a concentré dans son œuvre un millénaire d’histoire Espagnole par des images symboliques. Sur le mode lyrique (la mort de Federico Garcia Lorca, la destruction de Guernica) et sur un mode historique (les combats de l’Alcazar de Tolède, la défense de Madrid, les Brigades internationales), il concentre l’attention du spectateur sur les grands moments de cette guerre qui vit mourir un monde... à Madrid. » L’HUMANITE, 1963 « La rigueur, la pureté, l’honnêteté de cette œuvre. Et aussi sa beauté. L’austère, l’inhumaine beauté des chants funèbres ». LE MONDE, Jean de Baroncelli, 1963

lundi 2 mai 2016

Anthony Quayle

John Anthony Quayle est un acteur et producteur britannique né le à Ainsdale (Royaume-Uni), décédé le à Londres (Royaume-Uni).
Formé à l'Académie royale d'art dramatique, il se distingue autant dans les rôles classiques du théâtre (Hamlet, Henri V) qu'au cinéma (Les Canons de Navarone, Lawrence d'Arabie, La Chute de l'Empire romain).Formé à l'Académie royale d'art dramatique, il se distingue autant dans les rôles classiques du théâtre (Hamlet, Henri V) qu'au cinéma (Les canons de Navarone, Lawrence d'Arabie, La chute de l'Empire romain...).
Quayle est promu Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (CBE), en qualité de directeur du Shakespeare Memorial Theatre de Stratford-on-Avon, le 5 juin 1952 puis est anobli (Knighthood, appellation Sir) le 5 mars 1985.(Wiki)



                             


Si les premières images du Port sentent les décors de studio et le carton pâte à plein nez, dès que le HMS Defiant prend la mère, soit au bout de cinq minutes, le film prend toute son ampleur. La reconstitution est tout simplement magnifique, et les combats en mer, parmi les plus impressionnants qu’il m’ait été donné de voir (peut-être qu’un loup de mer y trouvera à redire mais personnellement je l’ai trouvé très réaliste). Au-delà de son souffle épique, le film bénéficie évidemment d’un excellent casting, les deux rôles principaux étant tenus par deux grands acteurs anglais hors paire : Dirk Bogarde (qui venait d’apparaitre sur les écrans dans « Victim » de Basil Dearden » et allait sortir l’année suivante « The Servant » de  Losey, deux de ses plus grands classiques) et Alec Guinness (qui a tourné ce film en profitant  d’un break de deux mois dans le tournage de « Lawrence d’Arabie » de Lean). Bref deux grands acteurs au sommet de leur forme. Seul défaut du film, les personnages sont quand même un brin caricaturaux et sans grande nuance. Tout comme le final du film, un brin facile. Le réalisateur Lewis Gilbert, peut-être plus présent dans nos souvenirs pour « Alfie » (1966) et ses deux James Bond (« The Spy Who Loved Me » et « Moonraker ») fait ici de l’excellent boulot, et signe un film historique tout à fait vraisemblable. Bien que le  film HMS Defiant soit en fait basé sur un roman et non sur des faits réels, cette fiction est largement basée sur la mutinerie de Spithead qui s’est déroulée à la même époque. Bref si « HMS Defiant » est nettement moins connu qu’un autre film de mutinerie sorti la même année, le fameux « Mutiny on the Bounty » (super production hollywoodienne avec Brando qui malgré son flop commercial à l’époque est resté dans les mémoires), « HMS Defiant » est un très bon film d’aventures maritimes.(http://www.cinemaderien.fr/hms-defiant-les-mutines-du-temeraire-1962/)



               
H.M.S. Defiant n’est pas un film de mutins habituel. Dans ce qui constitue presque un genre, depuis le grand succès des Révoltés du Bounty, le schéma habituel est celui d’un capitaine sadique, renversé par ses hommes alliés à une partie de la « petite amirauté ». C’est une opération cohérente avec les stades de la hiérarchie : le summum du sadisme étant incarné par le commandeur suprême. Avec H.M.S. Defiant, ce schéma est perturbé, et les jeux de pouvoir n’en sont que plus intéressants et subtils. D’ailleurs, H.M.S. Defiant, malgré son histoire de mutins, de guerres contre la France et de traversées méditerranéennes, n’a pas grand-chose du film d’aventure : l’ennemi est avant tout intérieur et l’on se moque pas mal des bloody frenchmen (bien ridicules, au passage). Dans H.M.S. Defiant, l’officier sadique est le premier lieutenant (Dirk Bogarde), qui cherche à faire plier son capitaine (Alec Guiness) par des moyens aussi détournés que pervers. Si le film choisit clairement son camp (Bogarde et quelques sbires incarnent seuls le mal), la teneur stratégique et machiavélienne des malversations subtiles qui occupent les esprits de l’équipage est un régal. L’élimination des ennemis intérieurs est un jeu d’échec sous surveillance d’huissier : il faut à la fois avoir trois coups d’avance, se mouvoir dans un irréprochable légalisme tout en fourbissant ses armes dans l’ombre.(Gallu)


                 


Sans vouloir être totalement mauvaise langue, on est en droit de se demander si ce n’est pas la sortie du film de Steven Spielberg, Munich, qui conte la traque des responsables de Septembre Noir, qui a poussé MGM à allé déterrer ce téléfilm, exploité en salles dans quelques pays d’Europe, mais produit à l’origine par ABC quatre ans après les faits. Et j’en entends certains dire « Téléfilm sur un sujet politique récent = Dossiers de l’Ecran ». Et dans ce cas précis, ils n’auront pas tout à fait tort. Les 21 Heures de Munich, dans ses meilleurs moments comme dans les pires, aspire à présenter les faits, rien que les faits. Ce sont là des ambitions respectables qui en forment aussi les limites. De façon assez étonnante, ce sont les séquences d’action qui sont les plus réussies de ce téléfilm. En témoigne l’ouverture montrant l’intrusion des terroristes dans le village olympique et le pavillon israélien, dont le découpage n’est pas si éloigné de son équivalent dans le film de Spielberg ; la mise en scène est sèche, sans effets ni musique, renforçant la brutalité de l’action et jouant assez habilement sur la topographie des lieux. De même, la scène finale d’assaut à l’aéroport, si elle ne révolutionne en rien le genre, est assez correctement montée. Non, le problème se situe plutôt entre ces deux séquences. Préoccupés par l’idée, respectable, de ne pas dévier de la réalité historique, les auteurs nous infligent d’interminables séquences de négociations, toutes plus platement filmées les une que les autres : tout d’abord, une suite d’échanges téléphoniques où des acteurs ressemblant plus ou moins à Willy Brant, Golda Meir et autres. Les plans fixes se succèdent, les mouvements de caméra sont oubliés, les cadrages se répètent, pas de doute, nous sommes en plein téléfilm dans ce que le terme a de plus péjoratif. Et on ne constate aucune amélioration par la suite : les négociateurs cherchent à gagner du temps, et le spectateur perd quelque peu le sien, entre discussion sur le nombre de cars à fournir et livraisons d’épicerie. Un reflet de la réalité, sans aucun doute, mais qui n’est jamais transcendé par la mise en scène.


          

L’interprétation est à l’unisson du film. Un William Holden en pré-retraite campe le chef de la police de façon peu convaincue – ni convaincante. Au comble de l’exaspération face aux terroristes, il lâche tout juste un « Listen, you animal » qui laisse à penser qu’il est sur le point de sortir la carabine de Pike Bishop, mais il n’en est rien. Point problématique concernant le casting : Franco Nero. Absolument pas crédible en palestinien, en revanche assez satisfaisant dans le genre ‘patibulaire mais presque’. Mais est-ce parce qu’il a passé la majeure partie de sa carrière en s’illustrant dans le western spaghetti, toujours est-il que caché derrière son énorme moustache postiche, il a en permanence l’air de descendre de son cheval – il n’est certes pas aidé par les accords de guitares très westerniens qui résonnent à chacune de ses apparitions. Et la charité nous imposera de ne pas faire mention de Shirley Knight, dont le rôle est tellement anecdotique qu’on se demande s’il n’est pas une invention scénaristique : en résumé, à part faire le pied de grue devant le pavillon israélien en attendant que Franco Nero veuille bien lui faire des confidences sur son passé, elle ne sert strictement à rien. En résumé, un téléfilm honnête dans ses intentions mais qui peine à captiver le spectateur en raison d’un manque d’ambition scénaristique et formel ; prisonnier de son sujet, sans doute réalisé trop tôt après la prise d’otages, Les 21 Heures de Munich trouve difficilement son rythme, et s’il expose clairement la succession tragique des événements, il n’apporte pas de véritable réflexion sur son sujet, ce dont se chargera plus tard le Munich de Spielberg.(http://www.dvdclassik.com/critique/les-21-heures-de-munich-graham)